Des citoyens en grogne pressent les élus de faire marche arrière

MOBILISATION. La grogne citoyenne est loin de vouloir s’estomper à Eastman dans la foulée de la décision de la Municipalité de mettre fin à son entente de loisirs avec Waterloo. Mardi soir dernier, une quarantaine de citoyens ont pris d’assaut la salle du conseil municipal pour faire entendre leur mécontentement dans l’espoir d’un revirement de situation.

Avec une pétition de plus de 200 noms, le regroupement implore les élus de faire marche arrière pour que leurs citoyens, autant enfants qu’adultes, puissent poursuivre la pratique d’activités sur le territoire de Waterloo. L’entente en question, qui était en vigueur depuis plusieurs années, permettait aux résidents d’Eastman de s’inscrire aux loisirs dans la ville voisine en échange d’un remboursement d’une partie des frais d’inscription (surtaxe).

Toutefois, dans la foulée de son renouvellement, l’entente maintenant échue incluait une hausse importante des coûts qui ont été calculés, selon la Ville de Waterloo, en fonction du nombre plus réel d’utilisateurs eastmanois qui profitent de ses plateaux sportifs. Pour Eastman, la facture annuelle jusqu’en 2031 passait d’environ 2000 $ à 20 000 $.

Une hausse que la Municipalité n’était pas prête à assumer. « L’adhésion aurait représenté une dépense de plus de 100 000 $ sur cinq ans. Les élus ont donc dû évaluer cette dépense en tenant compte de l’ensemble des besoins, des priorités et des ressources financières de la communauté. Les élus ont choisi de prioriser, en matière d’accès aux loisirs, la ville centre de notre MRC, Magog, qui offre une vaste gamme d’activités et d’infrastructures », indique Eastman par voie écrite.

Notons que Waterloo devait renouveler ses ententes loisirs avec neuf municipalités. Du lot, seule Eastman a refusé les nouveaux termes proposés.

Une décision qui a été très mal accueillie dans la communauté, particulièrement auprès des parents dont les enfants pratiquent leur sport favori sur le territoire de Waterloo. Sans entente, non seulement ces familles perdent le remboursement de la surtaxe, mais elles perdent également le droit de s’inscrire à ces activités, même en payant le plein tarif.

« Si l’entente n’est pas renouvelée, ça aura un impact majeur sur les jeunes qui évoluent depuis déjà plusieurs années avec leurs amis et leurs équipes sportives, dénonce la porte-parole du mouvement citoyen, Cindy Dobson. La Municipalité d’Eastman veut attirer les jeunes familles à s’établir ici, mais ne semble pas comprendre les besoins de celles-ci. »

La mère s’explique mal que le conseil municipal « s’entête » pour un montant qui demeure somme tout raisonnable, à son avis. « Oui, le coût est plus élevé, mais pendant plusieurs années, la Municipalité a bénéficié d’une entente qui était clairement à son avantage, car sa contribution n’a pas suivi l’augmentation du nombre d’utilisateurs. On comprend mal comment Eastman peut pénaliser ses citoyens de la sorte pour 20 000 $, sachant que son budget annuel tourne autour de 8 M$. C’est un non-sens! », déplore Mme Dobson.

Au moment d’écrire ces lignes, des négociations étaient toujours en cours entre les deux parties dans le but de dénouer cette impasse.