Des citoyens veulent des actions de protection au lac Montjoie

NATURE. Des citoyens du secteur du lac Montjoie attendent de pied ferme une meilleure protection de cette portion du projet d’agrandissement du parc national du Mont-Orford. L’Association des habitants du chemin du Lac-Montjoie espère que le gouvernement presse le pas afin de limiter les intrusions, sur une zone qui est dorénavent «parc» depuis quelques mois.

Rappelons que ce projet d’agrandissement ne date pas d’hier. Prévu depuis une vingtaine d’années et après plusieurs changements dans sa forme, le ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs, Bernard Drainville, a annoncé en octobre 2025 le début de l’agrandissement, avec un montant de 20 millions de dollars rattaché au projet pour les trois prochaines années.

Cependant, le porte-parole de l’Association des habitants du chemin du Lac-Montjoie de Sherbrooke (AHaCLaMS), Raymund Wellinger, critique le fait que cette annonce ne désigne pas automatiquement ces terrains sous le statut officiel de « parc », laissant place à des dérapages qui ne datent pas d’hier. Selon lui, les feux de camp entre amis sont fréquents, tout comme la circulation de VTT.

« Ce sont des terres publiques, les gens peuvent y aller et on ne peut rien faire, peu importe comment ils agissent sur le terrain. Nous, on en a marre», affirme-t-il avec vigueur.

Selon lui, des mesures importantes doivent être prises pour protéger la nature.

« Je n’en revenais pas quand ça a encore été reporté. J’aimerais que le gouvernement sépare le processus en deux étapes : déclarer le statut et, dans un second temps, faire ce qu’ils ont à faire pour le développement. Parce que pour nous, lorsque l’espace aura le statut, on pourra assurer une protection, on pourra appeler la Sépaq quand il y a des débordements », affirme-t-il.

M. Wellinger soutient qu’il n’est pas rare d’observer des « comportements troublants ».

« J’étais sur les terres un jour avec Christelle [Lefèvre] et on voit deux quads qui approchent. On les arrête pour leur dire qu’ils détruisent l’espace et ils nous répondent : “On respecte la nature, on se promène uniquement dans les chemins.” Mais il n’y a pas de chemin. Ils se sont même créé un ponceau pour pouvoir traverser à partir de la rue. Ils passent n’importe où. »

« L’endroit est super beau, c’est presque un paradis, ajoute M. Wellinger. C’est certain que les chalets seraient toujours réservés. Je prétends que ça pourrait devenir une vache à lait. Alors, pourquoi ne pas développer ? Je trouve que c’est questionnable, on manque une occasion. »

Pour sa part, la conseillère du district de Saint-Élie, Christelle Lefèvre, a été sensibilisée aux craintes de ces citoyens en 2021, lors de sa première campagne électorale. Depuis, elle s’implique notamment sur la Table d’harmonisation du parc national du Mont-Orford, dont plusieurs municipalités touchées par le projet sont membres. « La superficie est énorme ! Combien de personnes y seront pour surveiller ? Il faudrait au minimum une guérite pour que les citoyens aient les bonnes informations sur la façon de se comporter sur le site », s’inquiète-t-elle.