Espèces aquatiques envahissantes: huit plans d’eau basculent dans le rouge dans Memphrémagog

ENVIRONNEMENT. Huit lacs et rivières de la MRC de Memphrémagog passent au niveau rouge dans la lutte contre les espèces aquatiques envahissantes (EAE). Cette cote de contamination indique la présence d’au moins une EAE invisible à l’œil nu. La détection de ce type d’espèces implique une “nécessité absolue de décontamination à l’eau chaude et à haute pression”.

Cette conclusion provient de la plus récente mise à jour de la liste des plans d’eau estriens contaminés par les moules zébrées ou les myriophylles à épi, par exemple. Ces informations figurent dans la Stratégie régionale de prévention contre les EAE en Estrie. Cette démarche est pilotée par le Conseil régional en environnement de l’Estrie (CREE).

La majorité de ces huit plans d’eau sont situés au Canton d’Orford. Les lacs Brompton (5 espèces observées), Leclerc (2), Simoneau (2), Bran de Scie (2), des Monts (2) et Fraser (3) passent du niveau jaune à rouge. Le lac Bowker (1), qui ne figurait pas sur la liste, se trouve dans la catégorie rouge. La rivière Massawippi est aussi dans le rouge avec la présence six espèces différentes.

Quant à la rivière aux Herbages (1), toujours à Orford, elle fait son apparition au code jaune. Cette cote indique une contamination ayant des EAE comme étant plus visibles et plus faciles à retirer. Ces espèces incluent des plantes pour lesquelles un lavage à haute pression et une vérification des espaces clos pourraient réduire le risque de propagation. Des poissons nuisibles figurent aussi dans le niveau jaune, mais ils sont presque impossibles à déplacer d’un plan d’eau à un autre.

81 PLANS D’EAU CONTAMINÉS EN ESTRIE

Le nombre de lacs, rivières ou étangs répertoriés comme contaminés en Estrie passe de 63 à 81. Selon le chargé de projets du CREE, David O’Connor, cette variation illustre l’ampleur du défi et l’importance d’outils régionaux “robustes” pour soutenir les efforts de prévention et de gestion.

M. O’Connor insiste sur la priorité à donner à une meilleure détection. Selon lui, ces espèces envahissantes sont très difficiles à éliminer une fois implantées. Il recommande de concentrer les efforts sur l’atténuation des impacts et la protection des prises d’eau. “Avec cette Stratégie, l’Estrie se dote enfin d’un cadre commun pour freiner la propagation des EAE, poursuit-il. Notre carte de prédiction du risque révèle clairement où les activités humaines accentuent les risques d’introduction et permet d’agir avant qu’il ne soit trop tard.”

“Chaque nouveau plan d’eau contaminé entraînera des impacts écologiques, économiques et sociaux majeurs que nous devrons collectivement assumer”, prévient M. O’Connor.

Selon le CREE, la meilleure prévention demeure le nettoyage rigoureux des embarcations, équipements nautiques, vêtements et accessoires.

Le nombre d’espèces observées a aussi légèrement augmenté dans les principaux plans d’eau de la région. Les EAE se retrouvent au nombre de 4 au lac Magog, 5 au lac Memphrémagog, 6 au lac Massawippi, 4 au lac Stukely et 1 au lac Lovering.

Au lac Memphrémagog, par exemple, ces espèces intrusives sont des moules zébrées, des vivipares chinois et géorgiens ainsi que des myriophylles à épi.

S’ajoute l’arrivée de carpes communes (probablement originaires d’Asie occidentale et d’Europe de l’Est) et potamot crépus (plante aquatique originaire de l’Eurasie) au lac Massawippi.