Présentation du documentaire «Les Rose» à Magog

Par Stéphane Lévesque
Présentation du documentaire «Les Rose» à Magog
Dans le film «Les Rose», le cinéaste Félix Rose tente de comprendre ce qui a pu mener son père et son oncle à commettre des actes qui ont entraîné la mort d’un ministre tout en offrant un portrait intime et touchant d’une famille hors de l’ordinaire. (Photo : gracieuseté)

CINÉMA. Le cinéaste Félix Rose effectuera une visite au Cinéma Magog cet après-midi (18 septembre) à 13h, pour y présenter son documentaire «Les Rose». Le public aura même la chance de s’entretenir avec lui après la représentation.

Actuellement à l’affiche, ce film à saveur historique dresse le portrait d’une famille au cœur de la crise d’octobre 1970, tel que vu aujourd’hui par Félix Rose. Membres du Front de libération du Québec, son père Paul, maintenant décédé, et son oncle, Jacques, enlèvent Pierre Laporte, déclenchant une crise sans précédent au Québec.

Cinquante ans plus tard, en nommant les choses directement, il utilise le terme «terroriste» et il met l’accent sur la responsabilité. Le cinéaste tente de comprendre ce qui a pu les mener à commettre des actes qui ont entraîné la mort d’un ministre tout en offrant un portrait intime et touchant d’une famille hors de l’ordinaire.
«Il est difficile pour un enfant de prendre conscience que son père et son oncle ont été impliqués dans la mort d’un homme. Toute ma vie, j’ai voulu comprendre l’enchaînement des événements et les motivations qui ont mené à la crise d’octobre. <@Ri>Les Rose<@$p> est l’aboutissement d’une quête personnelle. En racontant l’histoire de ma famille de classe ouvrière, je tente d’apporter un nouvel éclairage sur une période effervescente de l’histoire du Québec», explique Félix Rose qui a pu bénéficier des confidences de son oncle Jacques, qui accepte pour la première fois de s’exprimer sur le sujet.

«Un jour, mon oncle Jacques m’appelle: «J’ai besoin d’aide pour poser mes fenêtres». Je lui ai dit: «J’accepte à condition que tu m’accordes une heure ou deux d’entrevues par jour», relate le neveu. Entente scellée, les discussions avec Jacques Rose vont souvent se prolonger tard en soirée et devenir un échange intime entre un oncle et son neveu. «Il s’est complètement abandonné. Il est allé dans des zones où il n’était jamais allé avant», rapporte le cinéaste qui, avec cette trame, va donner vie à des archives vidéos très saisissantes.
Une de celles-ci est l’éloge funèbre que prononcera Paul Rose au décès de sa mère Rose. Sorti de prison expressément pour l’occasion, son discours autour de la notion de fierté d’une mère pour son fils et d’un fils pour sa mère émeut.

«Je suis reconnaissant de mon père, c’est lui qui m’a donné le cadeau de la curiosité. L’avoir devant moi, je le remercierais des valeurs qu’il m’a données. Des valeurs de solidarité et d’engagement social que je vais transmettre à ma fille de trois ans. Je lui suis reconnaissant pour l’homme qu’il a été. Quand je parle de l’homme, je ne parle pas de la crise d’octobre et des conséquences. Je pense à l’homme entier qu’il a été avant et après la crise d’octobre. Les 30 ans que j’ai passés avec lui, il était un militant, il a fondé un parti politique, il était dans les syndicats et il continuait la lutte sociale. Je suis fier de mon père», conclut sans détour Félix Rose.

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