Le projet Rossy adopté de justesse

Par Dany Jacques
Le projet Rossy adopté de justesse
Voici la version la plus récente qui a été autorisée sur division par le conseil municipal, lundi dernier. (Photo : gracieuseté)

CONSTRUCTION. Le projet de construction d’un bâtiment commercial et résidentiel de 13,5 mètres de hauteur (4 étages) a été adopté par la peau des dents par les élus magogois, lundi dernier (3 mai).

La division régnait clairement entre les conseillers municipaux. La mairesse Vicki-May Hamm a dû trancher en faveur lors de cinq votes portant sur la hauteur des bâtiments et l’hébergement commercial au centre-ville.

Une décision détaillée

À cinq reprises, les conseillers Yvon Lamontagne, Bertrand Bilodeau, Diane Pelletier et Nathalie Pelletier ont refusé d’entériner les résolutions. Même l’ordre du jour a été contesté par ce groupe au départ de cette longue soirée, mais en vain.

À l’inverse, les élus Samuel Côté, Jean-François Rompré, Jacques Laurendeau et Nathalie Bélanger ont favorisé les modifications des règlements d’urbanisme permettant cet investissement prévu entre 10 et 12 M$ au 494, rue Principale Ouest.

Les opposants déplorent notamment que les règlements d’urbanisme de la Ville se calquent sur la vision d’un seul et unique promoteur. D’aucuns préféraient un règlement global plutôt que par adresse. La hauteur irrite également certains élus, tout comme le risque de perdre le cachet du centre-ville. Briser la trame et la hauteur moyenne des bâtiments les inquiète.

Les élus en faveur souhaitent plutôt stimuler le développement économique en densifiant davantage le centre-ville avec un «beau bâtiment». Ils apprécient également le contrôle de l’hébergement commercial, qui sera plus limité qu’au début de cette controverse. Permettre la variation des hauteurs sur la rue Principale emballe quelques élus.

Les principaux changements apportés depuis le début de l’année sont, notamment, le retrait d’une terrasse sur le toit de l’ancien Rossy et la désignation de 23 bâtiments de la rue Principale où les propriétaires pourront demander une hausse à 13,5 mètres sur 4 étages, intégrée dans un projet particulier de construction (PPCMOI).

Le 4e étage du projet Rossy devra respecter un recul d’au moins 2,5 mètres afin d’éviter qu’il soit trop visible de la rue Principale.

Ces règlements concernant la hauteur s’accompagnent d’un usage sur la location à court terme. Cet hébergement commercial de type AirBnB sera permis à l’ancien Rossy et ex-Ressourcerie, mais pas sur tout le territoire du centre-ville. L’autorisation de cette vocation a été retirée à certains endroits. Cette location à court terme sera permise aux nouvelles constructions seulement, incluant le site de l’ancien garage Esso situé au coin des rues Merry et Principale

Les dés ne sont toutefois pas encore jetés, car ces résolutions seront soumises à une consultation écrite entre les 6 et 20 mai. Les citoyens sont invités à soumettre leurs opinions sur le sujet. Ce processus de consultation comprendra, comme d’habitude, la possibilité de demander un registre. L’adoption finale est prévue en juin prochain.

Plus de détails dans notre version imprimée de mercredi.

 

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Nikos
Nikos
13 jours

I think this huge thing is gonna destroy the « charme » of this Street. But I’m not the Boss….
What’s next, a Sky scraper like Burj Khalifa?

MLeclerc
MLeclerc
13 jours
Répondre à  Nikos

Ce serait tellement affreux de voir ce bâtiment dès l’arrivée sur la rue Principale… Tout le cachet du centre-ville serait brimé par ce projet.

Last edited 13 jours by MLeclerc
Rider
Rider
13 jours
Répondre à  Nikos

Your comment is totally ridiculous…

Nikos
Nikos
13 jours
Répondre à  Rider

Haha, I wrote that with a wink 😉

I love the vintage buildings in our town, to bad the new ones all look the same …more or less.

Ken
Ken
13 jours
Répondre à  Nikos

Seriously???? 1 extra floor and you compare it to the 163 floors Burj Khalifa? The only thing it will destroy when completed is your exageration. The « charme » is made with materials used for buildings, people walking around and the convivial atmosphere of the street. Nice building for me.

