TRIBUNE LIBRE: Hauteur des bâtiments au centre-ville : quelques élus et la consultation citoyenne déraillent

David Morin
TRIBUNE LIBRE: Hauteur des bâtiments au centre-ville : quelques élus et la consultation citoyenne déraillent

Le 2 février dernier, la Ville de Magog a tenu une consultation citoyenne concernant la hauteur des bâtiments et la location à court terme au centre-ville. Lors de cette consultation (que l’on peut visionner en ligne), un consensus ralliant le plus grand nombre des citoyens s’étant exprimés ce soir-là s’est dégagé pour limiter à 12 m (3 étages) la hauteur des bâtiments du centre-ville.

Le lendemain matin, quelques élus insatisfaits des résultats, et qui avaient donné leur avis avant même la consultation, ont toutefois contesté la «représentativité» de celle-ci et lancé une discussion parallèle sur les réseaux sociaux.

Il n’y a aucun mal à vouloir entendre plus de citoyens. Tout le monde a le droit d’exprimer son opinion. Pour ma part, je pense que trois étages sont un bon compromis pour garantir un développement économique et harmonieux du centre-ville. Alors que quatre étages, justifiés surtout par la rentabilité au pied carré des investissements des promoteurs, font courir des risques sur le potentiel de développement ultérieur, côté rue et côté rivière, de notre centre-ville. Là n’est toutefois pas la question centrale de cette lettre.

Le problème est qu’avec leur vox pop parallèle, ces élus ont fait dérailler le processus de consultation sur le fond et sur la forme.

D’abord, en posant une question sur le projet de l’ancien Rossy et non pas sur la hauteur des bâtiments pour la rue Principale, ils font exactement l’inverse de ce que le conseil a demandé : s’entendre d’abord sur la hauteur des bâtiments pour le centre-ville avant de débattre du projet spécifique de l’ancien Rossy, qui sera d’ailleurs présenté bientôt. Le projet particulier d’un promoteur est donc en train de déterminer le sort et les standards pour tout le centre-ville. Alors que ce devrait être l’inverse.

Ensuite, on peut se demander au nom de qui parlent ces quelques élus et qui ils représentent au juste : eux-mêmes, la ville, le promoteur? En demandant à des gens sur leurs réseaux sociaux de se prononcer sur un projet, présenté de façon simpliste et sans fournir toutes les informations nécessaires, ils donnent l’impression de défendre publiquement le projet d’un promoteur avant la consultation sur celui-ci. Cela contribue à alimenter la méfiance des citoyens à l’égard de l’administration municipale.

Enfin, je ne m’étendrai pas sur la pertinence d’utiliser ce genre de vox pop sur une page Facebook. D’une part, parce que cela donne toujours lieu à des débordements. D’autre part, parce que les résultats ne sont pas fiables. Les gens sont-ils favorables au projet avec 3 ou 4 étages? Leur réponse s’applique-t-elle à ce projet seulement ou à toute la rue? Difficile de le savoir et de croire à des résultats crédibles et transparents fournis par des élus qui ont un biais favorable au projet. A ce compte-là, pourquoi ne pas faire un référendum? L’enjeu est justifié et la question simple : trois ou quatre étages pour les bâtiments au centre-ville? Les Magogois décideront.

On peut s’étonner que la mairesse se fasse l’écho d’une telle démarche inappropriée d’un petit groupe d’élus qui déroge aux principes élémentaires d’une consultation citoyenne. La mairesse ne devrait-elle pas plutôt défendre le processus de consultation qu’elle a mis en place et lancé avec fierté? Pour une grande ville comme Magog, ce manque de cohérence et de jugement semble problématique sur le plan de la gouvernance municipale et de la démocratie locale.

La confiance dans les institutions est une chose fragile. Nous avons beaucoup de respect et de considération pour le travail important et difficile de nos élus. Mais ce n’est pas la première fois qu’une consultation citoyenne déraille à Magog. Et qu’une minorité d’élus  semble confondre son point de vue, les intérêts d’un promoteur et l’intérêt public. Cette façon de procéder fait mal au conseil municipal, contribue à polariser les citoyens et ne ressemble pas à un travail d’équipe au service de notre ville. En ces temps difficiles, nous aurions besoin davantage de l’unité et de l’intérêt collectif que la mairesse et son équipe sont censés incarner.

