Hausse marquée des cas d’agressions sexuelles et maltraitance chez les enfants dans Memphrémagog

Par Pierre-Olivier Girard
Hausse marquée des cas d’agressions sexuelles et maltraitance chez les enfants dans Memphrémagog
Le directeur de la Régie de police Memphrémagog, Guy Roy (Photo : Le Reflet du Lac – Archives/Pierre-Olivier Girard)

BILAN 2020. Les mouvements de dénonciation ces dernières années ont eu leurs répercussions jusque dans la région alors que la Régie de police de Memphrémagog (RPM) constate une hausse de plaintes en matière d’agression sexuelle et de maltraitance envers des enfants.

Dans son bilan de 2020, le service policier dénombre plus d’une cinquantaine de dossiers en semblable matière comparativement à une trentaine (moyenne annuelle) au cours des dernières années. Toutefois, le directeur Guy Roy se montre prudent dans l’interprétation de ces statistiques. «À mon avis, il n’y a pas plus d’agressions, mais davantage de dénonciations qu’auparavant. Avec les différents mouvements de dénonciation comme «#MeToo», les gens sont beaucoup plus sensibilisés à l’importance de dénoncer et les parents sont aussi plus attentifs au comportement de leur enfant», constate-t-il.

Pour expliquer cette hausse, Guy Roy croit également que la population a davantage confiance au système judiciaire, même si ce dernier est loin d’être parfait à son avis. Chose certaine, le directeur constate que les victimes sont beaucoup mieux accompagnées de nos jours. «Les intervenants de la région travaillent beaucoup plus en collaboration. Il y a encore place à amélioration, notamment pour la transmission d’informations. Mais si je regarde ce qui se faisait il n’y a pas si longtemps, c’est une énorme amélioration et on s’en va vers le mieux.»

Le directeur croit d’ailleurs que les ressources locales devraient beaucoup s’inspirer d’un regroupement mis en place dans la région de Québec, appelé le SIAM, où tous les services pour l’accompagnement d’enfants victimes de maltraitance et d’abus, sont regroupés sous un même toit. «Là-bas, quand un dossier est dénoncé, tout le monde travaille dans une proximité qui permet une approche plus humaine pour les victimes, avec une efficacité plus grande que le travail en silo. Je sais qu’en région, c’est plus difficile à appliquer. Mais on se doit de trouver un système qui évite aux jeunes victimes de se promener, d’une adresse à l’autre, pour rencontrer tous les intervenants impliqués.»

 

Dénoncer, au moindre doute

Affirmant que les cas d’agression et de maltraitance surviennent autant dans les milieux défavorisés qu’aisés, le grand patron de la RPM rappelle que toute la population a un rôle à jouer. «Je pars toujours avec le principe du moment où une personne se pose la question à savoir si elle devrait dénoncer ou non, la réponse est évidente; il faut appeler la police, soutient le chef Roy. On est mieux de faire une enquête sur une situation non-fondée que de se dire, pour le restant de ses jours, j’aurais peut-être dû appeler.»

«Généralement, les plaintes se font de manière anonyme. Mais si on a affaire à un incident grave, la police aura besoin d’une déclaration du plaignant et possiblement de son témoignage en cour. Est-ce que cela devrait freiner les gens pour autant? Pas du tout! Il faut arrêter de se cacher ou d’avoir peur de représailles. Le système de justice est là pour protéger autant les victimes que les témoins. Il faut faire confiance et dénoncer au moindre doute», répète-t-il.

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