Rue du Lac : la longue histoire d’une petite rue

Le Reflet du Lac
Rue du Lac : la longue histoire d’une petite rue
Photo prise au lendemain de l'incendie du Café du quai, début décembre 1976. À l'arrière-plan, le point de départ du quai, connu sous le nom de quai MacPherson. À gauche, l'ancienne résidence de la famille Ball, et à droite, la fabrique de liqueurs douces d'Alfred Frenière. (Photo : gracieuseté : SHM, Fonds Jean-Maurice Lapalme)

L’actuelle rue du Lac, menant autrefois au quai MacPherson et aujourd’hui le site de condominiums haut de gamme, a déjà joué un rôle essentiel dans le développement économique et commercial de Magog.

Déjà, vers 1870, on  retrouve des activités de moulin à scie à l’extrémité sud de la future Lake Street, à proximité de la rive. Un premier moulin, ayant appartenu à plusieurs propriétaires au cours des ans, est démoli en 1895, puis un nouveau est construit. C.A.K. MacPherson, de Georgeville, en fait l’acquisition de John Taylor and Son, en 1902. À la suite d’un accident de travail, MacPherson vend le commerce à son fils Colin, en 1915. Ce dernier le transfère à ses fils Lorne et Alexander, dans les années 1950. En 1960, Lorne devient propriétaire unique et il opère MacPherson Lumber, victime d’un violent incendie en 1964. L’année suivante, MacPherson devient le premier occupant du nouveau parc industriel.  Avec l’intention d’aménager le futur parc de la Baie-de-Magog, la Ville se porte acquéreur des terrains laissés vacants.

L’arrivée du chemin de fer en décembre 1877 accentue les activités économiques de cette rue. L’année suivante, Ralph Merry V convainc Sir Hugh Allan, propriétaire des bateaux de croisière, Mountain Maid et Lady of the Lake, de construire un quai face à la station du chemin de fer, ce qui est fait l’année suivante. Le 2 juin 1883, le conseil de la municipalité du canton de Magog se prononce officiellement en faveur d’une rue reliant la rue Main avec le chemin de fer, le moulin à scie et le quai. Essentielle à l’économie du village, elle porte désormais le nom de Lake Street. En 1904, le conseil de ville autorise la relocalisation du quai dans le prolongement de cette  rue,  site d’une activité commerciale importante vers la Nouvelle- Angleterre, Sherbrooke et Montréal.

Un commerce de grain (feed store) a pignon sur la rue du Lac depuis le début du XXe siècle. En 1919, il est acquis par Ezra Ball, un fermier venu d’Austin en 1917. Le 1er juillet 1920, sa femme, Anna Westover, avec l’aide de ses deux filles Muriel et Mildred, aménage dans la résidence familiale située  au coin sud-est des rues Principale et du Lac, un salon de thé de première classe, le «Korneryn Tea room», et quelques chambres sont offertes aux touristes. Au milieu des années 1940, Guy Cabana fait l’acquisition du commerce de grain, qu’il opère pendant plusieurs années sous la raison sociale Magog Grain and Provision.

À l’intersection nord-ouest des rues Principale et du Lac, Howard Richard Standish, dès le début des années 1920, et plus tard son fils Malcolm, opèrent un prospère commerce d’instruments aratoires et de machineries de ferme. Ils sont représentants pour McCormack, Deering et International Harvester. Ce site est aujourd’hui occupé par Remax.

Dans les années 1940, Joseph-Alfred Frenière fonde une manufacture d’embouteillage de boissons gazeuses du nom de Gai-T à plusieurs saveurs, dont les plus connues sont le Cream Soda et à l’orange. En 1952, il est embouteilleur autorisé des breuvages Glaco, Manning et Grapette. Pour concurrencer ses compétiteurs, il offre la livraison à domicile. Son fils Maurice prendra plus tard la succession de son père.

Dans les années 1940-1950, un dépanneur est aménagé par le couple Fontaine près de la gare, au coin sud-ouest de la rue du Lac. Il passera plus tard aux mains de Ronald Descôteaux qui y opère un restaurant et une salle de billard, jusque dans les années 1970.

Une populaire boîte à chansons, le Café du quai, est aménagée dans l’ancienne meunerie. Initiative de Richard Pouliot et de Claude Gravel, l’inauguration a lieu fin janvier 1972. Les Richard et Marie-Claire Séguin, Jim Corcoran, Bertrand Gosselin, Raoul Duguay et Claude Meunier viennent roder leurs spectacles. Elle est détruite par un incendie début décembre 1976.

L’auberge La Lanterne, située sur le chemin de Georgeville, alors propriété des frères Daniel et Christian Rodrigue, est rasée par un incendie en janvier 1977, et la Poupée adjacente trois ans plus tard. En janvier 1984, ils inaugurent le disco-bar La Lanterne sur la rue du Lac dans les anciens locaux des  Frenière. Cette populaire discothèque sera en opération jusqu’à la fin des années 1990.

À la suite des travaux d’aménagement du parc de la Baie-de-Magog depuis 1965, l’extrémité sud de la rue du Lac et le passage à niveau menant au quai sont fermés vers 1974. Tous ces anciens bâtiments sont aujourd’hui disparus, sauf celui de H. R. Standish & Son, maintenant occupé par Remax. Le Végétarien est inauguré en 1998, et la gare est  démolie en 2001.

 

Maurice Langlois

Serge Gaudreau

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Paul
Paul
23 jours

Super article! Merci!

Martin Frenière
Martin Frenière
23 jours

Merci pour cette belle page d’histoire de mon ancien quartier.