Les aînés dressent leur liste d’épicerie électorale
POLITIQUE. Quatre des principaux candidats de la circonscription d’Orford assistaient à un dîner-causerie organisé par l’AQDR Memphrémagog, mardi dernier (8 septembre) au sous-sol de l’église Saint-Jude de Magog (secteur Omerville). L’objectif consistait à partager les demandes électorales de cet organisme, en plus d’entendre les politiciens sur les préoccupations des électeurs de ce groupe d’âge.
D’entrée de jeu, le président local de l’Association québécoise de défense des droits des retraités (AQDR), Michel Bissonnette, a rappelé l’importance des aînés dans la communauté. Selon lui, les gens âgés de 65 ans et plus représentent environ 30% de la population de la MRC de Memphrémagog. Cette proportion augmenterait à quelque 36% en 2031, soit 22 000 personnes. «Nous figurons parmi les MRC les plus vieilles au Québec», a-t-il insisté.
Dans sa liste d’épicerie, M. Bissonnette demande notamment de nouvelles places en soins de longue durée. «Aucun de ces lits n’est actuellement disponible à Magog», s’inquiète-t-il.
Parmi les demandes s’ajoutent un gel temporaire des loyers, une stratégie contre les rénovictions, l’augmentation et l’indexation correctes des prestations du Régime des rentes du Québec et un «vrai» ministère des Personnes aînées (avec portefeuille).
L’AQDR invite aussi le prochain député d’Orford à faire cesser la centralisation des services actuellement imposée par Santé Québec. «On pourrait ainsi restaurer la pleine capacité de soins généraux et spécialisés de l’Hôpital Memphrémagog et compléter prioritairement les ressources dont a besoin le CLSC pour couvrir adéquatement tous les points de services de santé et sociaux du territoire», propose Michel Bissonnette.
CHARLES MILLARD
Charles Milliard (chef du Parti libéral) et Jocelyn Caron (Parti québécois) ont tenté de répondre le plus précisément possible aux précédents points exprimés par l’AQDR.
M. Milliard juge «réalistes» ces demandes, tout en manifestant son inquiétude face à la situation des aînés. «Compte tenu de l’état des finances publiques en ce moment, je vais être honnête avec vous, c’est impossible de dire oui à tout ça», a-t-il affirmé.
Sa formation politique promet 100 000 nouvelles portes par année, incluant 40 000 logements sociaux et abordables d’ici cinq ans. Le PL s’engage aussi à déployer une meilleure plateforme publique de télésanté pour créer davantage de rendez-vous sans se rendre à l’urgence. Les Libéraux visent également à freiner la hausse des loyers dans les résidences pour personnes aînées, surtout avec une moyenne de + 18% observée depuis trois ans.
«On veut investir davantage dans les soins à domicile pour que vous puissiez rester le plus longtemps possible à la maison, ajoute M. Milliard. Je dis souvent que la meilleure maison des aînés, c’est la maison de nos aînés.»
JOCELYN CARON
Pour Jocelyn Caron, la création de nouveaux logements est au programme du Parti québécois. Des annonces sont d’ailleurs à venir à ce sujet durant la présente campagne électorale. Il favorise les soins à domicile pour prolonger la vie des gens à la maison. «On ne pourra créer de nouvelles places, comme avec des Maisons des aînés, car ça coûte trop cher, indique-t-il. Le PQ parle plutôt d’adapter des logements pour des personnes avec des mobilités réduites, de financer la transformation de propriétés en maisons intergénérationnelles et de doubler le soutien à domicile.»
Aux dires de M. Caron, la mise sur pied d’un ministère des Aînés ne figure pas dans les plans du PQ, qui privilégie plutôt l’arrivée d’un protecteur des aînés dédié aux à la protection des droits de ces personnes retraitées.
Le candidat péquiste loge presque au même endroit que l’AQDR en ce qui concerne la décentralisation des prises de décision en matière de santé. «Santé Québec, c’est une hérésie administrative, a-t-il lancé. «On veut défaire cette société d’État pour retourner à des services de proximité.»
«Sur la question des revenus, personne ici n’est capable de vous promettre beaucoup d’argent parce que les finances publiques sont en mauvais état, poursuit-il. Ce serait irresponsable de prévoir quelque chose à ce niveau.»
ALLISON TURNER ET BENOÎT ROBITAILLE
Les candidats Allison Turner (Coalition avenir Québec) et Benoît Robitaille (Parti conservateur du Québec) ont plutôt répondu de façon générale aux demandes électorales de l’AQDR.
Mme Turner s’estime en bonne position pour devenir députée, grâce à sa coprésidence d’un comité des usagers à Montréal, son travail au Bureau du curateur public auprès des personnes retraitées en perte d’autonomie et son engagement auprès de sa mère comme proche aidante.
«Je crois que mon expérience pourra faire une différence pour répondre aux enjeux de l’AQDR, s’ils peuvent être assurés économiquement et sur le plan de la gestion de l’État», termine-t-elle.
Quant à M. Robitaille, il avance que son parti est le mieux placé pour protéger davantage les personnes vulnérables et en perte d’autonomie. «C’est une cause qui me touche particulièrement à cœur», résume-t-il en disant que le PC encouragera la construction de logements et adoptera des mesures permanentes pour solutionner des enjeux.
Le scrutin provincial se tiendra le 5 octobre prochain.
