Des outils pour désamorcer l’effet bombe des sextos

Par Pierre-Olivier Girard
Des outils pour désamorcer l’effet bombe des sextos
Le partage d'images intimes peut mener à de graves accusations en lien avec la pornographie juvénile. (Photo : Depositphotos - ysbrand)

POLICE. Une nouvelle offensive à l’égard des sextos vient d’être lancée par les services policiers du Québec, dont la Régie de police de Memphrémagog (RPM), dans le but de limiter les dommages aux adolescents qui en sont victimes.

Contrairement à d’autres campagnes axées sur la prévention, le Projet Sexto vise à donner de meilleurs outils aux autorités et aux intervenants scolaires pour agir rapidement, lorsqu’une photo compromettante se met à circuler. Comme l’explique le policier communautaire de la RPM, Mickaël Laroche, il pouvait parfois s’écouler plusieurs mois avant qu’un dossier puisse aboutir devant la justice.

Un délai complètement insensé, selon l’agent Laroche. «Pendant ces longues procédures, les photos compromettantes demeuraient dans le cellulaire du ou des suspects. Les dommages étaient déjà faits, surtout que l’on sait qu’en seulement quelques heures, ce genre d’images peut se partager très rapidement. On peut vite perdre le contrôle», soutient-il.

Avec le Projet Sexto, une plainte est traitée beaucoup plus rapidement, soit entre quatre à six jours. On parle essentiellement des cas où le partage du contenu s’est fait de manière impulsive, sans mauvaise intention.

«Dès un signalement, il y saisie automatique des téléphones cellulaires et une plainte est déposée au service policier, explique l’agent Laroche. Les suspects sont ensuite rencontrés très rapidement pour entendre leur version des faits et vider le contenu de leur téléphone. Ils doivent aussi signer un contrat de bonne conduite. C’est une approche plus éducative.»

Quand les faits sont plus graves et dans une intention «malveillante», une enquête criminelle est lancée. Le ou les suspects peuvent être accusés de production, distribution et possession de pornographie juvénile. «Ce sont des accusations très graves», rappelle le policier, en précisant que toute personne qui partage ce type de contenu devient un suspect.

 

Dès la 6e année

Il y a à peine quelques années, le nombre de plaintes en lien avec le «sextage» était inquiétant à l’école secondaire, selon la Régie de police.

Mais grâce à des campagnes de prévention, le phénomène semble vouloir ralentir. «On commence à faire de la sensibilisation à ce sujet dès la 6e année du primaire, car le Code criminel peut s’appliquer dès l’âge de 12 ans. C’est assez surprenant que même à cet âge, plus de la moitié des jeunes possèdent déjà un téléphone cellulaire. Sans en avoir la preuve, on peut penser que nos efforts portent leurs fruits jusqu’à présent, mais il ne faut pas lâcher», conclut-il.

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