À peine retraité et déjà en campagne électorale
POLITIQUE. À 57 ans, alors qu’il vient de tourner la page sur 37 ans de carrière, Benoît Robitaille aurait pu facilement profiter tranquillement de sa retraite. Il a plutôt choisi de se lancer dans la course électorale sous la bannière du Parti conservateur du Québec (PCQ).
Natif de Montréal, M. Robitaille a occupé différentes fonctions à la Ville de Montréal, notamment à titre de col bleu, dans le domaine de la culture, puis comme contremaître.
Une promotion le conduit comme cadre civil au Service de police de la Ville de Montréal. Il a entre autres été responsable du service à la clientèle, des archives et de l’accès à l’information, puis de la vérification des antécédents judiciaires.
Il a été président de l’Association des cadres de la Ville de Montréal, un poste électif occupé pendant quelques années. Comme autre réalisation professionnelle, il a été responsable du découpage de la carte et liste électorale de la Métropole. L’heure de la retraite a sonné en décembre 2024.
Benoît Robitaille vient de s’établir à Magog après une dizaine d’années à fréquenter la ville comme visiteur et en louant des chalets les week-ends. « J’ai toujours aimé la région et sa population, résume-t-il. S’y installer est un choix logique. »
Le principal élément déclencheur pour amorcer sa première campagne électorale semble être son expérience professionnelle dans le domaine des vérifications d’antécédents judiciaires et de la protection des personnes vulnérables.
Pendant sa carrière, il a travaillé avec différentes lois touchant notamment les services de garde, les écoles et les activités sportives. Il dit avoir constaté des failles dans les mécanismes de protection, particulièrement lorsqu’il s’agit d’enfants, de personnes en perte d’autonomie ou de gens qui ne peuvent pas se défendre elles-mêmes.
Il a passé sa carrière à appliquer les règles et à observer leurs limites. Il veut maintenant avoir la possibilité de les modifier. « Je souhaite aller en politique pour faire changer des lois. »
À plusieurs reprises dans l’entrevue, M. Robitaille revient sur l’idée d’aider les citoyens, spécifiquement ceux qui ont de la difficulté à se faire entendre.
Il décrit son futur rôle de député comme celui d’une » courroie de transmission entre le gouvernement et les citoyens « , capable d’aider les personnes qui se retrouvent aux prises avec la lourdeur de l’appareil gouvernemental.
ENGAGEMENTS PRINCIPAUX
Aider les personnes vulnérables est d’ailleurs l’un de ses principaux engagements. Il place l’aide aux citoyens au premier plan, particulièrement pour la tranche de population qui a besoin d’accompagnement et les proches aidants. « Pour moi, c’est une priorité de s’occuper de ceux qui n’ont pas de voix, insiste-t-il. C’est pour ces gens-là que je vais en politique. »
La protection de l’environnement et de l’eau le préoccupe également. Il cible la préservation du lac Memphrémagog avec une approche davantage axée sur les groupes et instances locales. « Il y a beaucoup de règles qui sont venues du Québec. Je pense qu’il faut encadrer le travail des gens. Mais on doit faire ça de façon plus stratégique en misant sur les besoins régionaux. »
M. Robitaille estime que les groupes environnementaux de la région sont les mieux placés pour protéger la qualité de l’eau du lac Memphrémagog, qui représente une source d’eau potable pour quelque 170 000 Estriens. « Il faut aussi surveiller les impacts des changements climatiques et des espèces nuisibles.»
GOUVERNEMENT DE PROXIMITÉ
Benoît Robitaille et les conservateurs misent sur un gouvernement de proximité et l’autonomie régionale. Ils veulent rapprocher les citoyens des choix du gouvernement et donner davantage de poids aux communautés dans les enjeux qui les concernent.
Son concept de » gouvernement de proximité » se traduit notamment par la création de tables régionales en divers domaines. L’objectif de M. Robitaille consiste à faire participer les acteurs socioéconomiques du milieu aux décisions « plutôt que de tout décider à Québec ».
« Nous, ce qu’on propose, c’est une structure gouvernementale qui est beaucoup plus proche des contribuables, spécifie-t-il. Il faut éviter que des fonctionnaires prennent les décisions, mais plutôt des tables régionales qui sont formées de citoyens, autant pour l’environnement, l’éducation que la santé. »
« Ce n’est pas vrai que dans Orford, le Bas-Saint-Laurent, en Gaspésie, à Montréal, à Québec ou en Outaouais, ce sont les mêmes problèmes et les mêmes besoins, ajoute le candidat conservateur. On doit être plus stratégique, plus habile, puis il faut être cohérent aussi. Ça a l’air complexe, tout ça, mais je pense qu’on peut le faire. »
Si vous aviez 100 millions de dollars à investir exclusivement dans Orford, où mettriez-vous cet argent?
« Je veux vraiment voir mon rôle comme une courroie de transmission entre le gouvernement et les citoyens. Moi, je déciderais avec les gens. D’abord, je ferais une consultation. Je verrais avec les gens ce dont ils ont besoin. L’aide à la protection du lac Memphrémagog serait sûrement bonifiée. »
Quel dossier actuellement sur la table dans Orford vous déplaît le plus?
« Pour l’ensemble du Québec, ce sont tous les changements que le gouvernement a faits durant les dernières années. Toutes les modifications que les élus font, je trouve qu’ils ne répondent pas aux besoins et ce n’est pas assez adapté aux régions. Ce qui me déplaît, c’est la façon qu’on traite les régions. À Orford, comme ailleurs, ce n’est pas suffisamment basé selon le profil des communautés. »
Pourquoi les électeurs d’Orford devraient-ils vous choisir plutôt qu’un autre candidat?
« Moi, ce qui me motive, c’est vraiment l’aide. C’est ce que j’ai fait pendant 37 ans quand je travaillais à la Ville de Montréal. C’était d’aider les citoyens collectivement et individuellement. Je désire aussi être sur le terrain, surtout que j’habite la région depuis cette année et que je veux m’impliquer dans la communauté. Je souhaite influencer sur des enjeux nationaux, mais également m’engager au niveau local. «
