Le président de la CCIT Memphrémagog étonné de l’inaction collective
ÉCONOMIE. Alors qu’une dissolution plane au-dessus de la Chambre de commerce, d’industrie et de tourisme Memphrémagog (CCIT Memphrémagog) depuis quelques mois, son président Carl Rioux s’explique bien mal le manque de volonté du milieu d’affaires et des acteurs publics pour dénouer cette crise.
Estimant avoir proposé divers scénarios pour revoir le modèle de financement de la CCIT Memphrémagog, qui permettrait d’assurer sa pérennité et de mener sa mission première, Carl Rioux constate avec déception que rien n’a pratiquement bougé depuis la dernière assemblée générale extraordinaire, tenue en juillet.
Le gestionnaire s’en étonne d’ailleurs, lui qui a pourtant reçu des témoignages sincères de plusieurs personnes qui considèrent impensable l’idée qu’une région comme Memphrémagog se retrouve sans chambre de commerce. « D’un côté, les gens nous appuient et nous encouragent à ne pas abandonner. Mais quand c’est le temps de passer à l’action par du financement, la volonté n’est pas là. Il y a clairement un écart entre la valeur que nous accordons collectivement à la chambre de commerce et les moyens que nous sommes prêts à lui consacrer », observe Carl Rioux.
Ce dernier rappelle qu’auparavant, une bonne partie des revenus de l’organisation provenait de son rôle de mandataire de la SAAQ.
Toutefois, depuis la fermeture du point de service magogois en 2024, ce manque à gagner financier n’a jamais été comblé. « Plus les revenus diminuaient, moins nous avions de ressources pour aller chercher ces nouveaux revenus. C’est le piège dans lequel nous nous sommes retrouvés. On passait plus de temps à essayer de vendre des adhésions pour assurer notre propre survie au lieu de se consacrer à notre mission première. »
Face à ce constat, Carl Rioux estime qu’une refonte complète du modèle d’affaires est inévitable. Au lieu de dépendre des cartes de membres, il suggère plutôt que les ressources de la CCIT Memphrémagog soit payées collectivement. Concrètement, on parle d’une somme d’environ 150 000 $ qui est nécessaire.
« De cette façon, la Chambre ne représentait plus seulement les intérêts de ses membres, mais bien l’ensemble de l’écosystème d’affaires et touristique de la région. On parle d’une chambre véritablement régionale, accessible à toutes les entreprises et représentative de l’ensemble de notre économie. On propose un modèle différent et viable, mais la question est de savoir si, collectivement, nous voulons nous donner les moyens de l’essayer. Pour le moment, on peut en douter», constate le principal intéressé avec lucidité.
Rappelons qu’en parallèle de la CCIT Memphrémagog, un comité spécial réunissant des représentants de la MRC de Memphrémagog, du Centre d’aide aux entreprises Memphrémagog, de Magog Technopole et d’entrepreneurs a été formé dans le but de trouver une issue positive à cette situation.
