Consultation publique: les Magogois partagent leur vision du centre-ville de demain

Par Pierre-Olivier Girard
Consultation publique: les Magogois partagent leur vision du centre-ville de demain
Centre-ville de Magog (Photo : Le Reflet du Lac – Pierre-Olivier Girard)

DISCUSSIONS. Plus de 120 personnes ont accepté l’invitation de la Ville de Magog en participant à la consultation sur l’avenir du centre-ville, qui s’est tenue en virtuel le 22 février dernier.

Comme les membres du conseil municipal, les médias étaient invités à titre d’observateur à écouter les échanges entre les citoyens, qui se tenaient sur trois thèmes principaux: le cachet distinctif du centre-ville, la hauteur et la densité, et la location court terme.

Pour faciliter la discussion, les participants étaient divisés en sous-groupe d’une dizaine de personnes et les échanges étaient supervisés par un animateur. Ce dernier avait notamment comme rôle de colliger l’information, qui sera ensuite résumée dans un rapport final. Ce document devrait être rendu public ce printemps. Il guidera les élus à savoir si la réglementation actuelle est adéquate pour encadrer le développement résidentiel et commercial sur la rue Principale ou si des changements doivent être apportés.

Rappelons que peu de temps après son arrivée en poste, le conseil municipal a adopté un moratoire sur deux projets de construction majeurs au centre-ville, soit celui de William Belval sur le terrain vacant à l’intersection des rues Principale Ouest et Merry Nord, et l’autre situé à côté de la boutique Giant qui est piloté par Îlot innovations & cies. Magog a expliqué cette décision par son souhait d’accoucher d’une vision commune du centre-ville avant d’autoriser tout nouveau projet. Une réaction qui découle de l’épineuse démarche entourant le projet à l’ex-Rossy, qui a été autorisé sous fond de division après des mois de débats houleux.

 

Voici quelques idées et opinions entendues lors de la consultation:

Thème 1 – Cachet distinctif du centre-ville

«Que ce soit la nouvelle caserne ou encore le centre communautaire, tout est en brique rouge avec des fenêtres noires. Il ne faudrait pas faire la même chose au centre-ville. Pour les anciens bâtiments comme la Grosse Pomme, l’hôtel Union ou l’ancien bureau de poste, il faut essayer de maintenir leur architecture. Mais pour les nouveaux bâtiments, ce serait intéressant d’avoir une harmonie, mais la diversité, ça fait du bien aussi!» – Robert Hannan

«Il serait facile de laisser les grandes bannières entrer au centre-ville, mais il ne faut pas perdre notre cachet distinctif. Quand je voyage, je n’accours pas au McDonald ou au Starbucks; je cherche les adresses typiques. C’est ce que j’aimerais que Magog respire. Dans cet enjeu, il y a l’abordabilité des loyers pour permettre l’accès aux petits commerçants locaux.» – Patrick Lagrandeur

«On est probablement une ou sinon la plus belle ville en Amérique du Nord en raison de notre centre-ville et de sa localisation. Le centre-ville doit sensiblement rester ce qu’il est aujourd’hui. Ça fait plus de 20 ans que je suis ici j’ai toujours le même plaisir à marcher au centre-ville jusqu’à la pointe Merry et de revenir pour manger dans les restos,  faire les boutiques ou aller au cinéma. Changer Magog, ce serait presque un sacrilège.» – Éric Brown

 

Thème 2 – Hauteur et densité

«La densification du centre-ville est nécessaire, car l’étalement cause plus de dommages. Mais il faut que les promoteurs et la Ville soient en mesure d’adresser les effets secondaires. Il y a l’aspect social, mais aussi tout ce qui touche la circulation et le stationnement. Et la densification ne doit pas être seulement des occasions d’affaires, mais aussi des occasions de loger des familles. Ce que l’on voit partout au Québec, ce n’est pas une crise de logements de riches, mais une crise de logements abordables. C’est essentiel d’avoir une diversité dans la densification.» – Patrick Lagrandeur

«Que les bâtiments aient trois ou quatre étages, ça ne gâcherait pas le cachet du centre-ville, surtout avec la réglementation en vigueur. On sait que la densification a un avantage non négligeable sur l’écologie. Il ne faut pas faire seulement des condos de luxe. Il faut trouver une diversité dans une proportion qui va servir les commerçants, mais aussi les résidents de tous les budgets.» – Friedemann Sallis

«Une façon d’encadrer la densification est de la baliser avec des critères précis. La Ville pourrait imposer un minimum de chambres à coucher pour un certain nombre d’unités dans les nouveaux projets. Les familles ne cherchent pas à vivre dans des condos, mais bien dans des loyers d’au moins deux ou trois chambres. Magog pourrait aussi obliger un nombre de places de stationnement obligatoire avec chaque unité construite, de manière à éviter que les voitures se garent sur la rue Principale.» – Charles Boivin

