Ruisseau Castle: l’environnementaliste Raymond Cloutier dénonce l’inaction des décideurs

Par Dany Jacques
Ruisseau Castle: l’environnementaliste Raymond Cloutier dénonce l’inaction des décideurs
Raymond Cloutier (Photo : Le Reflet du Lac - Dany Jacques)

ENVIRONNEMENT. L’environnementaliste Raymond Cloutier ne passe pas par quatre chemins pour identifier le responsable de la sédimentation au ruisseau Castle. Selon lui, le dynamitage des pistes de ski au sommet des monts Giroux et Orford, au début des années 1980, est l’un des déclencheurs des marées brunes de ce cours d’eau qui se jette dans le lac Memphrémagog.

«On a ouvert des pistes en coupant des arbres et en réduisant la végétation en montagne, provoquant ainsi une hausse de la sédimentation dans le ruisseau Castle, car l’eau descend de plus en plus directement en bas des pentes, déplore-t-il. Les dirigeants de l’époque ont même pris beaucoup de temps avant de tenter de contrôler la situation.»

Cloutier estime que les images captées par l’APARC, telles que présentées par le Reflet du Lac la semaine dernière, sont le résultat de «40 ans d’inaction».

«Un ruisseau brun après une pluie, ce n’est pas grave. On frôle cependant la catastrophe quand les sédiments s’accumulent pendant quatre décennies dans le ruisseau Castle et le lac Memphrémagog», prétend-il.

Cloutier soutient que les sédiments représentent beaucoup plus qu’une simple traînée de boue. Selon lui, ce phénomène équivaut à un polluant en raison de son contenu parfois méconnu. «La sédimentation qui s’accumule est la cause des problèmes actuels du lac Memphrémagog, comme la présence de moules zébrée, la prolifération des algues, la dermatite du baigneur et le réchauffement de l’eau», explique-t-il.

Il remet aussi en question l’émission des permis et les travaux réalisés dans «les règles de l’art», surtout avec le résultat observé au ruisseau Castle. «Il faut modifier les règlements s’ils ne fonctionnent plus», lance ce spécialiste de la gestion de l’environnement.

Son élément de solution passe inévitablement par l’injection importante d’argent pour protéger davantage l’environnement. «Il faut garder le Mont-Orford ouvert, mais il faut aller beaucoup plus loin que les 200 000 $ que la Ville de Magog accorde à la protection de ses cours d’eau», commente M. Cloutier.

 

Ne pas apprendre des erreurs du passé

Il peste aussi sur le fait que la population et les élus qui se succèdent n’apprennent pas des erreurs du passé. Ayant participé à de nombreux débats et saga en environnement dans la région, il se souvient de multiples signaux d’alarme lancés par des écologistes, mais qui n’ont pas été captés par les élus.

«Le décapage des monts Giroux et Orford représente un mauvais exemple à ne plus imiter. Mais au début des années 1960, la construction de la route 141 vers le Mont-Orford, en bordure du Castle Brook, avait déjà fait du tort à l’environnement et en initiant peut-être le problème de sédimentation. Des stationnements de la station de ski ont également été aménagés dans un marais, qui n’existe plus aujourd’hui. Cessons de chercher des causes, on les connaît déjà», s’attriste-t-il.

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