Consultation publique sur l’avenir du centre-ville de Magog: des élus demeurent sur leur appétit

Par Pierre-Olivier Girard
Consultation publique sur l’avenir du centre-ville de Magog: des élus demeurent sur leur appétit
La mairesse de Magog, Vicki-May Hamm (Photo : Le Reflet du Lac - Archives)

POLITIQUE. Au-delà de ses enjeux, la plus récente consultation organisée par la Ville de Magog (voir autre texte) a lancé un débat inattendu sur la place publique, alors que certains élus ont remis en doute la représentativité des opinions exprimées lors de cette soirée virtuelle du 2 février dernier.

Dans les heures suivant cette rencontre portant sur la hauteur des bâtiments et la location court terme au centre-ville, à laquelle ont pris part une soixantaine de personnes, quelques conseillers ont décidé de relancer le débat sur les médias sociaux.

Sur leur page Facebook personnelle, ces élus ont demandé à leur «communauté» de s’exprimer sur ce dossier en estimant que la consultation n’avait pas été représentative, selon eux, des opinions de l’ensemble de la population.

La mairesse de Magog, Vicki-May Hamm, fait partie de ceux qui sont restés sur leur appétit. Selon elle, la séance a été «monopolisée» par un groupe d’intérêt et des citoyens très articulés, laissant peu de place aux autres participants. «Ces gens ont le droit de s’exprimer et ils ont soulevé des points intéressants. Mais je n’ai pas eu l’impression, comme d’autres élus et citoyens, d’avoir eu le pouls de l’ensemble de la population. C’est comme lorsqu’on fait un sondage et qu’on se demande si l’échantillonnage est représentatif. Je trouve que l’échantillonnage de la consultation était faussé», affirme-t-elle.

Vicki-May Hamm assure que son observation n’a rien avec son opinion personnelle sur le projet. «C’est faux de penser que je suis restée sur mon appétit parce que je ne suis pas contente des résultats, insiste-t-elle. Si je fais un parallèle avec le même type de consultation qui s’est tenu sur un projet de construction sur François-Hertel, je faisais partie de celles qui trouvaient l’idée intéressante à la base. Mais le soir de la consultation, plusieurs personnes touchées directement par le projet ont exprimé leur désaccord. Pour moi, c’était une lecture juste et le message était clair. Mais là, pour le centre-ville, je n’ai pas ça et c’est ce qui me dérange.»

 

Le temps de s’ajuster

Vicki-May Hamm insiste pour dire que son observation est loin d’être un désaveu à l’égard de la nouvelle politique de consultation mise en place par la Ville de Magog. «Quand la politique a été mise sur pied, personne ne s’était imaginée qu’elle serait appliquée en pleine pandémie, avec des consultations sur Internet. À mon avis, ça change la donne», croit la principale intéressée.

«En présentiel, les gens viennent au micro, ont un temps limite pour s’exprimer et je m’assure de donner la parole à tout le monde qui le désire. Mais en virtuel, j’ai zéro contrôle sur le clavardage. C’est un des exemples qui m’amène à croire que nos outils actuels ne sont pas utilisés de façon optimale. On est encore dans le processus d’implantation de la politique, alors c’est le temps de faire des ajustements.»

Il serait toutefois bien étonnant que le conseil municipal décide de porter ce dossier jusqu’à un référendum, comme l’ont demandé certains citoyens.

C’est du moins l’avis de Mme Hamm. «Un référendum, c’est très coûteux et habituellement, ça fait déplacer les gens qui ne sont pas en faveur. Je suis une fille qui essaie de chercher les compromis, alors quand le conseil aura mis la main sur le rapport de la consultation et en aura discuté, j’ai bon espoir qu’on trouvera un chemin d’entente, même si je sais que la décision ne sera pas unanime et consensuelle», prévoit-elle.

 

Chapeau aux promoteurs

La conseillère municipale Nathalie Bélanger figure également parmi les élus qui sont ressortis insatisfaits de la consultation. «Qu’on aime ou pas les médias sociaux, ceux-ci demeurent en temps de pandémie, où ne peut pas se voir ni se déplacer, un complément très intéressant à notre politique de consultation. Et ce n’est pas parce qu’on consulte sur Facebook que l’on balaie du revers de la main tout ce qui a été dit lors de la consultation», soutient la politicienne.

Tout en laissant la porte ouverte à des changements, Mme Bélanger affirme être en faveur du projet de M. Belval qui aura, selon elle, un impact positif pour la vitalité du centre-ville. «Ça vient me chercher profondément de voir tout ce que nos restaurateurs et commerçants vivent et endurent depuis trois ans. Comme conseillère, je me dois de mettre tout de l’avant pour m’assurer d’une reprise économique le plus rapidement possible, dit-elle. Il faut arrêter de voir nos promoteurs négativement et de leur mettre des bâtons dans les roues. Ces gens sont des partenaires d’affaires avec lesquels je dois travailler en m’assurant que leurs objectifs répondent aux miens. Nous avons de super beaux projets à Magog, alors travaillons tous ensemble pour les réaliser. Des promoteurs qui ont le goût d’investir en temps de pandémie, je leur lève mon chapeau!»

Même si elle est la seule à s’être officiellement lancée dans la course à la mairie pour les élections de novembre prochain, Mme Bélanger n’a pas voulu s’exprimer en tant que candidate sur ce dossier. «Je ne suis pas encore en campagne électorale. Le jour où je le serai et que je présenterai ma plateforme, je ferai connaître ma position avec plaisir comme candidate à la mairie», conclut-elle.

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