Gestion des déchets: «on a parfois l’impression de prêcher dans le désert»

ENVIRONNEMENT. Même si elle s’attendait à de plus grands progrès depuis 2013, la présidente du comité consultatif en développement durable à la MRC de Memphrémagog, Lisette Maillé, préfère voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide concernant le tri des matières résiduelles.

Lisette Maillé fait valoir que les taux de récupération dans la MRC de Memphrémagog sont plus élevés que la moyenne québécoise. Des statistiques qui prouvent, selon elle, que les efforts déployés dans la région depuis quelques années donnent des résultats concrets.

«On a parfois l’impression de prêcher dans le désert tellement il faut du temps pour changer les habitudes. Malgré tout, c’est important de ne pas lâcher. Il faut continuer à mettre en place des outils innovants et trouver de nouveaux véhicules de communication pour atteindre les citoyens, qui ne font pas encore de compostage notamment», soutient Lisette Maillé.

Les campagnes de sensibilisation sont encore le meilleur outil pour y arriver, selon celle qui est également mairesse d’Austin. Même si les Municipalités désiraient pénaliser les citoyens qui font mal leur triage, Lisette Maillé admet que les possibilités d’y arriver sont plutôt limitées. «Il n’existe pas de dispositif de pesée mécanique fiable à l’heure actuelle, qui permettrait de charger le citoyen selon sa quantité de déchets», reconnaît la politicienne.

Un manque de leadership

Lisette Maillé jette une partie du blâme sur le gouvernement si le virage «vert» dans les matières résiduelles fait du surplace dans Memphrémagog comme dans d’autres régions. À son avis, Québec devrait mieux guider les Municipalités et surtout, garder le cap sur ses objectifs. «Le gouvernement avait annoncé qu’il n’y aurait plus de papier et de carton à l’enfouissement en 2013, même chose pour le bois en 2015. Mais depuis, on n’en entend plus parler et on en retrouve encore beaucoup dans nos bacs. Québec veut aussi bannir les matières organiques des déchets en 2020. Les municipalités adoptent des mesures coûteuses pour atteindre ces grandes orientations, mais il n’y a aucun suivi, ni de reddition de compte. Il nous manque ce leadership du ministère», conclut la mairesse.