Le coût des 3 1/2 pièces a bondi de 10 % l’an dernier à Magog

HABITATION. Le marché des loyers reste tendu à Magog avec une «importante» hausse de 10% pour les logements à 3 1/2 pièces, de 2024 à 2025. 

Selon les observations d’Ingrid Flécheux, chargée de projet en habitation de la Corporation de développement communautaire (CDC) Memphrémagog, cette variation a des impacts “considérables” sur le portefeuille des locataires. “Cette augmentation dépasse largement l’inflation et la recommandation du Tribunal administratif du logement (TAL) à 5,9 %”, s’inquiète celle qui base sa pensée sur une recherche faite sur les adresses à louer affichées sur le web.

Mme Flécheux voit néanmoins un peu de lumière au bout du tunnel. L’année 2026 s’annonce “légèrement plus encourageante” avec une hausse moyenne moins forte des 3 1/2 pièces à environ 6 %. Une fois de plus, les locataires écopent cependant d’une variation supérieure au coût de la vie et de la suggestion du TAL de 3,1 % pour cette année.

Mme Flécheux n’a pas le coût moyen des loyers à Magog. Ses variations consignées équivalent à une fourchette de 900 $ à 2 000 $ pour un 3 1/2 en ce début 2026. Selon elle, les loyers oscillant autour des 900 $ sont rares et pas toujours de qualité. La majorité se loue dans les 1 200 $. Les luxueuses unités à 2 000 $ demeurent inaccessibles pour les gens et les familles à revenus faibles et moyens.

Cette chargée de projets constate aussi une pénurie de logements pour les familles à la recherche de 4 1/2 et de 5 1/2. Mme Flécheux a concentré sa recherche sur les 3 1/2, là où les besoins sont plus criants. “L’offre abordable demeure très faible, tout comme les loyers hors marché, communautaires et à prix modique”, se préoccupe-t-elle.

INOCCUPATION À LA HAUSSE

Par ailleurs, le taux d’inoccupation a atteint une proportion de 3,8 % en 2025, après avoir connu des moyennes à 1,3 % et 2,7 % dans les deux années précédentes. Il s’agit d’une bonne nouvelle, aux yeux de Mme Flécheux, car la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) considère un seuil d’équilibre à 3 %. Un marché deviendrait plus accessible à ce niveau, même si la CDC vise davantage un 7-8 %.

“Le marché s’améliore légèrement dans le sens où il y a plus de logements disponibles qu’avant, résume-t-elle. Toutefois, les unités qui sont vacantes actuellement, ce sont des adresses beaucoup trop chères pour la population en général.”

Le milieu encourage la Ville à poursuivre ses mesures pour stimuler la construction d’appartements abordables et sociaux. Ingrid Flécheux applaudit des initiatives comme les 18 logements hors marché à venir de l’Équerre sur la rue Principale Est. Elle croit que la création de la Fiducie foncière communautaire Memphrémagog contribuera à contrer la pénurie de logements dans la région. Elle remercie aussi les promoteurs qui s’intéressent de plus en plus à des loyers abordables.

“La  tendance récente reste négative à court terme avec des prix à la hausse, mais il y a des signaux encourageants que la situation pourrait se stabiliser dans les prochains mois si les initiatives municipales et de la Fiducie se concrétisent”, termine-t-elle.