Marcel Gaudreau: la passion du travail et le cœur à la bonne place

Par Patrick Trudeau
Marcel Gaudreau: la passion du travail et le cœur à la bonne place
Caroline De Francesco a beaucoup de plaisir à côtoyer les membres des Fantastiques, dont Marcel Gaudreau, un visage bien connu à l'aréna de Magog. (Photo : Le Reflet du Lac - Patrick Trudeau)

ACCEPTATION. Si tout le monde avait la même passion et la même ardeur au travail que Marcel Gaudreau, il n’y aurait assurément aucune pénurie de main-d’œuvre dans la région.

Âgé de 72 ans, M. Gaudreau est l’un des membres réguliers du centre de jour des Fantastiques, un organisme qui œuvre auprès des personnes ayant une déficience intellectuelle.

Rendre service et travailler a toujours été un plaisir pour ce sympathique Magogois.

Et ça tombe bien, puisque chacun des membres des Fantastiques doit effectuer certaines tâches lorsqu’il se rend au centre, durant les jours de semaine. «J’aime bien m’occuper du déchiquetage des documents (un service offert en collaboration avec le CFER). Et je suis aussi responsable d’aller chercher le courrier dans la boîte aux lettres», annonce-t-il fièrement.

Cet amour du travail ne date pas d’hier pour Marcel Gaudreau. Lorsqu’il était plus jeune, ses parents possédaient un magasin général et on lui avait confié le mandat de placer les conserves sur les tablettes.

Et pendant plus de 30 ans, il a été un habitué de l’aréna de Magog où il se faisait un devoir d’aider les employés réguliers durant les entractes. «Je m’occupais de replacer les buts et d’enlever la neige après le passage de la Zamboni. Je pense que tout le monde me connaissait à l’aréna», raconte celui qui a pris «sa retraite» de l’amphithéâtre magogois il y a quelques années.

Utiliser leur prénom

Fondé en 1973, le centre de jour Les Fantastiques est situé sur la rue Principale Est et compte 46 membres-utilisateurs, âgés de plus de 21 ans.

La mission de l’organisme est d’offrir des activités de loisir et d’améliorer les conditions de vie des personnes vivant avec une déficience intellectuelle.

En cette Semaine québécoise de la déficience intellectuelle (du 17 au 23 mars), la directrice du centre, Caroline De Francesco, tient à rappeler que la déficience n’est pas une maladie, mais plutôt un état. «Les gens n’en souffrent pas; c’est seulement une caractéristique de leur personnalité. On entend toutes sortes de mots pour les qualifier, mais la meilleure manière de parler d’eux, ce serait d’abord de les appeler par leur prénom», lance-t-elle avec empathie.

Selon Mme De Francesco, la passion du travail de Marcel Gaudreau est loin d’être une exception. «Toutes les personnes qui viennent ici aiment travailler. Si elles n’ont pas de tâche à faire, c’est presque une punition. Peu importe notre condition, on a tous besoin de se sentir utile dans la vie de tous les jours», a-t-elle rappelé.

Bien que le marché du travail soit parfois limité pour les personnes ayant une déficience intellectuelle, la directrice des Fantastiques estime qu’elles peuvent tirer leur épingle du jeu dans certains créneaux. «Si elles sont bien accompagnées, elles peuvent être des atouts en entreprise, car elles sont très minutieuses. Et une fois que la tâche est assimilée, vous pouvez être certains qu’elles vont toujours la faire de la bonne façon», a fait valoir Caroline De Francesco.

Partager cet article

LAISSER UN COMMENTAIRE

avatar
  S'abonner  
Me notifier des