Internet haute vitesse dans Memphrémagog: une concurrence réclamée pour offrir des prix convenables

Par Dany Jacques
Internet haute vitesse dans Memphrémagog: une concurrence réclamée pour offrir des prix convenables
Le président et directeur général de l’entreprise EBOX, Jean-Philippe Béïque, souhaite instaurer la concurrence pour faire baisser les prix dans la région. (Photo : gracieuseté)

TÉLÉCOMMUNICATIONS. Un fournisseur indépendant du service Internet haute vitesse veut casser rapidement un risque de monopole dans la région de Memphrémagog afin de maintenir des prix concurrentiels.

Le président et directeur général de l’entreprise EBOX, Jean-Philippe Béïque, souhaite prévenir les coups. Selon lui, la présence d’un petit joueur, comme sa compagnie, est primordiale pour offrir des prix convenables aux consommateurs.

L’annonce du 13 mars de Québec et d’Ottawa l’inquiète. Il rappelle que le CRTC oblige les plus grands fournisseurs à donner accès aux plus petites compagnies à leurs infrastructures afin d’ouvrir la porte à la concurrence.

«On souhaite participer à ce développement, surtout que nous avons déjà quelques milliers de clients dans la région de Magog. On observe cependant quelques embûches, car on nous refuse un accès à la fibre optique pour des raisons techniques, privant ainsi les consommateurs des avantages d’une saine concurrence», s’inquiète-t-il.

En d’autres termes, il dénonce le «monopole» actuellement donné à Cogeco Connexion dans la MRC de Memphrémagog, surtout avec des subventions publiques de 23 M$. «Il faut offrir des prix convenables, surtout si l’argent provient des contribuables», prévient-il.

Béïque cite l’exemple de l’Abitibi, où l’arrivée de petits joueurs a brisé un monopole et fait baisser les prix de 25 à 50%.

Le député prône la patience

Le député d’Orford, Gilles Bélanger, prône la patience. Également adjoint parlementaire du premier ministre du Québec pour le volet Internet haute vitesse, il assure que les grands joueurs, comme Cogeco, ont l’obligation de partager leurs infrastructures afin de créer une saine concurrence. «C’est inscrit dans nos contrats, mais le dossier est encore jeune, spécifie-t-il. La fibre n’est même pas encore déployée.»

En mars, un regroupement de 17 petits fournisseurs québécois (40 000 clients en région) dénonçait le fait qu’aucun petit joueur n’avait été invité à la table des négociations pour l’Opération haute-vitesse Canada-Québec.

Dans Memphrémagog, les deux gouvernements viennent d’annoncer quelque 23 M$ pour brancher plus de 3000 foyers d’ici septembre 2022. L’entreprise Cogeco Connexion déploiera 750 km de fibre optique pour joindre les résidents pas ou mal desservis pour la haute vitesse.

 

Pas de monopole selon Cogeco

L’entreprise Cogeco Connexion refuse de parler de monopole. Par voie écrite, elle écarte cette situation «puisque rien n’empêche d’autres fournisseurs d’offrir leurs services sur un même territoire».

«En ce qui concerne nos infrastructures, elles sont déjà disponibles à de plus petits fournisseurs de service Internet et vous pouvez retrouver toute l’information à ce sujet ainsi que les tarifications d’accès sur notre site Internet», ajoute la porte-parole Anastasia Unterner.

Cogeco prévoit offrir des forfaits à un coût identique à ceux déjà offerts par la compagnie. Elle ajoute qu’elle a toujours eu «à cœur de se dédier à ses communautés et de réduire le fossé numérique entre les villes et les régions».

La date des premiers branchements demeure inconnue. Cogeco débutera avec un inventaire sur le terrain, pavant ainsi la voie à une mise en service progressive se terminant au plus tard en septembre 2022.

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Claire Garon
Claire Garon
14 jours

Bravo pour monter au front!
Sinon,oui, on va finir par amener internet haute vitesse pour tous mais à quel prix!
Scandaleux pour un service essentiel et pour faire faire de l’argent à de futurs contributeurs aux caisses électorales.
Échanges de ‘bons procédés’ vs libre-marché

Jean Marie
Jean Marie
13 jours

Au Canada les monopoles sont accepter et personnes ne semble s’y objecter. Bell Canada… les telephones cellulaires, et l’internet. On paie une tonne d’impots mais on n’a tres peu de libertes dans certains cas. Ca fait quasiment 20 ans que j’ai quitte le quebec… et ayant vecu ailleurs dand le monde ou l’on a le choix entre diveses compagnies pour choisir notre internet et nos services cellulaires je ne comprends pas que les quebecois continuent a accepter les monopoles qui nous vide les poches.