COVID-19: «Souvent, les jeunes disent qu’il n’y a pas de problème et c’est faux»

Par Pierre-Olivier Girard
COVID-19: «Souvent, les jeunes disent qu’il n’y a pas de problème et c’est faux»
Docteur Alain Poirier. (Photo : gracieuseté)

PANDÉMIE.  La fête illégale qui s’est déroulée tout récemment à Sainte-Catherine-de-Hatley (voir autre texte) n’est évidemment pas passée inaperçue aux yeux de la Santé publique, qui espère que les 16 jeunes concernés et mis à l’amende auront retenu leur leçon.

Comme l’explique le Dr Alain Poirier, directeur de la Santé publique de l’Estrie, aucun suivi spécifique n’est fait à l’égard de ces fêtards, et ce, malgré les risques connus de s’être rassemblés en aussi grand nombre dans une maison.

Puisqu’aucun d’entre eux n’a été testé positif à la COVID-19 depuis les faits, ils ne sont donc pas tenus à une quarantaine obligatoire et peuvent retourner à l’école, aller au travail ou fréquenter des lieux publics, et ce, sans restriction. «Des gens qui font des gestes plus à risque, il y en a plusieurs et ils ne sont pas tous médiatisés, constate Dr Alain Poirier. La Santé publique ne peut pas faire un suivi spécifique pour chacun d’entre eux. On ne peut que répéter le message d’ordre général qui est de surveiller nos symptômes. Car s’il y avait quelqu’un d’asymptomatique dans la gang, ça peut sortir n’importe quand dans les 14 jours suivant le party.»

Ce dernier rappelle  que même les jeunes en bonne santé physique peuvent vivre avec des séquelles de la COVID-19, même si les risques d’hospitalisation pour ce groupe d’âge sont faibles. «Souvent, les plus jeunes disent qu’il n’y a pas de problème et c’est faux. 10% d’entre eux vont garder des séquelles de la maladie, soit perdre le goût ou l’odorat. D’autres vont rester fatigués et être incapables de faire du sport», observe-t-il.

«Lorsqu’il y a eu une éclosion dans notre équipe de la Santé publique, en mars dernier beaucoup de nos jeunes collègues ont été contaminés. Et plusieurs d’entre eux sont restés avec une atteinte pulmonaire, d’autres n’ont jamais récupéré le goût ou l’odorat. Ce n’est pas rien», poursuit le responsable.

Malgré ces écarts de conduite, Dr Poirier préfère voir le verre à moitié plein. Il se réjouit qu’au global, la courbe est en train de baisser dans la province. «Il y a moins de transmission. Chaque personne en infecte moins que un, ce qui est une très bonne nouvelle, se réjouit-il. Et avec la vaccination qui va finir par être offerte à tout le monde, on va être capable d’en venir à bout.»

S’il y a une lumière au bout du tunnel pour la population, difficile toutefois d’entrevoir ne serait-ce qu’un faible rayon pour le personnel de la santé, qui est déjà «brûlé» selon le directeur de la Santé publique de l’Estrie. «On a tellement pris de retard dans le soin des gens, que ce soit les tests, les diagnostics ou encore les chirurgies. Ça risque de presque des années à récupérer. Déjà que notre réseau était étiré, là, l’élastique a pété à plusieurs endroits et on a pris du retard. Disons que la montagne est encore très grosse à monter», conclut-il.

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