Une première canadienne au lac Memphrémagog: des bouées intelligentes pour détecter plus rapidement les sources de pollution

Par Dany Jacques
Une première canadienne au lac Memphrémagog: des bouées intelligentes pour détecter plus rapidement les sources de pollution
La professeure Céline Guégen (Département de chimie de la Faculté des sciences de l’Université de Sherbrooke) et Jean-Pierre Perreault (vice-recteur à la recherche et aux études supérieures de l’Université de Sherbrooke) expliquent le fonctionnement d’une bouée équipée d’instruments de mesure. (Photo : Le Reflet du Lac – Dany Jacques)

ENVIRONNEMENT. Le lac Memphrémagog devient le premier plan d’eau transfrontalier parmi les 37 au pays à se doter de bouées flottantes équipées d’instruments de mesure, dont l’objectif est de surveiller sa santé et la qualité de ses eaux en temps réel 365 jours par année.

Élus estriens et scientifiques de l’Université de Sherbrooke étaient réunis au quai MacPherson mercredi matin (21 juillet) afin de lancer un Observatoire permanent interdisciplinaire au lac Memphrémagog.

Le but consiste à collecter des données probantes et scientifiques durant toute l’année afin de connaître plus réellement l’état de santé de ce plan d’eau. Une première bouée est déjà installée pour mieux prévenir, comprendre et détecter les sources de pollution. 5 à 10 bouées devraient s’ajouter pour accentuer la compréhension biologique du lac.

Élus et scientifiques ont profité de la tribune pour rappeler l’importance de conserver l’excellente qualité de cette source d’eau potable, qui alimente plus de 175 000 Estriens. Voilà pourquoi le vice-recteur à la recherche et aux études supérieures de l’Université de Sherbrooke, le professeur Jean-Pierre Perreault, croit nécessaire d’investir dans le futur.

«Il faut accentuer la vigilance, car ce lac est néanmoins menacé par plusieurs facteurs, comme des apports excessifs de phosphore, la présence d’espèces envahissantes, le développement des algues bleu-vert, les activités récréatives, l’agrandissement du dépotoir de Coventry au Vermont et les rejets de produits toxiques comme les PFAS, prévient-il. Ajoutons à cela les impacts des changements climatiques.»

M. Perreault assure que ces études n’augmenteront pas la pile de rapports rédigés sur le lac Memphrémagog et qui s’accumulent depuis des décennies. «Nous allons être complémentaires, tout en allant dans la même direction que les Municipalités, les organismes comme le MCI ou d’autres scientifiques qui étudient ce même lac, spécifie-t-il. Même l’Université de Burlington, au Vermont, collaborera à la collecte de données afin d’obtenir un portrait du côté américain. On va tous se parler pour mieux comprendre, même en hiver, car nous n’avons actuellement aucune collecte de données par temps froid.»

RIGUEUR ET SCIENCES

Un suivi permanent, rigoureux et scientifique en continu  sera effectué par une équipe multidisciplinaire composée d’experts en génie, en sciences, en droit, en sciences humaines et en environnement. Ce sont ces gens qui analyseront les données récoltées par les bouées équipées d’échantillonneurs d’eau et de trappes à sédiments qui permettront l’analyse et le suivi temporel des contaminants dans le lac.

Une école d’été pour les étudiants des cycles supérieurs sera mise sur pied afin de les sensibiliser à l’écosystème complexe et fragile du lac Memphrémagog.

La mairesse de Magog apprécie grandement cette annonce. Vicki-May Hamm croit que les résultats donneront un portrait encore plus juste, plus scientifique et plus rigoureux de l’état de santé du lac. «On va pouvoir également intervenir plus rapidement lors d’épisodes de cyanobactéries ou de la présence de contaminants chimiques dans notre eau potable», atteste-t-elle.

 

 

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Claire Garon
Claire Garon
4 jours

Que la science soit avec nous!