Hébergement sur la rue Merry à Magog: des résidents du secteur n’en veulent pas davantage

Par Pierre-Olivier Girard
Hébergement sur la rue Merry à Magog: des résidents du secteur n’en veulent pas davantage
Cohabitant déjà avec les activités commerciales des gîtes du secteur, des résidents de la rue Merry ferment la porte à l'arrivée de nouveaux joueurs. (Photo : Le Reflet du Lac – Pierre-Olivier Girard)

LOCATION. Alors que la Ville de Magog ouvre la porte aux propriétaires demeurant dans le secteur de la rue Merry pour louer leur résidence sur une base régulière, des citoyens sont déjà à pied d’œuvre pour faire connaître leur opposition.

La démarche réglementaire entreprise par la Municipalité découle d’une demande d’un citoyen. L’idée est d’autoriser, dans deux zones distinctes de la rue Merry, des résidents de louer leur maison à court terme. Cette permission est soumise à diverses conditions, dont celle obligeant le propriétaire ou un employé d’être présent en tout temps lors de la location. Le propriétaire doit aussi obtenir les autorisations nécessaires de la Corporation de l’industrie touristique du Québec et déclarer ses revenus, découlant de cette activité commerciale.

Les zones visées sont le secteur de la rue Merry Nord (entre les rues Georges et Principale Ouest) et le secteur de la rue Merry Sud (entre les rues Bellevue et Bessette).

 

Une qualité de vie sacrifiée

Demeurant sur la rue Abbott, Jean-Claude Plante fait partie de ceux qui s’opposent à ce scénario. À son avis, cette permission risque d’avoir des impacts sur le voisinage, qui doit déjà cohabiter avec le va-et-vient généré par les quelques gites, qui se trouvent dans les environs. «Les gîtes, on compose avec cette réalité et leur cachet s’harmonise avec le caractère unique du secteur. Mais de permettre, du jour au lendemain, à des propriétaires de louer jusqu’à 9 unités par hébergement, ça me semble démesuré et injustifié», soutient M. Plante.

«Le jour où on sacrifie la qualité de vie des résidents sur des règles plus ou moins claires qui pourraient profiter à tout entrepreneur qui ne pense qu’à son profit personnel, on se doit, comme citoyen, de se lever debout et faire entendre notre message», ajoute celui qui demeure en sol magogois depuis environ deux ans.

Une pétition demandant à la Ville de Magog de faire marche arrière aurait déjà été signée par plus de 70 personnes. Une information que Le Reflet du Lac n’a toutefois pu valider.

 

«Elle va tuer notre business»

Ayant dénoncé maintes fois par le passé l’inaction de la Ville de Magog à l’égard de la location illégale qui fait mal à son entreprise, le propriétaire du gîte Au Virage, Pascal Bolduc, comprend bien mal ce nouveau rebondissement. «La Ville a déjà de la misère à gérer l’offre actuelle, dont les illégaux. Ça va être quoi après si on ajoute de nouveaux joueurs dans le marché?», s’interroge l’homme d’affaires.

«D’autant plus que l’offre actuelle est déjà saturée. Je ne sais pas pour les hôtels, mais les gîtes de Magog ont un taux d’occupation qui varie entre 50 et 60 % annuellement. C’était déjà difficile, même avant la pandémie. Si la Ville va de l’avant, elle va tuer nos «business», c’est aussi simple que ça!», prévient-il.

De plus, dans un échange de courriels avec une urbaniste à la Municipalité, Pascal Bolduc a eu la confirmation qu’outre les unités d’hébergement, un locateur pourrait offrir un service de restauration sur place, selon des normes précises.

À moins d’un changement, ce projet de règlement reviendra sur la table des élus lors de la prochaine séance du conseil municipal, prévu le 19 octobre prochain.

Partager cet article
S'inscrire
Me notifier des
guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
Voir tous les commentaires