Le lac Memphrémagog au cœur d’une découverte scientifique historique

ENVIRONNEMENT. Le lac Memphrémagog se retrouve au cœur d’une découverte scientifique majeure. Un cancer transmissible jamais identifié chez un poisson d’eau douce (barbotte brune) serait une première mondiale, selon la revue Nature, une nouvelle également reprise par le New York Times.

On savait que cette espèce de poison-chat souffrait parfois d’un cancer de la peau, d’où la présence de petites taches noires sur le corps. 

Des experts américains ont toutefois découvert plus récemment dans la baie de Newport des barbottes ayant une forme contagieuse de cette maladie qui se propage dans le lac. Selon des articles déjà publiés, les scientifiques ont détecté «des cellules cancéreuses qui envahissaient d’autres poissons, déclenchant une épidémie» (traduction du New York Times par Le Devoir).

On ne connaît pas la portée ni l’étendue du phénomène. Les experts recommandent néanmoins aux pêcheurs d’éviter de consommer les barbottes porteuses de tumeurs. La prudence est de mise, même si les scientifiques ne disposent d’aucune donnée indiquant que ces poissons sont impropres à la consommation. Aucun lien n’a aussi été fait quant à une possible transmission vers d’autres poissons ni vers l’humain.

Présidente du groupe Memphrémagog Conservation Inc. (MCI), Johanne Lavoie recommande également la prudence pour un lac qui fournit de l’eau potable à presque 185 000 Estriens. «Nous préconisons le principe de précaution, prévient-elle en précisant que ce type de barbotte nage aux quatre coins du lac Memphrémagog. C’est tout de même préoccupant, mais il ne faut pas sauter trop rapidement aux conclusions, comme associer cette découverte au lixiviat du dépotoir de Coventry.»

«Les travaux publiés permettent maintenant de mieux comprendre le mécanisme de transmission entre les poissons. Plusieurs questions demeurent toutefois ouvertes, notamment sur son origine et les facteurs qui pourraient influencer son apparition ou sa propagation», lit-on dans la plus récente Infolettre du MCI.

La suite des choses semble méconnue, mais Johanne Lavoie estime que le lac est entre bonnes mains avec les scientifiques actuellement en poste dans ce dossier. L’Université du Vermont et le Département de la pêche et de la faune du Vermont sont impliqués. La Commission des Grands Lacs (Canada-États-Unis) a aussi financé les recherches pour mieux comprendre le phénomène, aux dires de Mme Lavoie.