Colette Charron
Colette Charron
13 jours

Le 4e étage est beaucoup mieux cette fois en verre, cela crée moins d’impact visuel que le plan précédent. C’est un très beau bâtiment.

Monalex
Monalex
12 jours
Répondre à  Colette Charron

Tout le monde n’a pas les mêmes critères de beauté.

L.Béland
L.Béland
13 jours

Je n’ai jamais cru aux hommes ou femmes d’affaires qui se lancent en politique. Ils font des affaires, point à la ligne. Une rhétorique d’affaires. Au diable le citoyen qui voudrait vivre dans une ville paisible habitée par ses concitoyens et non par des touristes, une ville qui ne devient pas  » un club tout inclus » à ciel ouvert. Densifier le centre-ville ? Déjà congestionné en permanence. Faire des règlements au cas par cas, par adresse, vraiment ?

ti be
ti be
13 jours

Bienvenue a Magog a tous les promoteurs.Chez-nous ont ajuste les reglements en fonction de vos projets.

Audrey
Audrey
13 jours

haha… pourquoi les flèches pour tourner sur la rue sont à l’envers ? Sinon, c’est un beau bâtiment, mais ça clash quand même avec le reste du centre-ville…

Xavier.landry_22@hotmail.com
Xavier.landry_22@hotmail.com
13 jours

Depuis quand le rez-de-chaussée compte pour un étage ????

Xavier.landry_22@hotmail.com
Xavier.landry_22@hotmail.com
12 jours

Le bâtiment à 3 étages et non 4. Merci d’apprendre à compter comme il faut 🙂🙃 !!

Monalex
Monalex
12 jours

Comment défigurer une ville qui avait un certain charme.

Jacques Dupont
Jacques Dupont
7 jours
Répondre à  Monalex

Bonjour. Vous aviez pris la peine de commenter mon long texte il y a quelques jours. Faute de pouvoir l’éditer, j’ai du l’effacer, avec le votre, pour en publier un nouveau. Je m’en excuse.

Last edited 7 jours by Jacques Dupont
trackback
Projet Rossy: le promoteur vise un début de chantier pour l'automne - Le Reflet du Lac
12 jours

[…] Voir autre texte ici. […]

Louise Lortie
Louise Lortie
12 jours

Tellement laid de voir ce gros édifice sur la rue principale ça gâchera tout le cachet.

Rider
Rider
12 jours
Répondre à  Louise Lortie

mais de quel « cachet » vous parlez ?

trackback
Décision détaillée sur la hauteur des bâtiments et la location à court terme au centre-ville - Le Reflet du Lac
12 jours

[…] Une décision sur division […]

trackback
Quatre élus craignent la spéculation immobilière au centre-ville - Le Reflet du Lac
12 jours

[…] Un conseil divisé […]

Jacques Dupont
Jacques Dupont
8 jours

RUE PRINCIPALE DE MAGOG – LA BRÈCHE EST OUVERTE!

Selon le bon vieux principe qui veut que « tout ce qu’il est permis de faire se fera un jour », on peut anticiper que cette artère bien spéciale de Magog ne sera plus jamais ce qu’elle était, ni non plus ce qu’elle aurait pu devenir après un spectaculaire effort de revitalisation. Dans dix ans à peine, d’un projet particulier à un autre, on ne la reconnaîtra plus. Et ce n’est certes plus pour son cachet que visiteurs et citoyens viendront y déambuler.

Tout s’est passé à toute vitesse en une seule séance du conseil de ville, le 3 mai 2021. Une séance qui fut disgracieuse et pénible à regarder, tant y apparaissaient la division profonde des conseillers et l’intention de la mairesse d’en finir au plus vite en utilisant son vote d’arbitrage final. Vous pouvez consulter ici la rediffusion de cette assemblée:

https://www.ville.magog.qc.ca/ville-de-magog/conseil-municipal/#visionnez-seances-conseil-municipal

Il aura donc suffi qu’un seul promoteur immobilier soit prêt à proposer du hors norme pour initier la brèche dont il deviendrait lui-même le premier bénéficiaire, et ouvrir la boîte à Pandore. Ce faisant et de façon bien surprenante d’ailleurs, il a même eu droit à des louanges bien senties de quelques conseillers, juste pour ne pas avoir été aussi exigeant qu’il aurait pu l’être (!). En ont découlé une batterie de nouveaux règlements et contrôles, à la pièce, et à la va-vite. 

