Des visions opposées entre Magogois d’origine et Magogois d’adoption

Par Pierre-Olivier Girard
Des visions opposées entre Magogois d’origine et Magogois d’adoption
Centre-ville de Magog (Photo : Le Reflet du Lac - Dany Jacques)

POLITIQUE. Au cours des dernières années, la division entre les Magogois d’origine et les Magogois d’adoption s’est fait particulièrement ressentir dans l’actualité municipale. Et depuis le début de la pandémie, il semble que l’intolérance de certains citoyens n’ait jamais été aussi frappante.

Tout récemment, un citoyen s’est exprimé dans nos pages pour dénoncer le bruit «irritant» lors de la tenue du Festiv’arts caribéen. Il s’agissait d’un des premiers événements du genre à se tenir à Magog depuis le début de la crise sanitaire.

La mairesse de Magog, Vicki-May Hamm, est d’avis que tout le monde a le droit de s’exprimer publiquement. Toutefois, elle admet que ce genre de commentaire doit être «décourageant» pour les organisateurs, qui travaillent d’arrache-pied pour animer la ville. «Les promoteurs ont une responsabilité que leur événement se fasse en harmonie avec les résidants du secteur. Mais à l’inverse, les citoyens doivent aussi garder en tête que Magog est une ville touristique. Cette réalité fait partie de notre identité», rappelle Mme Hamm.

«Je me souviens des belles années de la Traversée, poursuit la politicienne. Je demeurais très loin d’où se tenaient les activités et pourtant, j’entendais la musique jusqu’à très tard dans la soirée. Et puis? Je suis encore vivante aujourd’hui! Un moment donné, on se doit d’être tolérant.»

 

DES VISIONS OPPOSÉES

Depuis le début de son mandat comme mairesse, Vicki-May Hamm a été témoin de la division entre les Magogois qui veulent une ville en développement et ceux qui s’y établissent pour sa tranquillité. Ces deux profils ont souvent donné lieu à des tiraillements sur certains projets et enjeux. «À ces deux visions se sont ajoutés récemment les gens de l’extérieur qui veulent investir à Magog, car ils voient le potentiel de notre ville, observe-t-elle. Au final, ces trois profils ont des visions complètement différentes, ce qui rend le travail des élus très complexe, car il faut toujours trouver un certain compromis.»

La première magistrate se désole de n’avoir toujours pas réussi à trouver un moyen d’obtenir le pouls de la majorité silencieuse lors de consultations publiques. Elle est d’avis que le prochain conseil devra s’y pencher sérieusement. «Malheureusement, certains politiciens sont trop sensibles à la minorité qui parle plus fort. Et c’est encore plus vrai quand on approche une élection. Je pense quand même que cette diversité d’opinions est positive, car elle permet d’améliorer les projets au fil des consultations, affirme-t-elle, en citant en exemple l’îlot Tourigny. Mais c’est arrivé très souvent que certains opposants étaient braqués sur leurs positions, ce qui n’aide en rien à faire avancer le débat.»

 

S’ENGAGER AU LIEU DE CRITIQUER

Puisque la campagne municipale est en cours, Vicki-May Hamm invite les citoyens habitués de se mobiliser et de s’exprimer à poser leur candidature. «C’est toujours facile de critiquer, mais quand on est élu, c’est parce que les gens nous ont choisis pour notre plateforme et nos propositions. Quand je me suis présentée à la mairie en 2008, les gens savaient que le développement économique allait être ma priorité. Je crois aussi que les élus devraient toujours se souvenir qu’ils ont gagné leur élection par une majorité de voix et que ce vote de confiance devrait davantage les guider dans leurs décisions plutôt que d’y aller au gré de l’opinion publique», conclut-elle.

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