Un passage de tortues populaire à Bolton-Est

Par Pierre-Olivier Girard
Un passage de tortues populaire à Bolton-Est
La mortalité des tortues est en forte baisse sur la route 245, à Bolton-Est, depuis l'aménagement de ce passage faunique. (Photo : gracieuseté)

FAUNE. Aménagé à l’été 2017 en réaction à la mort d’une quarantaine de tortues, le passage faunique de la route 245, à Bolton-Est, connaît un vif succès. Non seulement les tortues l’ont adopté, mais d’autres espèces animales s’y sont également aventurées.

Grâce à des caméras de surveillance et des observations sur le terrain, toutes les allées et venues sur ce chemin terrestre et aquatique sont croquées sur le vif par Corridor appalachien. Résultat, l’organisme a aperçu de la belle visite avec des castor, raton laveur, loutre, vison d’Amérique, couleuvre et même une cane avec ses canetons.

«Ce n’est pas nécessairement une surprise, mais c’est intéressant de voir que le passage est positif pour d’autres espèces, soutient le biologiste de Corridor appalachien, Clément Robidoux. Je pense, entre autres, au vison, dont quelques-uns ont été retrouvés écrasés sur la chaussée comme la tortue. On a même vu un cerf de Virginie près du passage, mais on n’a pas la confirmation s’il a traversé ou non.»

La bonne nouvelle est que les résultats actuels démontrent que la mortalité chez les tortues est en baisse importante sur la route 245. Non seulement près de l’étang Peasley, où est installé le passage, mais bien sur l’ensemble du tronçon. «Nous ne sommes pas en mesure d’expliquer cette tendance généralisée, mais on peut penser qu’elle est due à une chute des effectifs, en raison de la mortalité des dernières années», déduit le spécialiste.

 

Une espèce en situation précaire

Comme le rappelle le biologiste, il faut de nombreuses années à une population de tortues pour se régénérer. Cela s’explique par le fait que seulement 1% des œufs parviendront à l’âge adulte. «Il est reconnu que seulement 5% de mortalité des tortues adultes peut être suffisant pour créer un déclin de la population, voire même une extinction. Avec une quarantaine de décès depuis 2012, cela aurait été suffisant pour voir disparaître ces tortues dans ce secteur. D’où la nécessité de réagir rapidement», rappelle-t-il.

 

Attention aux tortues pondeuses

Pour le moment, Corridor appalachien n’a pas observé d’autres secteurs critiques dans la région, qui nécessiteraient un aménagement similaire. M. Robidoux rappelle toutefois à la population de demeurer alerte face à la situation «précaire» des tortues, particulièrement à cette période-ci de l’année. «En juin, durant la période de ponte, les tortues se déplacent davantage pour déposer leurs œufs. Si des gens en aperçoivent, on les invite fortement à le signaler sur le site Internet carapace.ca et surtout, de leur faire attention», conclut-il.

 

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