Comment peut-on espérer protéger la planète?

Comment peut-on espérer protéger la planète?
Le lac Memphrémagog doit être mieux protégé, fait valoir ce citoyen. (Photo : Le Reflet du Lac - Archives/Pierre-Olivier Girard)

TRIBUNE LIBRE.

En plein coeur des discussions à la COP15 sur la protection de la biodiversité, je vois un lien direct à faire avec la philosophie de la Ville de Magog et le projet immobilier de la rue de Hatley qui sème l’inquiétude.  

Encore une fois, la Ville minimise l’impact de tous ces développements au détriment des zones humides et de la biodiversité.

Dans les 30 dernières années, on a permis des constructions importantes dans le marais rue Dumoulin, rue Cabana, Memphré Club, ainsi que le Walmart. Et bientôt la rue de Hatley et probablement un Canac sur la rue Sherbrooke…

Tous ces projets additionnés ensemble font que le lac et les cours d’eau perdent graduellement leur tampon naturel qui est nécessaire pour protéger et maintenir la qualité des eaux. 

Comme si notre lac n’était pas déjà assez agressé par les riverains riches qui coupent des arbres interdits, sans scrupule, qui construisent des chemins illégaux autour du plan d’eau, qui ajoutent des gros bateaux polluants et dommageables pour un lac déjà très mal en point.

Pendant que certains citoyens consciencieux font la lutte aux algues bleues et à la moule zébrée, Magog continue de donner son accord, depuis des décennies, à tous ces projets qui vont dans la direction contraire à tout ce que les écologistes et spécialistes nous disent.    

De plus , pendant que la planète lutte contre le réchauffement climatique, nous, on remplace constamment, année après année, des zones vertes par des îlots de chaleur. 

Pendant que le groupe Memphrémagog Conservation se bat avec le Vermont pour protéger notre lac et l’eau potable qu’il fournit à plus de 100,000 citoyens, ici, à l’autre bout du lac, même avec un nouveau conseil municipal, la Ville continue de minimiser les impacts et ne semble pas bien comprendre tous les enjeux de la biodiversité.

Nous à Magog, on prend la direction contraire, prétextant que la ville manque de logements.

N’est-ce pas un peu simpliste comme raisonnement?

N’y a-t-il pas un autre moyen de s’attaquer à la crise du logement ?

Aujourd’hui, en 2022, avec toutes les conditions que l’on connaît, les dirigeants doivent faire preuve d’imagination

dans leur façon de gérer les villes. Malheureusement, on dirait que nos dirigeants municipaux vivent sur une autre planète.

Quel genre de ville va-t-on léguer à nos enfants et petits-enfants?

Quel genre de pays va-t-on léguer à nos enfants et petits-enfants?

Quel genre de planète va-t-on léguer?   

Si on n’est même pas capable de bien gérer notre environnement local, comment peut-on espérer un jour protéger la planète? 

C’est bien beau sur papier la COP15. Mais si, en pratique, on s’en va dans la direction contraire, pourquoi donc perdre notre temps et gaspiller notre argent pour ça? 

 

Denis Dussault, Magog. 

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Jules Lalancette
Jules Lalancette
1 mois

Bravo

Alain Milette
Alain Milette
1 mois

J’adore votre raisonnement, c’est exactement le fond de ma pensée que vous venez de décrire. Tout ce que vous avez énuméré a fait les manchettes et suscité beaucoup de réactions mais par la suite, plus rien, on continue toujours à développer de la même manière que les années 70-80.
Le projet de l’aréna double à La Ruche en est un autre qui aurait pu être imaginer d’une autre façon sur le terrain de l’école en façade sans compromettre les subventions mais ils se sont obstinés à garder le modèle du complexe Thibault, un mono bloc de 9000 mètres carrés plutôt qu’élaborer un plan avec deux glaces mises bout à bout, résultat, coupe minimale de 14000 mètres carrés, menace du milieu humide en aval du terrain et création d’ilots de chaleur.
Malheureusement, nous ne sommes qu’une poignée de » magosseux », comme un ancien conseiller disait, à réagir devant l’insouciance du conseil de Ville, nouvelle mairesse, nouveau conseil mais rien n’y change.
Il est même dit dans un des nombreux plans de planification sur le site web de la Ville que Magog sera un modèle à suivre au pays pour son développement en harmonie avec la Nature, quelle belle cohésion.

Annie Paradis
Annie Paradis
1 mois

Merci pour ce bel article, qui fait écho à tous les autres publiés dans le Reflet. Nous semblons être nombreux-nombreuses à partager les mêmes préoccupations, mais sans réussir à faire entendre nos voix. Il est plus que troublant, en effet, de voir que dans la foulée de la COP15, des municipalités comme la nôtre, qui bénéficient d’un environnement et d’une biodiversité exceptionnels, semblent reculer et aller en sens inverse des gestes urgents à poser. Ce serait le rôle de nos «leaders» de sensibiliser la population à ces enjeux et de faire des propositions ancrées dans la réalité écologique actuelle, mais tristement, ce ne sont pas les discours que nous entendons. Et chaque nouveau projet risque de nous faire reculer un peu plus s’il n’est pas évalué selon les recommandations répétées de la COP15.