Une course contre la montre pour quitter l’Argentine

Par Pierre-Olivier Girard
Une course contre la montre pour quitter l’Argentine
Catherine L'Italien et Patrick Maillé ont été obligés de subir une évaluation de santé à l'hôpital, lundi après-midi, avant de pouvoir reprendre la route. (Photo : gracieuseté – D Bus Life)

CORONAVIRUS. Ayant entamé le voyage d’une vie à bord d’un autobus scolaire transformé en campeur depuis plus de deux ans, un couple de la région se retrouve aujourd’hui au cœur d’une course contre la montre pour revenir au pays. Un défi titanesque sachant que le pays où il se trouve est complètement paralysé.

Catherine L’Italien et Patrick Maillé se trouvaient encore en Argentine lorsqu’ils ont été joints par le Reflet du Lac, lundi après-midi. Depuis des jours, ils roulent entre 400 et 600 kilomètres quotidiennement pour rejoindre la capitale Buenos Aires. Puisque tous les aéroports nationaux sont fermés, leur seul espoir réside en cette destination où ils pourront, peut-être, s’envoler. «On pense arriver dans la capitale le 26 mars. Il y a un vol avec Air Canada le 27, mais la situation change d’heure en heure. Il pourrait bien être annulé à la dernière minute», raconte Mme L’Italien.

Escortés par la police

Même si ce plan fonctionne, la partie est encore loin d’être jouée puisqu’il n’y a pas de de trajet aérien direct au Canada. Les résidents du Canton d’Orford devront donc débarquer au Brésil ou encore au Mexique pour ensuite essayer de trouver l’un des rares vols vers le territoire canadien.

«Nous nous faisons escorter par la police pour traverser les plus grandes villes, car tout déplacement est interdit sous peine d’amendes salées. C’est le «lockdown» total, image la jeune femme. On n’arrive même pas à entrer quelque part pour acheter de la nourriture. Heureusement que nous avons des provisions et que l’essence est facile à trouver.»

Preuve que la situation change rapidement. Au moment de l’entrevue avec Le Reflet du Lac, les voyageurs ont appris, à leur grande surprise, qu’ils étaient conduits vers un hôpital. À la demande des autorités, ils ont dû se soumettre à une évaluation de santé avant de poursuivre leur chemin. Ce qu’ils ont pu faire quelques heures plus tard.

(Photo gracieuseté – D Bus Life)

Pas question d’abandonner le chien

Bref, bien des facteurs qui les plongent dans une incertitude totale quant à la suite des choses. «Il faut dénicher un endroit sécuritaire pour entreposer le bus, trouver une compagnie aérienne qui accepte les animaux à bord, car nous avons maintenant un chien et nous ne rentrerons pas sans lui. C’est hors de question», insiste Catherine L’Italien.

Évidemment, les deux comparses se préparent aussi à l’éventualité où ils seraient contraints de demeurer à l’étranger, et ce, pour une période indéterminée. Un scénario qui ne les effraye pas pour autant. «Il y a moins de cas de contamination ici et le gouvernement argentin prend des mesures plus strictes qu’au Canada à l’heure actuelle pour éviter la contamination. C’est à se demander si on ne serait pas plus en sécurité ici. Donc, on serait très à l’aise de rester dans le cas où ça deviendrait impossible de rentrer», concluent-ils.

Comme tout au long de leur aventure, Catherine L’Italien et Patrick Maillé feront des mises à jour de leur situation sur leur page Facebook «D Bus Life».

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