Travailleurs illégaux: absolution inconditionnelle pour les proprios du Guacamole

Par Pierre-Olivier Girard
Travailleurs illégaux: absolution inconditionnelle pour les proprios du Guacamole
Cette opération de l'Agence des services frontaliers du Canada remonte au 31 août 2017. (Photo : Le Reflet du Lac – Archives/Dany Jacques)

JUSTICE. Ayant été visées par une importante perquisition de l’Agence des services frontaliers du Canada, en 2017, relativement à l’embauche de travailleurs illégaux, les propriétaires des restaurants Guacamole y Tequila s’en sortent avec une absolution inconditionnelle.

Miriam Alejandra Castillo et Marie-Ève Roy Lepitre ont reconnu leur culpabilité pour avoir employé des travailleurs étrangers de manière illégale. Ceux-ci étaient au nombre de six, selon l’enquête, et étaient attitrés essentiellement à des tâches en cuisine.

Ces employés «sans papier» recevaient un salaire horaire de 8 $. En contrepartie, ils étaient nourris sept jours sur sept au restaurant, même en dehors des heures de travail. De plus, ils bénéficiaient d’un coût de loyer avantageux variant de 200 à 250 $, dans des logements dont le prix normal dépasse les 600 $.

D’ailleurs, dans son jugement rendu le 24 mai dernier, la juge Danielle Côté a retenu la relation «presque de nature familiale» que les deux accusées entretenaient avec ces employés. D’autant plus que des démarches pour régulariser leur statut avaient été entamées avant les perquisitions.

«Les accusées sont jeunes, n’ont pas d’antécédents judiciaires, elles ont plaidé coupable. […] Elles ont des remords sincères, réalisent la gravité des infractions et le mal qu’elles ont causé à leurs employés», fait valoir l’honorable Danielle Côté, dans sa décision.

«La collectivité ne serait pas véritablement mieux servie par une peine qui pourrait entraîner la fin des activités des accusées et la perte d’une centaine d’emplois», ajoute la magistrate de la Chambre criminelle et pénale.

On y apprend également que Mmes Castillo et Roy Lepitre attendaient le prononcé de cette peine pour relancer leur chantier au centre-ville de Magog, où leur restaurant a été rasé par les flammes en avril 2018.

Toutefois, il n’a pas été possible d’en savoir davantage sur leur nouvelle construction sur la rue Principale, ni de savoir si leurs échéanciers sont retardés en raison des travaux de revitalisation. Nos demandes d’entrevue répétées étaient restées sans réponse, au moment d’écrire ces lignes.

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