Du Rwanda à Orford, un parcours hors du commun

POLITIQUE. La candidate de la Coalition avenir Québec (CAQ), Allison Turner, propose son expérience acquise sur de grands dossiers juridiques canadiens et internationaux, ainsi que son intérêt pour les personnes vulnérables dans une circonscription rurale, pour devenir la prochaine députée d’Orford.

L’avocate montréalaise troque en effet les tribunaux pour la politique à 60 ans, forte d’une expérience au Tribunal pénal international pour le Rwanda (2005). Après avoir complété une maîtrise et un mémoire en droit international à l’Université de Montréal, elle a effectué des recherches pendant plusieurs années pour comprendre les causes du génocide rwandais.

Son diplôme en droit de l’Université McGill l’avait précédemment conduite vers des cabinets montréalais, en litige, en droit civil et en droit commercial. Mme Turner a aussi participé à des dossiers d’assurances majeurs, comme les recours collectifs liés au sang contaminé (VIH et l’hépatite C) et à l’industrie du tabac (règlement historique de 32,5 milliards de dollars pour indemniser les provinces et les victimes du tabagisme).

Son parcours l’a également menée à publier et à intervenir sur plusieurs tribunes internationales.

Allison Turner n’en est pas à sa première campagne électorale. Elle a terminé au second rang face à Mark Miller (actuel ministre de l’Identité et de la Culture canadiennes et ministre responsable des Langues officielles) sous la bannière du NPD en 2015, dans le comté fédéral de Ville-Marie-Le Sud-Ouest-Île-des-Sœurs.

Elle explique que sa décision de se lancer à nouveau en politique est notamment liée aux tensions géopolitiques actuelles et à sa volonté de mettre son expérience internationale au service du Québec. Elle souhaite représenter les citoyens d’Orford tout en apportant son expertise juridique et internationale au gouvernement.

« Je pense que j’ai tout ce qu’il faut pour être une bonne députée, affirme-t-elle. Je crois que je suis la meilleure candidate. Chacun a son expertise et son parcours. De mon côté, j’ai plus d’expérience de vie à travers le monde que tous les autres candidats. Je suis parfaitement bilingue, ce qui est très important dans une circonscription comme Orford. « 

Le sport occupe aussi une place centrale dans sa vie. Allison Turner ajoute être avant tout une patineuse, et ce, bien avant de devenir avocate. Patinage artistique de 5 à 18 ans, patin à roues alignées dans la vingtaine et trentaine, puis patinage de vitesse sur anneaux, lacs et rivières glacés figurent sur son parcours sportif. Elle s’est déjà rendue aux Pays-Bas, où le patinage de vitesse est très développé, avant de remporter des compétitions sur glace naturelle au Lac-Beauport, en 2004.

Elle continue de patiner et de faire du vélo, quoique moins intensément, pour préserver son équilibre personnel.

Allison Turner habite toujours son lieu de naissance, soit Montréal. Elle occupe un pied à terre dans le comté pendant la présente campagne électorale. Elle s’y installera si les gens lui font confiance le 5 octobre.

PRIORITÉS RÉGIONALES

Sa première bataille à livrer dans Orford sera au niveau de l’abordabilité de la vie. Elle estime que le plan économique de la CAQ aura les meilleures réponses à ce sujet en cette période d’incertitude et d’instabilité. Elle vise une réduction du coût de la vie en misant sur des achats locaux, régionaux et québécois.

« En travaillant avec les autres provinces et avec le gouvernement fédéral pour protéger notre économie et enlever les barrières interprovinciales, ça contribuera aussi, éventuellement, à une meilleure abordabilité. « 

Pour améliorer l’accès aux médecins et aux soins de proximité, elle précise que la CAQ s’engage à former plus de médecins en région, en collaboration avec le réseau des universités.

Selon Mme Turner, sa formation politique veut accélérer l’élargissement des actes permis par les infirmières et les paramédics. « Renforcer le champ d’action de ces deux professions bonifiera les services de premières lignes », suggère-t-elle.

Sur les patients qui attendent trop longtemps, la CAQ propose de les rediriger vers le réseau public dans une autre région après six mois d’attente. Déplacer au privé aux frais de l’État serait aussi envisageable quand les soins sont impossibles au public. Elle veut également accroître le recours au privé pour les imageries médicales et lancer une démarche pour déployer davantage la télémédecine. « On n’ouvrira pas de grandes portes vers le privé « , assure-t-elle.

Mme Turner met aussi l’accent sur l’engagement de la CAQ d’investir 30 M$ de plus par année pour soutenir les transports interurbain et régional. «Il faut que nos citoyens puissent compter sur un transport adapté à nos distances, ce qui permettra de rapprocher nos communautés et faciliter leurs déplacements.»

Si vous aviez 100 millions de dollars à investir exclusivement dans Orford, où mettriez-vous cet argent?

« Je consulterai des personnes qui connaissent les besoins et les services sur le terrain. J’aiderais les entreprises et sur le plan économique en général. J’épaulerais aussi les personnes vulnérables et les organismes qui les supportent. « 

Elle réclamerait urgemment des places pour loger les gens vivant dans la rue, tout en ayant une meilleure compréhension des causes de l’itinérance.

Pourquoi les électeurs d’Orford devraient-ils vous choisir plutôt qu’un autre candidat?

« Parce que j’ai toujours eu au cœur les besoins des autres, que ce soit en justice, en justice sociale ou le respect des droits de l’homme. C’est ma priorité, et c’est qui m’a animée durant ma carrière. C’est ma deuxième nature. Et je suis mes dossiers ou les situations de très près. »