Une vie fascinante résumée en 225 pages

Par Patrick Trudeau
Une vie fascinante résumée en 225 pages
France Dumas Dion a reçu le premier exemplaire de son livre «Sur le fil de nos vies», presque cinq ans, jour pour jour, après le décès de son mari. (Photo : Le Reflet du Lac – Patrick Trudeau)

MÉMOIRES. France Dumas Dion a dû faire beaucoup d’efforts afin de résumer en «seulement» 225 pages ses 47 années de vie commune avec André Dion, cet illustre ornithologue et vulgarisateur décédé en juillet 2016, à l’aube de ses 95 ans.

Lorsque Mme Dion a eu en main le premier exemplaire de son livre «Sur le fil de nos vies», le 9 juillet dernier, cela faisait pratiquement cinq ans, jour pour jour (10 juillet 2016), que son mari nous avait quittés.

Avant de partir pour le grand voyage, André Dion avait fait promettre à sa conjointe d’écrire leurs mémoires, afin de laisser une sorte d’héritage littéraire.

«Cinq jours après son décès, je me suis mise à mon clavier et j’ai écrit pendant trois ans et demi, jusqu’à ce que la pandémie vienne stopper le processus. J’ai recommencé il y a quelques mois et, avec l’aide d’un graphiste, j’ai réussi à tout compléter en 54 jours. J’ai maintenant l’impression d’avoir bouclé la boucle avec ce dernier ouvrage».

Durant leur vie commune, les Dion ont mené à terme une multitude de projets, dont la publication d’une vingtaine de livres, la création de l’outil pédagogique «Auto-correct-Art» (écoulé à 3 millions d’exemplaires) et la vaste opération visant à favoriser le retour du merle bleu en sol québécois. «Grâce au travail de nos 450 membres (de la Fondation France et André Dion) et avec l’implication du milieu scolaire, nous avons réussi à fabriquer et installer 10 000 nichoirs pour attirer le merle bleu. Et il est revenu», se réjouit France Dumas Dion.

«Écrire nos mémoires est un travail qui a demandé beaucoup d’humilité. Nos âmes sont mises à nu dans ce livre et on y raconte quelques chapitres de nos vies respectives, avant notre rencontre. André a eu une existence tumultueuse et certains vont être surpris de découvrir sa folle jeunesse», estime-t-elle.

 

Actif jusqu’à la toute fin

Personnage haut en couleurs, André Dion a toujours été très actif, même durant ses derniers moments. Dix jours avant son décès, il faisait du kayak et continuait de prendre des marches, selon son épouse. «Il était atteint de deux cancers, mais il avait refusé tout traitement de chimiothérapie. Il avait plutôt décidé de faire un jeûne, uniquement avec des fruits, et ça avait duré 63 jours. J’ai essayé de faire la même chose, mais je n’étais plus capable après 10 jours», lance France Dumas Dion.

Elle-même une force de la nature, Mme Dion continue d’entretenir la volière à ciel ouvert qu’elle a minutieusement aménagé avec son conjoint en 1999, sur leur propriété du Domaine Parc Estrie.

À 82 ans, elle semble plus active que jamais. «L’an dernier, j’ai pris des cours de boxe, et durant l’hiver, je suis allée patiner plusieurs fois au sentier glacé de Magog. Ça faisait 40 ans que je n’avais pas mis mes patins. J’ai aussi pris des cours de tango et je devrais reprendre mes cours de claquette en septembre», enchaîne cette dynamique octogénaire.

«Je prépare aussi des fiches, semblables au projet «Auto-Correct-Art», pour aider les aînés à maintenir leurs fonctions cognitives. Dès cet automne, je devrais amorcer mes visites dans les résidences pour personnes âgées», ajoute-t-elle du même souffle.

«J’ai l’impression que ça roule à 300 milles à l’heure dans ma tête, alors il ne faut pas que j’arrête. J’ai juste parfois un peu de difficulté à trouver des partenaires pour le tennis», conclut-elle en riant.

Pour commander le livre: fdion971@gmail.com.

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