Des coupures en itinérance dénoncées dans Memphrémagog

RESSOURCES. Oeuvrant auprès des personnes les plus vulnérables dans Memphrémagog, l’organisme Ressources Relais se retrouve en pleine crise après avoir appris que son financement consacré à l’itinérance ne sera pas reconduit.

Les fonds en question, provenant du programme fédéral Vers un chez-soi, servaient essentiellement à mettre en place des services adaptés aux réalités locales, dans le but de prévenir l’itinérance.

Chez Ressources Relais, il s’agit d’un montant d’environ 50 000 $ annuellement qui ne sera pas renouvelé pour les deux prochaines années, et ce, à compter du 1er avril. Un manque à gagner inattendu qui oblige l’organisme à abolir un poste à temps plein d’intervenant sur le terrain, qui était en place depuis sept ans. 

Comme l’explique la directrice générale, Jessica Lafrance, ces coupes auront un impact majeur dans la communauté, sachant qu’en 2025, les intervenants de Ressources Relais ont rencontré plus de 200 personnes en situation d’itinérance et réalisé au-delà de 910 interventions auprès d’elles.

“Il y a beaucoup d’incompréhension, d’inquiétude et de déception dans la communauté, car ces coupes vont fragiliser une clientèle qui est déjà très vulnérable. Les personnes en situation d’itinérance ne disparaissent pas avec les services. Au contraire, elles demeurent sans soutien, sans accompagnement et sans alternative”, déplore Jessica Lafrance.

Une halte-chaleur aussi en péril

La fin du financement du programme Vers un chez-soi aura également des répercussions négatives pour d’autres organismes, qui utilisaient aussi ces fonds pour venir en aide aux personnes en situation de précarité. 

C’est le cas par exemple de la halte-chaleur mobile, aménagée dans un autobus par Zone libre Memphrémagog, qui pourrait cesser ses activités dès le 31 mars après seulement un hiver en fonction.

Toujours selon Jessica Lafrance, la situation est d’autant plus incompréhensible puisque les fonds du programme, qui étaient jusque-là versés dans la région, seraient redirigés vers les plus grandes villes comme Sherbrooke, qui sont aussi aux prises avec de graves enjeux d’itinérance.

“À quoi bon régler un problème si on en crée d’autres ailleurs? À force de couper dans les régions, on ne fait pas disparaître l’itinérance. On la déplace, on l’aggrave, on la rend plus invisible, dangereuse et, ultimement, plus coûteuse au réseau de la santé en supprimant les services qui, comme Ressources Relais, permettent d’intervenir”, craint Mme Lafrance.