Christine Fréchette veut conquérir les régions pour sauver la CAQ

POLITIQUE. Pendant que la Coalition avenir Québec se déchirait sur le sort du troisième lien à Québec, la candidate à la chefferie de la CAQ, Christine Fréchette, était de passage à Magog, jeudi dernier (5 février), pour mousser sa candidature à titre de première ministre, un poste également convoité par Bernard Drainville.

Quelques dizaines de militants assistaient à cette rencontre se déroulant au Bistro Kóz. Cet arrêt figurait à l’agenda de la tournée des régions récemment amorcée par cette ancienne ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie. Son objectif est de remplacer François Legault, ce qui pourrait se faire si les membres de cette formation politique votent pour elle le 12 avril.

Mme Fréchette dit vouloir miser sur les régions pour relancer la CAQ. À ses yeux, l’avenir du parti passe par le développement économique régional et le soutien aux PME, notamment dans le contexte de guerre tarifaire avec les États-Unis.

Elle souhaite aussi améliorer les services publics, particulièrement en santé, en éducation et sur les routes. “Dans une époque de compressions budgétaires, il faut faire des choix”, affirme-t-elle.

Mme Fréchette se perçoit comme la femme de la situation, étant une politicienne issue des régions, détenant un profil économique fort, tout en étant pragmatique et rassembleuse.

Elle se croit bien placée pour imposer une nouvelle dynamique et repositionner un parti à la traîne dans les sondages, même à quelques mois seulement des élections automnales. “En politique, six mois, c’est une éternité, rappelle Mme Fréchette. On peut marquer une différence rapidement.”

La candidate à la chefferie se dit très touchée par la vague d’appuis provenant de son caucus (27 députés et ministres). “Ça m’envoie le message que ma façon de faire répond à un besoin”, résume-t-elle.

Le député d’Orford et ministre de la Cybersécurité et du Numérique, Gilles Bélanger, a été le premier à épauler publiquement sa collègue. Il voit en elle la meilleure option pour assurer la pérennité de la CAQ et ses chances électorales. “À un moment donné en politique, il faut se renouveler, ajoute-t-il. Christine, c’est ce renouveau-là.”

VERS UN TROISIÈME MANDAT POUR BÉLANGER?

L’avenir de Gilles Bélanger est même lié à la victoire de Christine Fréchette à la tête de la CAQ. Il confirme qu’il sollicitera un troisième mandat dans Orford si sa collègue devance M. Drainville, le 12 avril. “Elle va gagner, et je vais être à ses côtés pour la suite et pour longtemps, poursuit-il en disant que son leadership féminin représente un élément important pour son avenir politique.

À l’inverse, M. Bélanger songe sérieusement à se retirer de la vie politique avec Bernard Drainville comme chef de la CAQ.

Bélanger pourrait affronter le possible chef du Parti libéral, Charles Milliard, qui pense aussi à se présenter dans Orford. Selon le site de projections électorales Qc125.com, les Libéraux seraient largement favoris pour reprendre la circonscription. Au moment d’écrire ces lignes, le PL obtiendrait 34 % des votes, contre 27 % pour le PQ et 19 % pour la CAQ. Milliard est actuellement l’unique candidat à la chefferie du Parti libéral. Il pourrait être couronné par acclamation le 13 février prochain.