Moules zébrées trouvées dans les rivières Magog et Saint-François

Stéphane Lévesque, Initiative de journalisme local
Moules zébrées trouvées dans les rivières Magog et Saint-François
Après le lac Memphrémagog, Québec confirme la détection de moules zébrées au lac et à la rivière Magog. (Photo : gracieuseté)

NATURE. En confirmant récemment la découverte d’une moule zébrée dans la rivière Saint-François, à la hauteur de Windsor, le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) confirme par le fait même la présence de cette espèce envahissante dans la rivière et le lac Magog.

Il s’agit de la première mention de la moule dans l’écosystème de la Saint-François. Elle avait été détectée dans le lac Memphrémagog en 2017, dans le secteur de la ville de Magog. Depuis, l’espèce a colonisé la partie nord et centre du lac Memphrémagog, puis la rivière et le lac Magog situés en aval.
«L’introduction, c’est probablement via une embarcation qui est déjà allée dans un endroit qui avait de la moule zébrée. Il y en a au Québec depuis 1990. Cela a été introduit au Canada par les Grands Lacs. Avec les courants, de façon naturelle, cela se déplace, mais aussi par tous les usagers qui vont d’un cours d’eau à l’autre sans bien nettoyer leur embarcation», explique Marie-Josée Goulet, biologiste attitrée à la région de l’Estrie au ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs.
Un envahissement qui n’est pas sans conséquence. «Les moules zébrées ont un impact sur la biodiversité et sur les installations humaines. Une seule moule zébrée peut filtrer jusqu’à un litre d’eau par jour. Cela fait en sorte qu’elle contribue à clarifier l’eau. Les plantes en profitent pour elles-mêmes proliférer. Aussi, en filtrant l’eau, la moule zébrée va prélever des éléments qui servent normalement de nourriture aux petits poissons. Leur population va décliner. Les poissons d’intérêt sportif eux aussi vont avoir de plus en de difficulté à trouver de la nourriture. C’est vraiment toute la chaîne des poissons qui devient impactée par la moule zébrée», rapporte la biologiste.
Du côté des installations humaines, l’effet est également important. «Les moules se développent sur des structures solides. Elles peuvent provoquer des problèmes dans les canalisations d’eau, par exemple en les obstruant. De plus, elles causent des dommages aux embarcations et aux structures qu’elles colonisent, notamment les quais et les barrages. Elles peuvent aussi causer des blessures aux plaisanciers, telles que des coupures aux pieds», ajoute Marie-Josée Goulet.

Le lac Massawippi inquiète
Le Ministère compte sur la collaboration des citoyens, car la prévention est le meilleur moyen d’empêcher la propagation dans les milieux naturels. Un de ceux-là est le lac Massawippi. «Ce lac a la physico-chimie optimale pour le développement des moules zébrées. Notre crainte, c’est que si cela rentre dans ce lac-là, les densités vont être plus importantes que ce qu’on observe dans le lac Memphrémagog», rapporte la biologiste qui invite les citoyens à être en mode préventif.
À ce sujet, depuis 2016, le MFFP a mis en place le Programme québécois de lutte contre les carpes asiatiques et autres espèces aquatiques envahissantes. Ces efforts ont contribué à la création de plusieurs réseaux de détection et de suivi de ces espèces sur le territoire du Québec. À la suite de la détection d’une espèce, le MFFP prend les mesures nécessaires pour informer la population de cette présence, afin d’augmenter la vigilance des citoyens et de les inviter à respecter les mesures de prévention recommandées.
Une fois qu’elle est implantée dans un milieu, la moule zébrée est pratiquement indélogeable. Cependant, des mesures de prévention peuvent être mises en place afin de diminuer les risques de dispersion. Le MFFP rappelle aux plaisanciers l’importance du nettoyage des embarcations, pour ralentir la propagation de ces espèces et éviter leur introduction. Les citoyens sont invités à consulter le Guide des bonnes pratiques en milieu aquatique disponible sur le site Web du Ministère.
Depuis la détection de moules zébrées en Estrie, un comité régional, dont fait partie le MFFP, s’applique à étudier la répartition des moules zébrées dans le bassin versant du lac Memphrémagog et à faire de la détection de l’espèce dans d’autres plans d’eau et cours d’eau à proximité.

Information supplémentaire au mrcmemphremagog.com (Le Reflet du Lac)

 

 

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