Joaillerie Duvar : une institution qui a pris naissance après un accident de tae kwon do
BIJOUX. N’eût été un bête accident survenu lors d’une séance d’arts martiaux, la Joaillerie Duvar, telle qu’on la connaît aujourd’hui, n’aurait peut-être jamais vu le jour.
Le cofondateur de l’entreprise, Jean Hamann, a rappelé cette anecdote le 21 août dernier, lors du 50e anniversaire de cette institution du centre-ville de Magog.
“Je travaillais comme architecte (dans les années 1970) dans la région de Montréal et je m’étais fracturé une main au tae kwon do. Étant donné que je ne pouvais plus me servir de mon crayon pour un certain temps, j’ai décidé de suivre des cours de joaillerie, pour passer le temps. Et pourtant, c’est un domaine que je ne connaissais pas du tout; je n’étais même jamais entré dans une bijouterie”, a-t-il expliqué.
De fil en aiguille, M. Hamann s’intéresse de plus en plus à ce secteur d’activités et décide de poursuivre sa formation, pour éventuellement créer ses propres bijoux. Ses premières œuvres, comme des bagues de finissants, sont conçues dans le sous-sol de ses parents.
En 1975, il acquiert la Bijouterie de l’Est (sur la rue Principale Est, à Magog) en compagnie de son bon ami Mario Doyon. Les deux hommes feront équipe pendant dix ans, jusqu’à ce que M. Doyon bifurque vers la restauration.
“Nous sommes encore amis aujourd’hui, tient à préciser Jean Hamann. Mais je crois que Mario voulait à ce moment-là faire un peu plus d’argent”, lance-t-il à la blague.
Devenu l’unique propriétaire, M. Hamann opère dorénavant la Joaillerie Duvar sur la rue Principale Ouest, à son emplacement actuel.
Bien que son commerce fonctionne rondement, rien n’est jamais acquis dans le milieu des affaires. “Même quand ça va bien, il faut apprendre à rester humble. Nous avons dû traverser la récession économique des années 1980 et ce ne fut pas facile. À un certain moment, il y avait dix bijouteries à Magog”, se remémore-t-il.
Relève familiale
Comme le souhaitent bien des entrepreneurs, Jean Hamann aura réussi une transition familiale en transmettant sa passion du métier et des affaires à ses filles Marie-Ève et Amélie.
Les deux sœurs, qui ont fait leurs premiers pas dans la bijouterie à l’âge de 13 ans, sont maintenant propriétaires uniques de la Joaillerie Duvar depuis 2015. “Je suis vraiment fier d’elles, car elles incarnent les valeurs que j’ai toujours mises de l’avant, soit le respect de la clientèle et le souci du travail bien fait”, vante la paternel.

Jean Hamann a transmis la passion du métier et des affaires à ses filles Amélie (à gauche) et Marie-Ève. (Photo Le Reflet du Lac – Patrick Trudeau)
“Notre père nous a tracé le chemin, mais il nous a aussi appris qu’une bijouterie, ce n’est pas uniquement pour vendre des objets; c’est un endroit pour tisser des liens. Et chaque bijou renferme sa propre histoire”, estiment les deux femmes d’affaires.
Et si jamais Marie-Ève et Amélie Hamann souhaitent elles-mêmes écrire l’histoire de la Joaillerie, elles pourraient certainement inclure un chapitre sur la témérité du paternel, qui s’était lancé aux trousses d’un voleur à l’étalage, au début des années 2000.
En excellente forme, Jean Hamann avait alors couru quelques centaines de mètres avant de rattraper et maîtriser le malfaiteur, qui avait eu la surprenante idée d’avaler le diamant dérobé pour effacer les preuves de son larcin.
Cette arrestation inusitée avait valu au bijoutier magogois une notoriété bien au-delà de l’Estrie. “Il y avait eu des articles dans tous les grands médias du Québec. Même le Toronto Star en avait parlé”, se souvient-il en riant.
Encore une fois, le tae kwon do lui aura été utile.
