Être Grand Frère pour redonner au suivant

Par Dany Jacques
Être Grand Frère pour redonner au suivant
Jayden Garand et son «parrain» Georges Desthain. (Photo : gracieuseté)

SOCIÉTÉ. Georges Desthain s’inspire de sa propre expérience comme jeune Congolais pour offrir aujourd’hui la meilleure expérience possible de parrainage à un Magogois de bientôt huit ans.

Georges est un mentor associé à l’organisme Grands Frères et Grandes Sœurs de l’Estrie. Son jumelage avec Jayden Garand est son second avec ce regroupement, même s’il habite Magog depuis 2018 seulement.

«Je suis arrivé au pays avec presque rien et 47 $ dans mes poches, témoigne-t-il. Le Canada m’a tout donné avec des assurances et du travail, ce qui m’a permis d’acheter une maison. Je fais du bénévolat pour redonner à la société.»

Cet engagement se traduit par un jumelage avec Jayden depuis trois mois environ. Pandémie oblige, les rencontres se font à l’aide des ordinateurs pour échanger ou jouer à des jeux deux fois par semaine en moyenne. Selon M. Desthain, cette formule est pour l’instant satisfaisante pour donner du répit à la mère et offrir une présence masculine au jeune qui souffre d’un père absent.

«L’important consiste à créer un lien de confiance, observe Georges Desthain. Il sera toutefois encore plus facile de lui permettre de découvrir le meilleur de lui-même avec des activités et des sorties en présentiel. On pourra alors se voir plus souvent et plus longtemps.»

Cet adulte d’aujourd’hui a probablement atteint lui-même cet objectif à l’âge de 11 ans. Habitant alors en Afrique avec des parents séparés, c’est son frère de 13 ans qui l’aidait notamment à faire ses devoirs. «J’ai vécu une situation semblable, admet-il. Je me considère bien placé pour conseiller Jayden, mais je crois que ça fait l’affaire pour nous deux, surtout pour briser l’isolement créé par le crise sanitaire.»

Jayden Garand apprécie sa relation avec son mentor. Du haut de ses 8 ans en avril prochain, il dit considérer Georges comme un authentique grand frère. «Je me sens bien et en sécurité avec lui, confie-t-il. J’aime jouer à des jeux virtuels et bientôt marcher à l’extérieur avec lui.»

 

Un long processus de recrutement

Georges Desthain prévient les hommes et les femmes intéressés par ces jumelages «qu’on ne devient pas mentor du jour au lendemain». Les candidats doivent passer à travers un recrutement très sévère, de longues procédures et suivre une formation. Ils doivent montrer patte blanche avant de se voir confier un enfant. L’organisme scrute à la loupe le passé des candidats et même leurs dossiers criminels, le cas échéant. Des visites à domicile ont lieu pour vérifier la propreté des lieux.

«Il faut par la suite instaurer un climat de confiance avec le jeune et les parents pour amorcer le jumelage», précise-t-il.

Georges Desthain invite les candidats de la région à se manifester nombreux afin de combler un réel besoin.

La directrice des Grands Frères et des Grandes Sœurs, Stéphanie Derby, amorce d’ailleurs un déploiement des services de l’organisme dans toute la MRC de Memphrémagog. «Nous sommes présents à Sherbrooke et en Estrie depuis quatre décennies, détaille-t-elle. On cherche des candidats pour étendre notre champ d’action, surtout qu’il n’y a que trois jumelages actifs dans la région de Memphrémagog.»

 

Les Grands Frères et Grandes Sœurs en quelques lignes :

  • Cet organisme existe depuis 40 ans en Estrie
  • Il offre divers services de mentorat pour les jeunes âgés de 7 à 17 ans
  • Les services sont bilingues
  • Depuis l’automne 2020, un nouveau programme de mentorat intergénérationnel a été créé dans la MRC de Memphrémagog. Il vise à jumeler des jeunes avec des mentors âgés de 55 ans et plus
  • Le groupe souligne l’appui financier du Ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale en collaboration avec la MRC de Memphrémagog
  • Information et inscription au www.gfgsestrie.ca  ou au 819 822 3243, poste 102
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