David Morin

Magog

 

 

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Claire Garon
Claire Garon
24 jours

Bravo David, bien dit!(et écrit!)

Sylvain Longpre
Sylvain Longpre
24 jours

La ville de Magog n’a jamais réussi à sortie de la gestion de village et demeure le plus grand village du Québec. C’est pas nouveau. Malheureusement plusieurs décisions importante sont prises sur de critères émotionnels, plutôt que sur la base de répondre aux aspirations de la majorité des citoyens. Donc la minorité dérangeante dirige la prise de décisions. La majorité des élue se lancent en  politique avec un désir noble de servir la communauté, malheureusement parfois, le désir de rester en poste les empêchent de prendre les bonnes décisions pour la majorité silencieuse, mais moins populaire auprès de certains groupes bruyants et donc plus dommageable politiquement. Pour diriger une VILLE, il faut avoir du courage politique, parfois il me semble en manquer.

Claire Garon
Claire Garon
24 jours
Répondre à  Sylvain Longpre

Oui absolument

alain milette
alain milette
24 jours

Je suis bien d’accord avec vous monsieur Morin. Je me répète mais le dossier pour construire un complexe de deux glaces à La Ruche est un bel exemple du manque de consultation et d’acceptation citoyenne, un projet souvent défendu par les élus suite à certaines oppositions mais jamais présenté en détail au public.

Claire Garon
Claire Garon
24 jours
Répondre à  alain milette

Oui vraiment

Daniel Gagnon
Daniel Gagnon
24 jours

Bravo à David Morin.

Dans cette lettre, on voit très bien mis en relief le style de gestion de cette mairie qui trop souvent, et presque toujours, fonctionne avec un agenda secret, consultant la population souvent simplement pour l’amener à son idée première (l’exemple de la destruction de l’Îlot Tourigny est un exemple dramatique de cette gestion parallèle).

Je cite cet excellent passage qui montre bien du doigt un des défauts majeurs de cette Mairie, sa manipulation de l’information et sa grande surdité aux voix des citoyennes et citoyens magogois :

« On peut s’étonner que la mairesse se fasse l’écho d’une telle démarche inappropriée d’un petit groupe d’élus qui déroge aux principes élémentaires d’une consultation citoyenne. La mairesse ne devrait-elle pas plutôt défendre le processus de consultation qu’elle a mis en place et lancé avec fierté? Pour une grande ville comme Magog, ce manque de cohérence et de jugement semble problématique sur le plan de la gouvernance municipale et de la démocratie locale. »

Il est bien de dénoncer cette gestion fermée qui fait fi des règles les plus élémentaires de démocratie citoyenne et qui manipule l’opinion publique en sa faveur en faisant mine d’être à l’écoute.

C’est tout à fait la marque de l’administration de la mairesse Vicky Hamm.
Les résultats sont toujours du côté de la destruction du paysage urbain, comme on le voit depuis les trop nombreuses années de l’administration désastreuse de la mairesse Hamm.

Mia
Mia
24 jours

… et vlan dans les dents Magog !!
Merci mr David !!

François Faucher
François Faucher
23 jours

Bien dit, David. Vous mettez le doigt sur une attitude de notre Conseil de Ville de faire fi de l’opinion des citoyens et parfois, dans le cas de l’îlot Tourigny d’aller même contre les recommandations du Comité consultatif d’urbanisme. Et que dire du report à l’infini de la consultation sur le plan d’urbanisme alors que les promoteurs font accepter toute sortes de modifications anarchiques sous le regard servil des conseillers et de notre mairesse. Et quand un organisme comme Collectif du Quartier des Tisserands passe par des demandes d’accès à l’information comme le prévoit la loi, il se fait régulièrement référer à la Commission provinciale d’accès à l’information qui tarde des mois avant de répondre contrairement à ce qui se passe dans plusieurs municipalités comparables. Et durant ce temps, certains élus se donnent le privilège ce bafouer une consultation organisée par la Ville même…

Étienne
Étienne
23 jours

En circulant sur la rue principale par un après midi ensoleillé d »hiver, il m’est apparu que de pemettre une hauteur de 4 étages pour les bâtiments coté rivière ne ferait qu’ajouter de l’ombre aux commerces en face. Déja que le soleil est rare en hiver…

La rue Wellington à Sherbrooke serait représentative de ce à quoi pourrait ressembler notre rue principale, sombre!