Les cormorans reviennent abîmer les Trois-Soeurs

ENVIRONNEMENT. Les cormorans à aigrettes sont de retour au lac Memphrémagog. Leur présence est particulièrement visible aux Trois Soeurs, trois petites îles situées à deux kilomètres de Magog.

Leurs fientes abîment surtout la végétation, comme on peut l’apercevoir sur la photo jointe à cet article. L’accumulation de guano peut provoquer la mort des arbres.

L’un des propriétaires exprime son inquiétude. Il compare les conséquences à une “véritable catastrophe environnementale”. Le grand nombre d’individus serait une “infestation” rarement vue depuis des décennies.

Le ministère de l’Environnement se dit au fait de la présence de cormorans sur des îles du lac Memphrémagog. De concert avec le groupe Memphrémagog Conservation Inc. (MCI), il a récemment amorcé un inventaire de la colonie afin de documenter son évolution.

“Les données recueillies permettront d’éclairer les décisions futures et d’évaluer, au besoin, la pertinence d’appliquer des méthodes de gestion adaptées pour ce lac, explique la relationniste de la Direction générale de la faune en région, Valérie Ouellet. Les résultats suivront au terme de la période analysée de 12 mois.”

Le ministère précise que le cormoran à aigrettes est une espèce indigène au Québec. Il est protégé par la Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune. Sa population est estimée à environ 35 000 couples nicheurs établis principalement dans l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent.

Les cormorans nichent aussi sur les lacs de grande superficie. Chaque individu adulte peut parcourir jusqu’à 50 km, parfois plus, depuis son nid pour s’alimenter. Le nombre de cormorans est en augmentation, mais cette courbe représente un rétablissement des populations dans leur aire de répartition historique, aux dires du Ministère.

Le Ministère favorise une approche de cohabitation et de tolérance avec cette espèce naturellement présente dans la biodiversité. Certaines approches d’exclusion ou d’effarouchement peuvent être mises de l’avant pour obtenir un certain impact localement, lorsque la cohabitation n’est pas envisageable.

D’ici la conclusion de cette démarche, Québec rappelle que toute intervention doit être réalisée en respect de la réglementation, qui interdit de déranger, détruire ou endommager les œufs, le nid ou la tanière d’un animal.