On prévoit pour ce soir une séance de conseil chargée

Par le reflet du lac
On prévoit pour ce soir une séance de conseil chargée
Le maire Ernest Simard est debout au centre de la photo. (Photo : Collection Gilles Dallaire Société d’histoire de Magog)

C’est le titre à la Une de la Chronique de Magog du jeudi 4 mai 1950.

La Chronique faisait cette prédiction, car le capitaine Rouleau avait été suspendu par le maire Ernest Simard pour lui avoir manqué de respect en lui collant une contravention parce que ce dernier était mal stationné.

La suspension du constable Rouleau avait été vite rescindée, selon le Progrès de Magog, à la demande unanime du conseil municipal lors d’une rencontre spéciale qui n’a duré que quelques minutes. Le maire Simard a justifié son geste en déclarant au journaliste du Progrès de Magog, qu’il avait agi à la suite d’une série de gestes d’insubordination de la part du policier en cause.

Le Progrès de Magog titre : «$5 047 886 payés en salaire à Magog par la Textile en 1949». Ces 5 millions représentent une augmentation de près de 200% de la masse salariale de l’usine par rapport à 1944, c’est-à-dire cinq ans plus tôt. Une décision du bureau chef de la compagnie, de moderniser la machinerie, d’agrandir l’usine et d’y ajouter une nouvelle usine de fabrication de draps, de taies d’oreiller, de serviettes, etc., explique en partie cette augmentation. Le résultat de ces investissements permettra à la Textile de fonctionner 24 heures par jour avec trois quarts de travail.

La Chronique et le Progrès rapportent tous deux les résultats de l’assemblée annuelle de la Catholic Women’s League de Magog. Cette association de bienfaisance est strictement féminine et le travail fait par ces généreuses participantes est colossal. Elles distribuent des denrées aux moins fortunés, elles visitent les malades, envoient des paniers de fruits, des cadeaux des cartes de condoléances, etc. Je salue toutes ces femmes qui ont travaillé très fort à une époque où l’assistance sociale était un concept qui n’avait aucun lien avec le gouvernement.

Ce qui étonne le citoyen de l’an 2020 est la présentation des actrices de la «Catholic Women’s League». Voici une citation que nous retrouvons dans les deux journaux: «Mme Arnold Buzzell a été réélue présidente de la Catholic Women’s League.» On décrit plus loin les accomplissements phénoménaux de l’organisme et de ses membres : Mme Paul Beaudoin, Mme W. Chevalier, Mme Roméo Langlois, Mme Chester Baird, Mme Alfred Lépine, Mme Jack Shaw. Ces femmes resteront anonymes et seront connues que par leur mariage. Il est rafraîchissant de constater que dans l’organisation, il y a des femmes non mariées donc identifiées par leur propre nom : Mlle Marguerite Roy, secrétaire de l’Association, Mlle Patricia Roy, trésorière, et Mlle Mildred Donigan, conseillère.

 

En rafale

On offre un pèlerinage de 50 jours dont 5 jours à Rome et une semaine à Paris. Une occasion de visiter 20 des plus belles villes de France et d’Italie et d’avoir une audience spéciale avec le Saint-Père. Toutes dépenses de voyage comprises pour 695$. (Ou plus dépendant du luxe de la cabine…)

«Une ambulance combinée qui rend de précieux services à Magog et le district. Cette ambulance élégante et confortable est munie des plus récents perfectionnements. Il y a oxygène, elle loge deux lits ainsi qu’un lit auxiliaire facilement montable.» Cette ambulance pour transporter les malades appartient à la Cie des frais funéraires des Cantons-de-l’Est et leurs salons mortuaires rue St-Patrice à Magog. Rassurant…

 

Martin Dubé

Société d’histoire de Magog

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