Front commun des restaurateurs de Magog contre les «food trucks» itinérants

Par Pierre-Olivier Girard
Front commun des restaurateurs de Magog contre les «food trucks» itinérants
L'homme d'affaires Alain Roger est le porte-parole des 57 restaurateurs magogois qui ont signé la pétition. (Photo : Le Reflet du Lac - Pierre-Olivier Girard)

ACHAT LOCAL.  Les restaurateurs de Magog font front commun pour que la Ville de Magog interdise l’accès sur le territoire magogois aux camions de cuisine de rue itinérants, c’est-à-dire qui n’ont pas de place d’affaires dans la municipalité.

Déjà interdits dans le secteur du centre-ville, les camions de cuisine de rue sont toutefois tolérés et même bien présents dans la plupart des principaux événements touristiques de la région. Il n’est pas rare également que des entreprises privées ou des particuliers fassent appel à leur service.

Mandaté comme porte-parole des restaurateurs, l’homme d’affaires Alain Roger précise d’emblée que cette mobilisation n’est pas un désaveu contre les «food trucks» en soi, mais bien contre ceux qui font affaire à Magog sans même y payer des taxes. «Nos restaurateurs sont confrontés à des hausses de leur loyer et de leurs taxes, sans oublier les différents enjeux comme la pénurie de main-d’oeuvre et l’inflation. Ils travaillent extrêmement fort et pendant ce temps, il y a des «food trucks» qui débarquent lors des journées les plus achalandées et qui font de l’argent sur leur dos, comme si c’était tout à fait normal alors qu’au contraire, c’est totalement injuste», déplore sans détour Alain Roger.

Soutenir les restaurateurs au lieu de leur nuire

Dans un rare front commun, ce sont 57 propriétaires de restaurants des quatre coins de la ville qui ont signé une pétition à ce sujet. Celle-ci a été déposée à l’hôtel de ville de Magog le 5 janvier dernier, directement à la mairesse Nathalie Pelletier. Les signataires veulent que le conseil municipal revoie les critères entourant la réglementation en vigueur, et ce, dans les plus brefs délais. 

Ils se disent prêts à travailler avec les élus pour arriver à un consensus satisfaisant pour toutes les parties. «Notre demande est tout à fait logique et je suis convaincu que la Ville abondera dans le même sens. Au lieu d’enlever de la clientèle à nos gens d’affaires, on devrait plutôt tout faire pour les aider et les soutenir. D’autant plus que l’on sait que dans le domaine des «food trucks», plusieurs ne donnent même pas de facture pour ne pas déclarer leurs revenus. Comme contribuable, on n’a rien à gagner d’encourager ce type de commerce chez nous, surtout quand nos restaurateurs sont là pour nous accueillir.»

Une nouvelle tendance à nos portes?

Celui qui a possédé durant plusieurs années La Table Alain Roger va même plus loin pour justifier l’urgence d’agir. À son avis, le modèle d’affaires des camions de cuisine de rue risque de gagner d’autres domaines au cours des prochaines années. Il donne en exemple les salons de coiffure ou encore des boutiques de vêtements mobiles. «Ce type de service existe déjà dans d’autres villes. Et avec le prix des loyers qui explosent, ces commerces itinérants vont assurément se multiplier. On se doit de prévenir cette nouvelle tendance qui est à nos portes, par solidarité pour nos commerces locaux, particulièrement dans une ville comme Magog qui prône beaucoup l’achat local», rappelle Alain Roger.

Ce dernier a recensé environ 65 restaurants sur tout le territoire magogois. Cinq n’ont pas signé la pétition puisqu’ils étaient fermés pour la saison, les autres ont refusé de signer le document pour leurs propres motifs. 

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