«Avant la consultation, j’étais réticent concernant le nombre d’étages. Mais quand je vois les critères et la réglementation en vigueur, ça me rassure. À mon avis, il ne faut pas juste penser que la densification doit se faire au centre-ville. Les logements plus abordables, ils pourraient bien se trouver dans les rues tout autour. Personnellement, je favoriserais le côté nord de la rue Principale pour autoriser un 4e étage en raison de l’ensoleillement et j’éviterais de le permettre au coin d’un rue.» – Sylvain Champagne

 

Thème 3 – La location court terme

«Magog est une destination touristique et la location court terme a sa place au centre-ville. L’important, c’est d’avoir une mixité d’offre avec les hôtels, les auberges, les gîtes, etc. D’ouvrir la porte à ce que 50 des 150 logements déjà existants au centre-ville puissent être transformés en «Airbnb», c’est excessif. Cela veut dire que des proprios pourront chasser des gens à faibles  revenus au profit des touristes. J’autoriserais seulement la location court terme dans les nouveaux bâtiments, et je laisserais les résidents dans les logements déjà existants. Ça permettrait à tout le monde de cohabiter en harmonie.» – Marie-France Bourdages

«S’il y a une place à Magog où on devrait faire du «Airbnb», c’est bien au centre-ville. C’est bon pour les restos et les commerçants. Où j’accroche, par contre, c’est de les concentrer tous dans le même bâtiment comme dans le nouveau projet à côté de la Banque nationale. Je pense qu’on ouvre la porte à plusieurs problématiques. Je ne comprends pas pourquoi la Ville ne priorise pas une mixité d’usages dans le même bâtiment, comme au Club Memphré.» – Robert Hannan

«Avec la location court terme au centre-ville, la circulation va devenir une problématique importante. C’est déjà compliqué de circuler en été face au McDonald’s ou encore pour sortir de la pointe Merry. Je me questionne aussi sur les gîtes touristiques qui font partie du cachet de Magog. En ouvrant la porte aux «Airbnb», est-ce qu’on met en place une compétition difficile pour eux?» – Éric Brown

«Je ne suis pas contre les «Airbnb», mais l’important, c’est la balance et la mixité. Il faut que les Magogois et les travailleurs puissent vivre au centre-ville, à proximité de leur lieu de travail. Comme ville touristique, on se doit aussi de bien loger les visiteurs. Je ne vois pas comment on peut passer outre la location court terme au centre-ville.» – Friedemann Sallis

«Si on n’intègre pas la circulation dans l’équation, on risque de rater l’intégration des «Airbnb» au centre-ville. Ça va créer de la grogne. Le centre-ville est déjà un carrefour achalandé en été, avec un effet d’entonnoir qui rend les déplacements difficiles. Pour moi, c’est l’enjeu principal. Les promoteurs et la Ville ne doivent pas l’escamoter.» – Patrick Lagrandeur

«C’est important de ne pas mettre dans le même bâtiment des gens en mode vacances et ceux qui y habitent de façon permanente. Sans quoi, tous les occupants finiront par être mécontents. Lorsqu’on est en vacances, le sentiment d’appartenance n’est pas là, alors on fait moins attention. On sait que la location court terme crée davantage de va-et-vient et de bruits. Alors, il ne faut pas l’imposer aux propriétaires qui choisissent de demeurer à un endroit à temps plein.» – Charles Boivin

 

Précisons que Le Reflet du Lac a été attitré au même sous-groupe de citoyens tout au long de la consultation. Il n’a donc pas été possible d’entendre davantage de participants que ceux rapportés dans cet article.

 

ÉTAPES À VENIR:

  • 25 février – Mise en ligne d’un sondage par la Ville de Magog en lien avec la consultation publique. Voici le lien pour y accéder: www.ville.magog.qc.ca/ville-de-magog/consultations-citoyennes/
  • 11 mars – Date limite pour remplir le sondage
  • Compilations des données recueillies lors de la consultation publique et par le sondage
  • Rédaction d’un rapport
  • Résultats dévoilés lors d’une séance du conseil municipal en mai
Partager cet article
S'inscrire
Me notifier des
guest
2 Commentaires
plus ancien
plus récent plus voté
Inline Feedbacks
Voir tous les commentaires
Étienne
Étienne
5 mois

Je n’ai pu participer à la consultation. Une possibilité qu’offre notre centre-ville est l’acces du coté rivière ou l’on pourrait construire une promenade (genre boardwalk) pour tirer profit de la vue sur la riviere et aussi offrir une aure possibilité pour des commerces y auant vitrine. Ça ce serait VRAIMENT distinctif.

Étienne
Étienne
5 mois

Je n’ai pu participer à la consultation. Une possibilité qu’offre notre centre-ville est l’acces du coté rivière ou l’on pourrait construire une promenade (genre boardwalk) pour tirer profit de la vue sur la riviere et aussi offrir une aure possibilité pour des commerces y auant vitrine. Ça ce serait VRAIMENT distinctif.