Comment Hassan Laramée a déjoué la mort et les pronostics
BIOGRAPHIE. Hassan Laramée a dû plonger dans de douloureux souvenirs et s’astreindre à un long processus pour écrire son autobiographie, lui qui est cloué à un fauteuil roulant depuis près de 19 ans. Mais le jeu en valait la chandelle.
“Ce fut très difficile de revivre tout ça, mais ça a fait du bien de le laisser sortir. J’ai en quelque sorte exorcisé le passé”, avoue l’homme de 40 ans.
Victime d’un accident de vélo de montagne qui lui a broyé plusieurs os de la région cervicale et rendu tétraplégique, l’ancien joueur étoile de basket ne cesse d’être une inspiration pour son entourage, depuis les événements fatidiques du 23 juillet 2007.
Et ceux qui mettront la main sur un exemplaire de “La renaissance de l’aigle” risquent d’être encore plus admiratifs devant ce parcours parsemé d’embûches, de lâcher-prise, de réalisations improbables et de force de caractère.
Déjà offert en ligne, le livre sera aussi disponible lors d’un lancement officiel qui aura lieu le mercredi 3 juin (17 h à 19 h) au Marais de la Rivière-aux-Cerises. Une belle occasion d’acheter son bouquin en mains propres, et surtout, de rencontrer un auteur hors du commun.
Une lettre à la fois
Paralysé du cou jusqu’aux orteils et branché en permanence à un respirateur mécanique, Hassan Laramée a pondu son livre de 160 pages de la même façon qu’il dessine ses œuvres animales : point par point. Ce qui représente déjà un énorme défi de temps, de patience et de minutie.
“Ça m’a pris environ deux ans pour compléter la rédaction. J’ai écrit chaque mot une lettre à la fois, à l’aide d’un crayon tactile”, précise-t-il.
“Mon père me disait souvent “lâche ton téléphone”, en pensant que je perdais mon temps. Et moi je lui répliquais “je ne suis pas en train de jouer, j’écris un livre”!
“Une de mes tantes est auteure et elle m’a donné un coup de main pour la révision et la correction des textes. Et je veux aussi souligner la magnifique photo de la page couverture, qui est l’œuvre de Kathleen Bird”, a-t-il ajouté.

La couverture de “La renaissance de l’aigle” a été faite à partir d’une photographie de Kathleen Bird. Le lancement officiel du livre aura lieu le 3 juin, au Marais de la Rivière-aux-Cerises, à Magog. (Photo gracieuseté – Kathleen Bird)
Peu de chances de survie
Doté d’une mémoire phénoménale, l’homme de 40 ans rapporte avec un grand souci du détail toutes les étapes de sa chute tragique et de sa réhabilitation, notamment son retour à la maison en 2008.
“Au départ, on me donnait très peu de chances de survie, et ensuite, on estimait que je passerais le restant de mes jours en milieu hospitalier. De mon côté, je m’étais donné une année pour retourner à mon domicile et je suis finalement revenu à Eastman, le 22 juillet 2008, soit un an moins un jour après mon accident”, raconte-t-il avec fierté.
Ayant fait l’objet d’une émission à Canal D, dans le cadre de la série “J’ai frôlé la mort”, Hassan Laramée évoque qu’il a flirté avec l’au-delà à au moins six reprises. Notamment lorsque le véhicule adapté dans lequel il se trouvait a frappé un orignal, ou encore quand il s’est affaissé sur une route glacée à la suite d’une sortie en solitaire avec son fauteuil roulant.
Mais entre ces tragédies évitées de justesse, s’entremêlent des rêves et réalisations que plusieurs jugeaient inaccessibles, comme chasser le chevreuil, faire du surf, enseigner le basket et créer des œuvres d’art.
“Je suis loin de me considérer comme un artiste; je ressens même le syndrome de l’imposteur. Mais j’aime essayer de nouvelles choses.”
“La vie est un univers de possibilités. Je comprends mal les gens qui n’ont pas de passion ou d’intérêt quelconque. En cherchant un peu, chacun peut s’accomplir et trouver du plaisir dans un domaine”, fait-il valoir.
Des proches partis trop vite
Ayant perdu plusieurs proches en l’espace de quelques mois, dont son père Yvon (ancien maire d’Eastman), décédé il y a exactement un an, Hassan Laramée refuse de croire que le sort s’acharne sur lui.
“Dans chaque épreuve, je m’efforce de trouver du positif. J’ai eu la chance d’être auprès de mon père durant ses derniers jours de vie, et même s’il était dans le coma vers la fin, je continuais de lui parler. Ça m’a permis d’être en paix avec son départ”, raconte-t-il avec franchise et émotion.
“Des gens m’ont déjà dit que mes dessins les inspiraient. J’espère que mon livre aura le même effet. Si ça peut encourager quelqu’un à changer et à voir son quotidien de façon plus positive, j’aurai atteint mon objectif.”
