La criminalité en baisse sur le territoire de la Régie de police de Memphrémagog
INTERVENTIONS. Le plus récent rapport annuel de la Régie de police de Memphrémagog (RPM) montre des signes encourageants alors que le taux de criminalité a diminué de façon significative dans l’ensemble des quatre municipalités sous sa protection, soit Magog, Canton d’Orford, Austin et Sainte-Catherine-de-Hatley.
En fouillant les principales statistiques de 2025, on constate que le nombre d’incidents criminels répertoriés a chuté de 17% par rapport à l’année précédente. Que ce soit les crimes contre la personne ou encore les infractions liées à la sécurité routière, les statistiques démontrent une nette amélioration qui réjouit, sans étonnement, le directeur du service policier, Mario Leblanc.
“C’est difficile de mettre le doigt sur une cause en particulier qui pourrait expliquer cette tendance à la baisse. À mon avis, c’est davantage un mélange de plusieurs facteurs comme le bon comportement des citoyens, le travail proactif de nos agents et le fait également que la population d’ici est habituée de collaborer avec nous”, mentionne M. Leblanc.
Par exemple, les policiers ont traité une soixantaine de dossiers de moins portant sur les crimes contre la personne, c’est-à-dire tout événement impliquant de la violence physique, verbale ou psychologique. Il peut s’agir d’agressions sexuelles, de voies de faits, d’extorsion et de menaces. Dans la même lignée, les crimes contre la propriété (introductions par effraction, vols, fraudes et méfaits) ont connu une baisse majeure de 22,7%, toujours par rapport à 2025.
Quand les jeunes montrent l’exemple aux plus vieux
Une tangente similaire se dégage derrière le volant, alors que les patrouilleurs ont intercepté une trentaine de conducteurs en moins qui avaient pris la route en état d’ébriété (66 dossiers en 2025 vs 92 en 2024). “Quand il est question d’alcool au volant, on a tendance à pointer du doigt les jeunes. Pourtant, c’est l’inverse. Selon nos plus récentes données, les 16 à 25 ans sont les plus responsables (12% des cas), tandis que les 36 à 45 ans et les 46 à 55 ans représentent plus de la moitié des arrestations.”
Si les conducteurs éméchés ont été moins nombreux à se retrouver avec les menottes aux poignets, c’est en grande partie en raison de la surveillance soutenue des policiers à cet égard, selon le directeur Leblanc.
Ce dernier est bien au fait que les policiers magogois sont réputés pour être intransigeants face aux conducteurs aux facultés affaiblies. “Ce n’est pas une perception qui me dérange, bien au contraire. Je m’en fais une fierté de savoir que nos policiers font leurs devoirs pour rendre nos routes sécuritaires”, dit-il sans détour.
En ce qui a trait aux enjeux de santé mentale, la RPM demeure fortement sollicitée avec plus de 222 dossiers. Un nombre malgré tout inférieur à 2025, mais qui demeure similaire aux années antérieures.
Comme le fait savoir Mario Leblanc, les agents sont beaucoup mieux formés et outillés qu’autrefois pour intervenir dans ces cas plus particuliers, eux qui sont aussi accompagnés par une intervenante du CIUSSS de l’Estrie – CHUS. “D’avoir cette ressource à temps plein au poste, ça fait une énorme différence. Les personnes en détresse peuvent être référées beaucoup plus rapidement. Et il arrive même que la travailleuse sociale se rende sur une intervention avec les policiers, ce qui donne généralement de très bons résultats”, constate-t-il.
Un jeu de chaise musicale au poste de police
Par ailleurs, la RPM a connu d’importants changements à l’interne avec le départ à la retraite de cinq personnes, qui occupaient des postes-clés dans l’organisation.
S’en est suivi un jeu de chaise musicale administratif qui se poursuivra jusqu’à l’automne avec la nomination attendue du successeur de José Gosselin, à titre de policier scolaire à La Ruche. “Il y a des défis à voir plusieurs policiers d’expérience quitter à des moments si rapprochés, mais je ne suis pas prêt à dire que ça m’inquiète. Pour moi, il n’y a personne d’irremplaçable. Ce sera la même chose le jour où je quitterai la direction. On a la chance d’avoir une belle relève qui saura poursuivre le travail déjà entamé”, conclut le grand patron.