Et nous voilà maintenant avec deux catégories de bâtiments (et de propriétaires!) sur la rue principale: ceux qui doivent rester comme ils sont (patrimoniaux et condamnés à la non-croissance ) et ceux qui ont gagné à la loterie – une vingtaine –  qui pourront augmenter leur rentabilité par des excroissances architecturales de tout acabit. On oublie d’un seul coup harmonie, homogénéité, cachet, élégance, tradition, sans oublier équité, tous des vilains mots devenus vieux-jeu et anti-progrès. La mode est à la densification. Et en plus de ce tri initial (dont on ne connaît encore rien des modalités) il y aura une étude complémentaire de la Ville, au cas par cas. Un dédale administratif, des projets particuliers à droite et à gauche, une porte ouverte aux manigances, un cadeau empoisonné pour les prochains administrateurs, sans parler des tensions entre voisins-propriétaires de classes différentes. Mais surtout, voilà qu’un ensemble urbain unique, dont la valeur patrimoniale – tel un bon placement – croissait tout naturellement avec le temps, se voit affublé de l’étiquette en voie de disparition

Nonobstant le nombre d’étages et le désormais célèbre et subtil décalage optique en toiture, je reviens à titre strictement personnel sur le look de l’édifice post Rossy proposé (disons le Mothership, en attendant de connaître son nom). Regardez bien la photo du projet; bien franchement, si vous trouvez qu’il est en harmonie avec le reste de la rue… il se vend de belles lunettes un peu plus loin, vous avez oublié le sens du mot harmonie, ou vous êtes de mauvaise foi. Aucun de ces facteurs n’étant à éliminer d’office. Cet édifice écrase tout autour de lui et crie: REGARDEZ-MOI!
Ironie du sort, dans quelques années –  si la tendance se maintient –  un Mothership #2 viendra le supplanter, plus gros et plus clinquant. Et pourquoi pas en face de la gracieuse Maison Merry, par exemple? Tout peut arriver.

Je sais que tous les goûts sont dans la nature, mais mélanger matériaux, volumes et couleurs, tel un cube de Rubik ou un banal condominium qui aurait pris de l’embonpoint, ne garantit nullement la pérennité d’un édifice à vocation urbaine.

Je n’ai vraiment aucun doute qu’on puisse architecturer avec plus de… retenue. Si l’on pouvait seulement encadrer la démarche avec équité, logique et cohérence.

D’ailleurs, à l’autre bout de la rue, un nouvel édifice en fin de construction semble déjà avoir fait son nid, tout en douceur et sans créer de controverses; et juste en face, il suffit de passer la porte pour quitter Magog… et humer les arômes d’Italie.

Une question (longue) se pose:
Pourquoi changer à tout jamais le statut urbain de toute une rue principale, pour satisfaire un projet particulier hors-norme, contre l’avis du Comité consultatif d’urbanisme, sur une décision partagée du conseil de ville, sur une opinion publique fortement divisée, en concoctant des règlements à la pièce, sans équité apparente pour les propriétaires concernés, et en fin de mandat de l’administrateur en chef de la ville?

Et une plus courte:
Est-il trop tard pour faire mieux?

En cette période de surchauffe extrême des secteurs « immobilier » et « construction », c’est plutôt de rigueur et de cohérence dont on avait besoin pour éviter le Far West. Pas d’un accueil à bras ouvert au Royaume de la dérogation.

N’aurait-il pas fallu patienter un peu pour qu’un plan d’urbanisme actualisé, rigoureux et équitable, soit instauré et applicable dans l’harmonie?

Que le « projet Rossy » ait pu satisfaire les critères d’intégration de la ville, a de quoi inquiéter les moins sceptiques d’entre nous.

Toutefois, les citoyens ont encore jusqu’au 20 mai pour faire connaître leur avis.

https://sway.office.com/AEHIdhXmR5QDeB0o