Le Vermont freine Coventry : soulagement pour Memphrémagog

ENVIRONNEMENT. Deux avancées “majeures” dans le dossier du site d’enfouissement de Coventry, au Vermont, réjouissent le groupe environnemental Memphrémagog Conservation Inc. (MCI).

Le jugement de l’Act 250 équivaut à un “signal fort”, selon le MCI. Le 27 janvier dernier, la Cour environnementale du Vermont a confirmé que le projet pilote du système de prétraitement du lixiviat du site de Coventry ne pourra devenir permanent sans modification de permis.

“Cette décision reconnaît les risques réels que représentent les opérations actuelles pour le lac et ouvre la voie à une véritable participation publique, un peu comme avec le BAPE au Québec”, résume Mme Lavoie.

Le 29 janvier dernier, deux représentants républicains ont officiellement déposé un projet de loi interdisant tout rejet de lixiviat, traité ou non, dans l’ensemble du bassin versant du lac Memphrémagog.

Ces décisions politiques et juridiques américaines sont considérées comme des étapes importantes aux yeux de la présidente du MCI, Johanne Lavoie. “Ça envoie un message clair qu’il faut prendre très au sérieux la gestion de ce dépotoir situé à deux pas du lac Memphrémagog, déclare-t-elle. Nous sommes contents, car tous les processus d’agrandissement ou de construction d’une usine d’épuration à cet endroit devront être plus rigoureux.”

Mme Lavoie invite les municipalités de la région à imiter le Canton de Stanstead, qui a récemment adopté une résolution portant sur le lixiviat de Coventry et sur l’importance de préserver durablement la source d’eau potable qu’est le lac Memphrémagog.

“C’est une occasion de faire avancer la protection du lac”, aux yeux de Mme Lavoie. Elle rappelle que le plan d’eau alimente plus de 185 000 personnes en Estrie, tandis que le site d’enfouissement de Coventry, près de Newport, reçoit 600 000 tonnes de déchets par année.

Depuis le moratoire de 2019, au moins 57 000 litres de lixiviat ont été détournés quotidiennement hors du bassin versant. “C’est un geste essentiel, puisque le lixiviat demeure chargé de contaminants persistants, même traité”, termine la présidente du MCI.

Mme Lavoie remercie l’organisme “Don’t Undermine Memphremagog’s Purity” (DUMP) pour le travail bénévole effectué dans ces deux dossiers.