Incendie majeur du centre-ville: des assureurs pourront poursuivre leurs procédures contre la Ville de Magog

Par Pierre-Olivier Girard
Incendie majeur du centre-ville: des assureurs pourront poursuivre leurs procédures contre la Ville de Magog
L'incendie du centre-ville a complètement démoli trois bâtiments du centre-ville, dont l'édifice Deragon, aujourd'hui remplacé par le bâtiment érigé par le Groupe Custeau. (Photo : gracieuseté – Archives/Marco Bergeron)

JUSTICE. La Ville de Magog n’a pas réussi à convaincre la Cour Supérieure de rendre irrecevables des avis de compagnies d’assurances qui ont pris action contre elle à la suite de l’incendie majeur survenu au centre-ville en octobre 2018, dans lequel quatre bâtiments ont été incendiés.

La Municipalité prétendait que les avis de Groupe Ledor et Promotuel avaient été envoyés trop tardivement, c’est-à-dire au-delà des 15 jours après les événements, qui ont été causés probablement par la chute d’un poteau électrique. Toutefois, le juge a rejeté cette prétention, affirmant que les assureurs ont agi dès le moment où ils ont appris que la responsabilité d’Hydro-Magog pouvait être engagée dans l’affaire, puisqu’un transformateur appartenant à l’entité magogoise se trouvait sur le poteau en question.

On apprend d’ailleurs qu’un expert en sinistre embauché par un assureur aurait reçu une information voulant qu’Hydro-Magog ait eu connaissance que le poteau était brisé à sa base et en aurait même avisé Bell. C’est à ce moment que l’expert considère qu’Hydro-Magog est potentiellement impliqué, non pas comme propriétaire du poteau, mais pour son rôle auprès de la compagnie de télécommunications.

La Municipalité a aussi échoué dans sa demande de rejet, puisque la juge Johanne Brodeur a conclu que peu d’arguments ont été soumis pour soutenir cette demande. «La procédure, les pièces et l’interrogatoire au préalable démontrent qu’il ne s’agit pas d’une procédure manifestement mal fondée. Il y a eu perte de biens mobiliers et immobiliers à la suite d’un incendie majeur et la Ville admet être, via sa division Hydro-Magog, propriétaire du transformateur situé dans le poteau dont la propriété reste à établir», affirme la magistrate.

Dans le jugement, il est indiqué que 39 avis d’assureurs ont été envoyés à la Ville de Magog avant ou vers le 1er novembre 2018.

Rappelons que l’incendie du centre-ville survenu le 18 octobre 2018 a réduit en cendre 15 logements et six commerces de la rue Principale Ouest. Une vingtaine d’occupants se sont retrouvés à la rue, tandis qu’un pompier a frôlé la mort après avoir chuté du toit d’un des bâtiments en flammes.

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alain milette
alain milette
4 mois

Oh boy !!! On a pas fini d’en entendre parler de celle-là.
Je trouve bizarre que l’expert se penche sur la responsabilité du transformateur alors qu’on ne semble pas blâmer le poteau de Bell. Hydro Magog avait fait le nécessaire en les avisant du bris à la base, bizarre aussi de dire que ce n’est pas clair à qui appartient le poteau, de mémoire c’était un poteau Bell. Et quand on connait Bell un peu, on peut comprendre pourquoi le poteau était dans cet état, il suffit de regarder un peu partout en ville pour constater la désuétude des infrastructures du parc Bell, Hydro Magog s’améliore en changeant plusieurs de ses poteaux mais il en reste beaucoup. Un autre fait à ne pas négliger, on a rajouter du poids en installant de nouveaux torons et ligaturer beaucoup de fibre optique depuis 25 ans et sans enlever les vieux câbles de cuivre entre autre devenus inutiles dans plusieurs quartiers, regardez simplement la grosseur des poteaux d’aujourd’hui, ils sont dans les normes ce qui n’est pas le cas avec des centaines de poteaux plantés depuis 40-50 ans. Ce sera long, très long.

Daniel Gagnon
Daniel Gagnon
4 mois

L’incurie et la négligence de la Ville de Magog dans ce dossier de l’incendie d’un bâtiment historique au centre-ville semblent être pointées du doigt ainsi que son peu de souci pour notre patrimoine et le cachet historique magogois: La Cour Supérieure donne raison aux assureurs. Que penser de cette attitude irresponsable de la Ville de ne pas s’inquiéter rapidement de la sécurité de nos bâtiments identitaires? Est-ce ainsi qu’on rénove un centre-ville historique en ne veillant pas à la sécurité de nos édifices patrimoniaux? Et de l’autre main permettre la construction en hauteur d’édifices insipides et banals, en dérogation de nos règles d’urbanisme?

Last edited 4 mois by Daniel Gagnon
Daniel Gagnon
Daniel Gagnon
4 mois

Peu importe à qui appartenait le poteau, pourquoi la Ville de Magog n’a-t-elle pas réagi? Il y avait potentiellement danger : le terrible incendie par la suite l’a tragiquement prouvé. Il était irresponsable de la part de la Ville de Magog de se croiser les bras en attendant de trouver qui était le propriétaire du poteau. Il ne sert rien de s’entre-accuser quand il y a le feu. En tout cas, dans ce fameux poteau dangereux, il est clair que le transformateur, qui a allumé l’incendie et jeté vingt personnes à la rue, appartenait à la Ville de Magog.

Last edited 4 mois by Daniel Gagnon
Nicole Côté
Nicole Côté
4 mois

La fuite par le 15 jours . Good si un juge considère que c’est ridicule ce délai. J’ai connu ce hors délai il y a quelques années . Qu’elle assume la ville.

Lorne Carter
Lorne Carter
3 mois

Can victim’s of the fire sue the ville de Magog?I lost everything I owned in that fire.