Gilles Bélanger : ” Je ne suis pas en politique pour m’accrocher, mais pour livrer “
POLITIQUE. Lucide face au contexte politique difficile pour la Coalition avenir Québec, le député d’Orford et ministre de la Cybersécurité et du Numérique, Gilles Bélanger, demeure prudent quant à son avenir, affirmant vouloir d’abord “livrer” avant de décider de la suite. “Je ne suis pas en politique pour m’accrocher, mais pour réaliser des projets”, insiste-t-il.
À moins d’un an des prochaines élections provinciales, M. Bélanger répète qu’il n’a pas encore pris de décision finale. Il pourrait néanmoins dévoiler d’ici juin s’il sollicite ou non un troisième mandat.
Il montre sa solidarité envers sa formation politique dégringolant dans les sondages et encaissant quelques démissions successives. “Je réaffirme mon engagement à effectuer le présent mandat et à respecter le “contrat de quatre ans” avec les citoyens de mon comté, dit-il. Je poursuivrai si je peux continuer à livrer des résultats concrets.”
Le député d’Orford se dit prêt à débattre avec son adversaire libéral pressenti dans Orford, Charles Milliard. “Je le respecte énormément et je le considère comme un candidat sérieux qui ferait un très bon chef du Parti libéral”, ajoute-t-il.
Sur la scène provinciale, Gilles Bélanger admet que la CAQ aura de grands défis à relever pour regagner la confiance des électeurs. Réaliste, il estime que l’usure du pouvoir après huit ans est normale.
Il tient toutefois à préciser que la CAQ a réalisé de grandes choses en huit ans. Il voit l’avenir avec optimisme avec une nouvelle dynamique qui s’installe à Québec avec des jeunes caquistes et de plus en plus de femmes à la tête de ministères.
NDLR: Ce texte a été rédigé avant la démission du premier ministre François Legault. On n’a donc pu obtenir des commentaires de M. Bélanger à ce sujet. Ce dernier préfère ne pas accorder d’entrevue pour l’instant.
Bilan de la dernière session parlementaire
Arrivé en renfort après les ratés numériques du gouvernement du Québec, le député-ministre Bélanger dresse un bilan 2025 axé sur la rigueur et les résultats. Il a notamment remplacé Éric Caire en février afin d’éviter d’autres “dérapages” en matière de projets numériques.
Il croit avoir réussi à rétablir l’équilibre après le scandale de la SAAQclic, grâce à un rôle de surveillance, d’audit et de redressement des grands projets informatiques gouvernementaux. “Nous avons réalisé près de 400 dossiers de transformation numérique de plus de 500 000 $ dans les ministères et organismes avec une performance financière notable, soit 15 % sous les budgets autorisés”, apprécie-t-il.
Projets et priorités pour 2026
En 2026, le député-ministre déposera un énoncé de souveraineté numérique, ce qui ouvrira la porte à des projets de loi. Sa volonté est de favoriser davantage les entreprises québécoises dans les appels d’offres et rapatrier les données sensibles au Québec, notamment celles actuellement hébergées chez les GAFAM. Cet acronyme rassemble les cinq géants américains du numérique : Google, Apple, Facebook (maintenant Meta), Amazon et Microsoft.
“Nous souhaitons un nuage gouvernemental souverain afin d’éviter une dépendance envers ces multinationales”, précise-t-il.
M. Bélanger entend maintenir son objectif d’améliorer la couverture cellulaire partout au Québec. Il prévoit toutefois un virage vers le satellitaire (Starlink, par exemple), plutôt que d’installer des centaines de tours estimées à 1,6 milliard de dollars.
Évaluation parlementaire de fin de session 2025
Gilles Bélanger manifeste surprise et satisfaction d’être le second ministre le plus apprécié par ses pairs selon La Presse, tout juste derrière Jean Boulet. Il attribue cette position à son style collaboratif et non confrontant, y compris avec les oppositions.
Il se montre cependant plus critique envers la note de 5,5 sur 10 du Journal de Montréal, qu’il juge réductrice et basée presque seulement sur l’unique dossier du DSN (Dossier santé numérique).
