Dany Flanders commente les élections américaines en direct de la Floride

Godlove Kamwa, Initiative de journalisme local
Dany Flanders commente les élections américaines en direct de la Floride
Originaire de Stanstead, l'artiste Dany Flanders habite la Floride depuis 30 ans. (Photo : gracieuseté)

POLITIQUE. Le chanteur et promoteur immobilier québécois, Dany Flanders, utilisent le néologisme «démopublicains» pour décrire une société profondément divisée par les récentes élections américaines, dont les résultats ont déçu une bonne frange de Canadiens du Sunshine State.

Le sujet était toujours sur toutes les lèvres, mais au moment où nous mettions sous presse, la Floride a retrouvé une certaine sérénité.

«Les gens craignaient le chaos après la victoire des républicains ici, mais avec l’avance de Joe Biden, tout est calme», explique Dany Flanders, se remettant à peine de ce qu’il a vécu cette année à Jacksonville. L’artiste originaire de Stanstead qui vit dans le sud-est des États-Unis depuis 30 ans dit n’avoir jamais connu de tels extrêmes à une élection. Le juste milieu a disparu au sein des communautés exclusivement retournées en deux couleurs : le bleu et le rouge.

Pour Stéphane Beaudoin à Daytona Beach, il faut savoir prendre du meilleur et du pire de part et d’autre, mais ce restaurateur québécois redoute l’effet d’une tromperie sur la marchandise. D’ailleurs, Dany est formel sur cette conclusion selon laquelle les latinos hispaniques auraient choisi Trump à cause de la publicité attribuant à Biden un visage socialiste. Cette astuce a marché pour les Vénézuéliens, les Colombiens ou les Cubains du comté de Miami Dade qui n’aimeraient revivre les tendances communistes nulle part.

La communauté cubaine qui caractérise la Floride est historiquement républicaine.

Une partie des Latino-Américains, notamment des Portoricains, restent favorables au parti bleu, mais contrairement à 2016, ils sont impuissants devant la percée républicaine. En effet, Hilary Clinton y avait engrangé plus de 60 % de votes et ce score fut insuffisant pour remporter cet État pivot et ses 29 grands électeurs.

Des Canadiens déçus

Dans les rangs des adeptes du camp rouge qui célébraient la victoire républicaine en Floride, on retrouve un électorat canadien disparate qui a su fondre dans les souches de la société américaine. Il existe cependant une bonne poignée de Canadiens dont le sentiment anti-Trump n’a pas pesé sur la balance.

«Ils sont à 90 % démocrates», estime Dany Flanders, les pensées tournées notamment vers ceux de ses compatriotes qui vivent sur les deux côtés de la frontière. De nombreux snow-birds comme on les appelle, gardent relativement une profonde aversion contre le président sortant, celui-là même qui avait qualifié le premier ministre canadien d’hypocrite en 2018. Depuis lors, Washington et Ottawa ont nourri quelques animosités et des visions divergentes en matière de commerce et d’environnement.

Contactée à ce sujet, l’Association canadienne des snow-birds s’est montrée prudente, déclinant toute offre de commentaire concernant la politique.

Stéphane Beaudoin et les membres de sa famille ne se sont pas encore remis de la surprise des urnes, absolument aux antipodes de tous les sondages. C’est à croire que les sondés républicains étaient simplement intimidés, subodore-t-il, pour expliquer la prédominance démocrate prédite à tort. Toujours est-il que bleu et rouge ne vivent pas en communion dans les communautés. Les Canadiens interrogés y ajoutent que la vie dans ces deux couleurs est loin des restrictions du Québec. Les lieux de loisirs, restaurants et bistrots sont bien ouverts et accueillent des Floridiens qui attendent impatiemment de savoir qui reprendra la clé de la Maison-Blanche.

 

 

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Daniel Gagnon
Daniel Gagnon
5 mois

En effet, malgré son gain de la Floride, il se dessine une défaite assez cruelle pour Donald Trump, une cinglante défaite personnelle. Il enrage, il fulmine, il rue dans les brancards.
On a beau dire que le signe principal de la personnalité de Donald Trump était son côté sans-coeur et l’inaffectivité (qu’on pense aux enfants en cage aux frontières et aux 220,000 morts du Covid), il lui restait par-dessus tout le sentiment surdimensionné d’être le plus grand président de tous les temps.
Le voilà frappé en plein égo, en plein cœur de sa fantasmagorie, de ses phantasmes et de ses divagations.

Last edited 5 mois by Daniel Gagnon