Front commun contre le vapotage

Par Dany Jacques
Front commun contre le vapotage
La trousse distribuée aux élèves, le 14 février dernier, contenait des items contribuant à réduire ou à éliminer le vapotage chez les jeunes. On aperçoit ici la psychoéducatrice Marie-Catherine Miller, le travailleur de rue Antoine Hooper et la coordonnatrice de Zone Libre, Émilie Paré. (Photo : Le Reflet du Lac - Dany Jacques)

SANTÉ. Les acteurs sociaux de la région ont profité de la Saint-Valentin pour organiser une première activité de sensibilisation au vapotage et à la nicotine à l’école secondaire de La Ruche.

Cette institution scolaire n’a pas été ciblée au hasard. Une récente étude réalisée par quatre étudiantes de la Faculté de médecine et de sciences de la santé de l’Université de Sherbrooke, chapeautées par leur professeure, Dre Mélissa Généreux, révèle qu’un élève sur deux a vapoté en Estrie. 13% le font régulièrement, selon une enquête réalisée auprès de 5675 élèves fréquentant 19 écoles secondaires estriennes.

Émilie Paré, coordonnatrice de l’organisme de prévention des dépendances Zone Libre Memphrémagog, parle d’un fléau. «La vapotage représente un problème à La Ruche même si cette consommation est interdite dans l’école et sur le terrain de l’école, s’attriste-t-elle. Les jeunes trouvent ça cool de vapoter et s’attroupent de plus en plus nombreux près du boulevard des Étudiants, empiétant parfois sur la voie publique. Ils ne se rendent pas compte, non plus, que vapoter est nocif pour la santé, surtout lorsque les doses renferment de la nicotine, comme la cigarette.»

Mme Paré juge donc plus qu’opportun d’organiser cette offensive pour renverser la tendance qui banalise le vapotage. «On peut facilement devenir accroc, surtout que les doses ont bon goût avec des saveurs aux raisins, aux cerises ou au chocolat, déplore-t-elle. Les jeunes commencent souvent par curiosité, puis ils ont de la difficulté à arrêter.»

Dans l’étude universitaire, la Dre Mélissa Généreux, médecin-conseil à la Direction de la santé publique de l’Estrie, propose de faire une lutte au vapotage comme la société l’a faite contre le tabagisme chez les jeunes par le passé.

La même enquête insiste aussi sur le fait que le vapotage nuit à la mémoire, à la concentration et au développement du cerveau.

Autre texte ICI.

Pas moins pire que la cigarette

Pour toutes ces raisons, le travailleur de rue de l’Équipe Ressource-relais, Antoine Hooper, croit qu’il faut agir pour freiner le «vapotage excessif» qu’il constate à La Ruche et à Magog en général. «Il faut briser le mythe qui fait croire que le vapotage est moins pire que la cigarette, prévient-il. C’est même parfois pire, car certaines doses renferment plus de nicotine que la cigarette.»

Selon lui, certains consommateurs s’enfoncent davantage que ceux qui fument la cigarette ou du cannabis. «C’est néfaste pour la santé, mais ça augmente aussi le degré d’anxiété des consommateurs, s’inquiète-t-il. Les jeunes cherchent à remplir leur vapoteuse, mais ça coûte de l’argent. Ils doivent également changer les filtres. Ils font parfois du troc ou des vols pour s’en procurer, ou pour acheter d’autres vapoteuses. Certains en possèdent entre 3 et 10, même si chaque item varie entre 80 $ et 250 $. La vente est pourtant interdite aux mineurs dans les magasins.»

Il rappelle l’importance d’améliorer l’encadrement, car une majorité de consommateurs pensent qu’il y a peu ou pas de risques à vapoter occasionnellement. 6% des élèves sondés par l’enquête universitaire ajoutent une forme de cannabis dans leur dose de vapotage. «Au moment où on se parle, il y a au moins un jeune qui fume du cannabis via sa vapoteuse dans une classe, car le vapotage est une pratique très discrète et presque sans odeur.»

Partager cet article

1
LAISSER UN COMMENTAIRE

avatar
1 Comment threads
0 Thread replies
0 Followers
 
Most reacted comment
Hottest comment thread
0 Comment authors
Recent comment authors
  S'abonner  
plus récents plus anciens plus de votes
Me notifier des
trackback

[…] Autre texte ICI. […]