Des modèles d’ici pour prévenir l’intimidation envers les personnes handicapées

Par Pierre-Olivier Girard
Des modèles d’ici pour prévenir l’intimidation envers les personnes handicapées
Les cinq visages de la campagne sont Stéphane Lachance (rose), Loïck Racicot (mauve), Samuel Messier (vert), Maxime Bouchard (bleu) et Ghislain Côté (orange).  (Photo : gracieuseté)

SENSIBILISATION.  Après avoir investi pour rendre plus accessibles certains lieux publics de Magog pour les personnes handicapées, Han-Droits s’attaque maintenant à l’intimidation avec une nouvelle campagne visant à briser les préjugés et sensibiliser la population sur les comportements à adopter et à proscrire.

Pour ce faire, l’organisme a recruté cinq volontaires parmi sa clientèle qui ont accepté de se prêter au jeu en devenant les visages de la campagne. Chaque volontaire illustre une situation ou une perception qui est régulièrement vécue par les personnes vivant avec un handicap physique ou mental. «On a voulu faire une campagne qui «punch», sans entrer dans le dramatique. On a opté pour un concept qui va capter l’attention avec des phrases amusantes et accrocheuses», explique la directrice générale de Han-Droits, Jessica Lafrance. 

Par exemple, il y a une affiche mettant en vedette Maxime tenant dans sa main ses clés d’auto, qui se lit comme suit: «Maxime sait bien se conduire. Il n’a plus besoin d’un chauffeur depuis qu’il a obtenu son permis. Et ce n’est pas la déficience intellectuelle qui l’a freiné». Il y a aussi l’affiche de Loïk sur laquelle il est écrit: «Loïk se tient en tête des palmarès. Il anime la radio étudiante à son école. Et ce n’est pas la trisomie 8 qui l’éloigne du Top 10». 

L’idée est de profiter notamment de la Journée internationale des personnes handicapées,  le 3 décembre dernier, pour installer ces affiches un peu partout en sol magogois et dans la région, en plus de les diffuser sur les médias sociaux. 

Prévenir au lieu de guérir

En plus de ce volet, ce projet-pilote subventionné par le ministère de la Famille pour la somme de 42 000 $, prévoit des formations et ateliers qui seront donnés dès l’été prochain dans les camps de jour, autant pour les moniteurs que les participants. 

«On veut sensibiliser les enfants sur des comportements parfois impressionnants dont ils pourraient être témoins. Si un jeune avec un trouble du spectre de l’autisme se met à crier en faisant une crise, c’est parce qu’il y a des raisons et il faut que les jeunes le sachent avant d’y être confrontés. C’est une façon de prévenir l’intimidation», soutient Jessica Lafrance.

Cette dernière constate d’ailleurs que ce sont généralement les handicaps «invisibles» qui suscitent le plus de réactions et d’incompréhension. Une situation qui s’explique généralement par une méconnaissance ou une crainte de mal agir. «Cette campagne est justement une façon de mieux faire connaître la réalité des personnes avec des handicaps mentaux. Une personne en fauteuil roulant, ça se voit et on sait quoi faire pour l’aider au besoin. Mais pour une personne trisomique ou autiste notamment, beaucoup de gens ne savent tellement pas quoi faire qu’ils finissent par ne rien faire. Il y a encore beaucoup d’éducation à faire en ce sens.»

Donner de l’espoir avec des histoires vraies

En utilisant des exemples de réussite comme modèles, Han-Droits voulait aussi partager un message d’espoir envers les personnes et les familles qui pourraient recevoir un diagnostic. «Ces personnes prouvent que rien n’est impossible. D’être atteint d’un handicap physique ou mental, ce n’est pas la fin du monde. Ça ne veut pas dire qu’une personne devient du jour au lendemain hypothéquée pour le reste de sa vie. Il est possible d’avancer et de réaliser de belles choses, malgré un diagnostic. Et nos volontaires en sont des preuves concrètes, avec leur parcours fort inspirant», conclut la directrice générale. 

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