L’état des rails préoccupe toujours les riverains du lac Magog

Par Dany Jacques
L’état des rails préoccupe toujours les riverains du lac Magog
C’est ce type de wagons noirs transportant du gaz pétrolier liquéfié («liquified petroleum gas») qui inquiète les résidents du lac Magog. Ceux-ci demandent l’interruption de ces convois le temps de sécuriser l’ensemble du réseau ferroviaire. (Photo : Le Reflet du Lac - Dany Jacques)

TRANSPORTS. Six ans après la tragédie de Lac-Mégantic, des citoyens du lac Magog déplorent toujours le «piètre état général» du chemin de fer passant à deux pas des résidences situées près de ce plan d’eau.

La porte-parole du Comité de citoyens du secteur Deauville-Magog, Anne Lebel, brandit un rapport publié par Transports Canada en mai dernier pour lancer un cri d’alarme.

«Des experts confirment nos doutes et nos craintes, s’inquiète-t-elle. Et nous ne sommes toujours pas rassurés par la décision du ministre Garneau de ne pas ordonner à la Central Maine and Quebec Railroad (CMQR) de cesser le transport des matières dangereuses, le temps que l’ensemble du tronçon Lac-Mégantic-Farnham ne soit remis à un niveau sécuritaire.»

Mme Lebel considère préoccupants des passages de ce rapport, comme celui ciblant des «préoccupations urgentes nécessitant des réparations immédiates». Selon elle, des défectuosités ont été observées sur tout le parcours ferroviaire, incluant à Magog et à Sherbrooke. Quelques défectuosités situées dans le secteur du lac Magog, en parallèle du chemin de la Rivière, l’inquiètent plus particulièrement.

L’avis de Transports Canada identifie aussi des rails défectueux et brisés, ainsi que des conditions de traverses défectueuses à une vingtaine d’endroits entre Lac-Mégantic et Farnham. (voir autre article en page 4)

 

Une sécurité ferroviaire compromise

Les inspecteurs ont aussi observé la présence de 253 rails défectueux en 2018, soit presque le double de 2015. «Entre le 1er janvier 2019 et le 1er mai 2019, un total de 59 rails brisés ont été découverts à la suite d’une inspection visuelle. Je suis d’avis que la situation actuelle risque de compromettre de façon imminente la sécurité ferroviaire», signe l’inspecteur Jean-René Gagnon.

Transports Canada ordonne au CMQR d’effectuer des réparations et de réaliser davantage d’inspections, car les constats concluent à «une détérioration de la situation et un risque accru de déraillement en raison de rails brisés».

Le Comité de citoyens du secteur Deauville-Magog déplore également que le nombre d’accidents ferroviaires était en hausse de 7% en 2018, comparativement à l’année précédente. Le Bureau de la sécurité des Transports du Canada avait alors observé 1172 accidents en un an.

 

Des produits dangereux sur les rails

«Prenons le document au sérieux, avise Mme Lebel. Ce sont des experts qui se prononcent. Ottawa et des Municipalités comme Magog et Sherbrooke devraient adopter des mesures pour éviter des accidents environnementaux dans les cours d’eau et pour protéger des vies humaines. Les risques demeurent très élevés en cas de déraillement, car les wagons transportent encore des produits dangereux, comme lors de la tragédie de Lac-Mégantic.»

Plus récemment, le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, se rangeait partiellement derrière les arguments de Mme Lebel en exigeant des mesures correctrices d’ici le 15 octobre. Il s’agit d’un ordre ministériel, mais qui ne comprend pas le retrait des matières dangereuses, tel que souhaité par le Comité de citoyens du secteur Deauville-Magog

Mme Lebel est déçu, car, selon elle, M. Garneau reprend sensiblement les mêmes mesures que l’avis de mai dernier, «et des endroits demeurent toujours problématiques, même près du lac Magog, déplore-t-elle. Le déraillement récent à Nantes peut aussi se produire ici.»

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