On parle de grève dans le réseau de la santé

Boris Chassagne, Initiative de journalisme local
On parle de grève dans le réseau de la santé
Récemment, des membres de l'APTS Estrie ont manifesté devant les bureaux du député de Granby et ministre des Transports, François Bonnardel. Si rien ne bouge dans les négociations, l’Alliance pourrait bien en faire la question de l’urne et obtenir un mandat de grève dès la mi-mai. (Photo : Gracieuseté-APTS)

RELATIONS DE TRAVAIL.  L’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) lance un avertissement au gouvernement Legault. Réunie en conseil général, l’APTS affirme avoir en main une proposition mandat de grève de 10 jours à soumettre à ses 60 000 membres.

L’Alliance estime que le processus de négociation amorcé il y a 16 mois et de médiation lancé en janvier dernier fait du sur place. Si rien ne bouge, l’Alliance pourrait bien en faire la question de l’urne et obtenir un mandat de grève dès la mi-mai. L’APTS consulterait les membres du CIUSS de l’Estrie – CHUS dès la mi-avril.

«Le gouvernement Legault refuse toujours d’étudier certaines des propositions du syndicat touchant l’amélioration des conditions de travail. Ça fait 16 mois que nous tentons de négocier avec le gouvernement Legault. Pire, les propositions évoquées par le Conseil du trésor constituent des reculs majeurs», a indiqué Danny Roulx, répondant national de l’APTS pour la région de l’Estrie.

L’APTS cite les primes COVID et escalier de 100 $ par semaine, le temps supplémentaire et les sommes allouées à la formation.

Encore 18 jours

Il reste encore 18 jours au calendrier du processus de médiation. Mais, on sent que l’élastique est sur le point de céder et le processus de médiation s’enlise. «Nous avons négocié de bonne foi. Nous avons priorisé nos demandes. Nous avons travaillé dans un contexte pandémique où l’on a suspendu les droits inclus dans notre contrat de travail. Nous tenons le réseau à bout de bras depuis des années, réforme après réforme, et ce, au détriment de notre santé physique et mentale. Comment le gouvernement nous remercie-t-il pendant la pandémie? En refusant de nous accorder les primes COVID dans les centres hospitaliers, en donnant de juteux contrats au secteur privé et en faisant reculer nos conditions de travail. C’est méprisant et insultant», ajoute M. Roulx, de l’APTS Estrie.

Le gouvernement Legault chercherait notamment à faire passer la journée normale de travail à 12 heures selon l’APTS. «Une telle proposition porte atteinte à la santé et aggraverait l’état d’épuisement de ses membres qui luttent depuis près d’un an. La pénurie de main-d’œuvre est généralisée dans l’ensemble du CIUSSS de l’Estrie – CHUS, les listes d’attente s’allongent, la surcharge de travail touche tous les titres d’emploi et l’autonomie professionnelle de nos membres est constamment bafouée. Nos membres ont le réseau à cœur, veulent l’amélioration des services, et diminuer les listes d’attentes. Ça passe par l’attraction et la rétention de personnel», lequel déserte le réseau devant de telles conditions de travail», explique Danny Roulx. «Ce qu’on veut, c’est sauver le réseau et le remettre sur pied.»

L’APTS regroupe des milliers de diplômés universitaires et du collégial regroupés autour de 76 corps de métier du réseau de la santé et des services sociaux. 86 % des membres de l’APTS sont des femmes qui travaillent en outre, dans les laboratoires et en imagerie médicale, en réadaptation, en nutrition, dans les services psychosociaux, de prévention et de soutien clinique par exemple. Parmi elles, des techniciennes en génie biomécanique, des physiothérapeutes, ergothérapeutes et des travailleuses sociales. « La plupart de nos membres donnent des services directs à la population. Si une grève est déclenchée, le premier ministre Legault n’aura que lui-même à blâmer», a conclu le porte-parole de l’APTS Estrie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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