Refus du financement du complexe deux glaces à Magog: déception dans le milieu sportif

Par Pierre-Olivier Girard
Refus du financement du complexe deux glaces à Magog: déception dans le milieu sportif
Renaud Légaré et Ghislain Héroux (Photo : Le Reflet du Lac - Dany Jacques)

SPORTS. Le milieu sportif magogois compare à une gifle en plein visage le refus du gouvernement de financer le complexe à deux glaces à La Ruche (voir autre texte). Les dirigeants du hockey mineur, du club de patinage artistique et des Cantonniers de Magog sont extrêmement déçus.

Le directeur général de Hockey Magog, Ghyslain Héroux, parle d’un cul-de-sac après tant d’années de travail. «On ne réglera même pas le problème du manque de glace en modernisant l’actuel aréna, s’inquiète-t-il. Quel sort réserve-t-on à nos jeunes?

Il rappelle que les inscriptions sont à hausse. Une augmentation est à prévoir depuis la récente fusion du hockey civil et scolaire. «On a réellement besoin d’une seconde glace, insiste-t-il. La mise aux normes de l’aréna ne passe pas seulement par le changement du système de réfrigération, sinon on risque un gel et même une baisse dans nos inscriptions.»

Héroux rappelle que des jeunes hockeyeurs devaient régulièrement se rendre à l’aréna Pat-Burns de Magog avant la pandémie, tout comme les vendredis soir au Complexe sportif Thibault de Sherbrooke. Un manque de disponibilité de glace explique ces déplacements.

Hockey Magog prévoit recruter quelque 400 jeunes dès la reprise des activités.

 

Renaud Légaré

Le président des Cantonniers de Magog, Renaud Légaré, digère mal «le tournage en rond» du même dossier depuis 2013. «C’est plus que l’heure de prendre une décision une fois pour toutes, car nous sommes sur le respirateur artificiel», prévient-il.

Légaré rappelle l’importance d’améliorer le désuet système de réfrigération. Il cible également une série de mise aux normes à l’intérieur de l’aréna, incluant de nouveaux vestiaires et une seconde glace à proximité pour augmenter les heures de glace. «Ça va tout de même coûter des millions, spécifie-t-il. On aurait été mieux avec le visionnaire projet du complexe à deux glaces à La Ruche, surtout que tous les complexes similaires au Québec se construisent à deux pas d’une école.»

Il demande au gouvernement de distribuer rapidement l’enveloppe de 70 M$ pour soutenir les artisans du sport, du loisir et du plein air qui ont été durement touchés par la pandémie. Cette annonce du gouvernement avait été faite en octobre dernier pour aider des organismes comme celui des Cantonniers.

«Où sont les 58 M$ restants après la distribution d’un million pour chaque équipe de la LHJMQ, qui sont pourtant des entreprises privées qui recrutent de plus en plus d’étrangers au lieu de nos Québécois pure laine?», se questionne-t-il.

 

Carl Perreault

Le président du Club de patinage artistique (CPA) de Magog, Carl Perreault, mise toujours sur un complexe à deux glaces à La Ruche, même si ses espoirs diminuent avec les années.

Sans observer actuellement des contraintes à l’aréna de la rue Saint-Alphonse, M. Perreault voit tout de même son nombre d’inscriptions plafonner à une centaine. «Je favorise toujours l’option de La Ruche pour encourager la pratique de plusieurs sports, incluant les activités scolaires, plaide-t-il. Notre ratio d’utilisateurs versus les heures de glace disponibles est plus faible qu’à Sherbrooke. Il faut le hausser pour faire bouger davantage nos jeunes et développer nos élites sportives.»

Il ajoute que des installations modernes permettraient également de présenter des compétitions régionales et provinciales.

Carl Perreault recommande de maintenir la pression pour ajouter un complexe deux glaces aux récentes installations sportives déjà en place à La Ruche (piscine, gymnase, salle de gym, terrain extérieur synthétique et piste athlétisme synthétique).

 

Un opposant persiste et signe

Le citoyen Alain Millette demeure vivement opposé à l’option de La Ruche. Il préfère la modernisation de l’actuel aréna pour éviter de couper trop d’arbres à proximité de l’école secondaire. Il suggère aux élus de comprendre le message de ce second refus en autant de demandes. Il réclame une consultation publique si les élus conservent l’option de La Ruche, pour que toute la population ait son mot à dire.

«Le terrain convoité est inadéquat, prévient-il. Jamais vous n’allez couper 16 000 mètres carrés de bois, jamais, c’est une promesse que je fais aux autres citoyens.»

 

Autre texte sur le sujet:

Jean-Guy Gingras demeure optimiste

Partager cet article
S'inscrire
Me notifier des
guest
1 Commentaire
plus ancien
plus récent plus voté
Inline Feedbacks
Voir tous les commentaires
Gilles Pouliot
Gilles Pouliot
2 mois

https://img-s-msn-com.akamaized.net/tenant/amp/entityid/AAwv6Ge.img?h=40&w=138&m=6&q=60&o=f&l=f&f=png
Temps difficile pour les arénas

 Tommy Brochu, initiative de journalisme local – La Tribune

Les temps sont difficiles pour les arénas privés, qui sont souvent des organismes sans but lucratif (OSBL). Les frais fixes des installations demeurent élevés et les revenus sont inexistants en cette période pandémique, où les sports d’équipes sont interdits.
https://img-s-msn-com.akamaized.net/tenant/amp/entityid/BB1dnYoE.img?h=532&w=799&m=6&q=60&o=f&l=f
© Photo La Tribune, archives Certains établissements sont en situation précaire à cause de la pandémie.
Selon le président de l’Association québécoise des arénas et des installations récréatives et sportives (AQAIRS), Marc-Émile Dionne, certains établissements peuvent être en danger. 
« Ils pourraient fermer au même titre qu’un restaurant ou un commerce, car ils n’ont plus de revenu », estime-t-il, ajoutant que de mémoire, aucun aréna n’a déclaré faillite dans les dernières années. 

« Il n’y a pas de programme de subvention, déplore le président de l’AQAIRS. Pour les arénas municipaux, ça peut entrer dans l’argent octroyé par le gouvernement pour les frais de COVID. Dans le cas du privé, il n’y a pas de programme, sauf les mesures salariales et le prêt sans intérêt. »
M. Dionne conseille donc aux coordonnateurs des arénas privés de demander de l’aide aux municipalités qu’elles desservent. « Peut-être pas pour un remboursement complet, mais pour voir comment on peut au moins amenuiser certains frais », demande-t-il. 
Selon Marc-Émile Dionne, ces installations ont une importance dans la population qu’elles desservent. « Souvent, les arénas sont vus comme des lieux communautaires. Il y a souvent des salles, il y a diverses activités. C’est le cœur de la municipalité pour le loisir. Quand ça ferme, ça a un impact sur la communauté », exprime-t-il, rappelant qu’il y a quelques mois à peine, plusieurs arénas peinaient à pallier à la demande. 
Selon M. Dionne, seulement 10 % des arénas du Québec sont des OBNL ou des entreprises privés. Les autres appartiennent aux municipalités.