Websérie «Savoir vivre»: un vidéaste seul au monde à Fitch Bay

Par Pierre-Olivier Girard
Websérie «Savoir vivre»: un vidéaste seul au monde à Fitch Bay
Le cinéaste Vincent Lafrance est aussi l'acteur principal de cette websérie. (Photo : gracieuseté – Vincent Lafrance)

CULTUREL. Une maison de Fitch Bay et les paysages des alentours ont servis de lieu de tournage d’une nouvelle websérie intitulée «Savoir vivre». Un projet imaginé, écrit, tourné et réalisé en grande partie par le principal acteur visible à l’écran, Vincent Lafrance

Vidéaste de carrière, Vincent Lafrance est aussi professeur de photographie au Collège Champlain. C’est d’ailleurs en cherchant un pied à terre temporaire dans la région que le Montrélais est tombé sur cette propriété du Canton de Stanstead.

Armé seulement de son équipement de tournage et sa créativité, il s’est laissé porter par l’ambiance des lieux pour donner vie à son projet, qui a nécessité plus de 60 heures de tournage. «C’est l’histoire d’un artiste qui a arrêté de créer et qui repense à son passé. La narration en fait se passe dans le futur. Comme bien des gens dans le domaine des arts visuels, on vit souvent des doutes à l’idée que notre carrière est peut-être terminée. En général, ça prend beaucoup de temps pour se l’avouer et c’est sur ce drame que les gens s’identifient beaucoup, à la lumière des commentaires reçus jusqu’à présent», raconte Vincent Lafrance.

«Je parle aussi de la culture hédoniste entourant le vin et la nourriture, sur l’idée que notre société a déplacé son érudition. On ne lit plus de livre ou de poésie, mais on connaît tous les vins et les restaurants», poursuit-il.

 

Seul a monde

Vincent Lafrance décrit son projet comme de l’«autofilmage», puisqu’il a lui-même tenu le rôle de caméraman pour la majorité de scènes. Ce qui explique pourquoi les plans sont généralement statiques.

«J’étais seul avec une caméra, un trépied et une perche pendant deux mois. C’était quand même un challenge, que ce soit pour tourner les séquences de ski ou simplement pour faire attention aux traces de pas dans la neige quand je reprenais une scène. En étant seul, j’ai pu improviser et écrire l’histoire au fur et à mesure. Et de le faire à mon rythme, sans dépendre de personne.»

Cette liberté a aussi un prix, car selon le vidéaste, il est plus difficile pour les projets indépendants d’être diffusés. Pour l’instant, la websérie est disponible gratuitement sur son site Internet vincentlafrance.com.

 

En quête des festivals

Les épisodes seront bientôt sous-titrés en anglais pour être soumis à différents festivals à travers le monde. «J’aimerais bien que la série vive en Europe francophone comme la Suisse, la Belgique et la France. Il y un caractère exotique avec la région, les paysages magnifiques et la frontière des États-Unis à Stanstead. Juste avec le territoire, il y truc assez fascinant. Et toute la coloration s’est faite dans un gros studio, alors les images sont assez léchées et soignées, ce qui met vraiment en valeur ce coin bien méconnu, mais si magnifique», décrit-il.

Notons que ce projet, réalisé au coût de 30 000 $, a été entièrement financé par le Conseil des arts du Canada.

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